Le Rassemblement national maintient sa position sur l’âge légal de départ à la retraite, comme le rapporte Franceinfo – Politique. Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme et président délégué du groupe à l’Assemblée nationale, a réaffirmé ce jeudi 28 mai 2026 que l’âge de départ souhaité par le parti reste fixé à 62 ans, mais uniquement pour les salariés ayant commencé leur carrière à 20 ans.
Ce qu'il faut retenir
- Le RN confirme un départ à 62 ans pour les travailleurs ayant commencé à 20 ans, soit 42 années de cotisations nécessaires pour une retraite à taux plein.
- Jean-Philippe Tanguy rejette toute accusation de démagogie et rappelle que la réforme cible avant tout les carrières précoces et difficiles.
- Le parti évoque une possible réforme du système actuel, remplaçant l’âge légal par une durée de cotisation.
- Des tensions persistent au RN entre Marine Le Pen et Jordan Bardella sur la communication autour du projet, notamment après une interview de ce dernier dans la presse allemande.
Une position réaffirmée face aux interrogations
« La ligne est très claire », a déclaré Jean-Philippe Tanguy sur franceinfo. « C’est 62 ans pour ceux qui ont commencé leur carrière à 20 ans ». Cette précision intervient alors que Jordan Bardella, président du RN, avait évoqué dans une interview à la presse allemande la nécessité d’examiner la question de l’âge de départ. Une déclaration qui a relancé les spéculations sur d’éventuelles divergences au sein du parti.
Pour Jean-Philippe Tanguy, ces interrogations sont infondées. « Ce que dit Jordan Bardella dans l’interview, c’est qu’on est en train de réfléchir au financement de la réforme », a-t-il expliqué. « Si on veut respecter ces 62 ans, il faut trouver des solutions financières. Ça ne peut pas être une incantation. » Selon lui, les propos du président du RN portaient avant tout sur les modalités de financement, et non sur l’âge légal lui-même.
Le RN s’oppose à toute déformation de son projet
Jean-Philippe Tanguy a vivement réagi à ce qu’il qualifie de « réécriture partielle et partiale » de l’interview de Jordan Bardella. « Le journal a un peu déformé les propos de notre président », a-t-il souligné. Pour le député, la priorité reste la crédibilité du projet : « On ne veut pas arriver au pouvoir avec une grande espérance et décevoir avec des promesses en l’air. S’engager sur 62 ans, c’est une promesse forte. »
Cette fermeté s’inscrit dans un contexte où le RN cherche à clarifier sa position, alors que les divisions sur la réforme des retraites pourraient affaiblir son image en vue de la présidentielle de 2027. Marine Le Pen, figure historique du parti, a elle aussi confirmé que le RN maintenait son objectif de 62 ans pour les carrières précoces. « C’est la ligne qu’a donnée Marine Le Pen », a rappelé Jean-Philippe Tanguy.
Un système ciblé, pas universel
Le député a tenu à préciser que la réforme proposée par le RN ne concernerait qu’une partie des travailleurs. « Notre réforme a toujours été présentée comme un avantage pour celles et ceux qui avaient commencé à travailler tôt », a-t-il rappelé. « On n’a jamais dit que la réforme que nous proposions allait avantager tout le monde. »
Il a également rejeté toute accusation de démagogie, en s’appuyant sur des exemples concrets. « Si vous avez commencé à travailler à 24 ans, pour avoir votre retraite à taux plein, vous devez partir à 66 ans avec 42 années de cotisations », a-t-il illustré. « On n’a jamais dit que la réforme que nous proposions allait avantager tout le monde. »
Pour le RN, l’enjeu est de concilier équité et viabilité financière. « On n’a jamais dit à tout le monde : on rase gratis », a lancé Jean-Philippe Tanguy, en référence à une formule populaire pour dénoncer les promesses irréalistes.
Vers un remplacement de l’âge légal par une durée de cotisation ?
Le parti envisage une refonte plus large du système de retraites. « On réfléchit à un système basé sur la durée de cotisations », a confirmé le député. Cette piste, déjà évoquée par Marine Le Pen lors des précédentes élections, permettrait de remplacer l’âge légal par un critère unique : le nombre d’années travaillées.
Une telle réforme aurait pour conséquence de rendre l’âge de départ variable selon le parcours professionnel de chacun. Les carrières précoces pourraient ainsi partir plus tôt, tandis que ceux ayant commencé plus tard devraient travailler plus longtemps. « Ce n’est pas une incantation, c’est une réflexion en cours », a souligné Jean-Philippe Tanguy.
La question du financement, évoquée par Jordan Bardella, reste le principal point d’ombre. Si le RN table sur des économies réalisées grâce à une réforme structurelle, les détails concrets de ce financement n’ont pas encore été dévoilés. La crédibilité du projet dépendra en grande partie de la capacité du parti à présenter un plan réaliste et transparent.
Le parti justifie cette position par la volonté de soutenir les carrières précoces, souvent pénibles ou peu rémunératrices. En fixant un départ à 62 ans pour ceux ayant commencé à 20 ans, le RN permet à ces travailleurs d’avoir 42 années de cotisations pour une retraite à taux plein. Pour les autres, l’âge de départ dépendra de leur année de début de carrière.
Le parti doit finaliser les modalités de financement de sa réforme avant la présidentielle de 2027. Une clarification de la position de Jordan Bardella, après les interrogations suscitées par son interview, est également attendue. Les débats internes pourraient se poursuivre jusqu’à l’automne 2026.