En 2025, la richesse privée mondiale a enregistré sa troisième année de progression consécutive, avec une hausse de 10,8 % en dollars américains, selon Euronews FR. Ce rythme, plus de deux fois supérieur à celui de 2024 (+4,6 %), s’explique en partie par la forte appréciation de l’euro face au dollar, comme le précise le rapport d’UBS cité par la source. La région Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA) a particulièrement bénéficié de cette dynamique, avec une croissance de 17,5 % des patrimoines privés, devant les Amériques (+8,5 %) et l’Asie-Pacifique (+5,9 %). Pourtant, malgré cette embellie, l’Amérique du Nord conserve son statut de région la plus riche au monde.

Ce qu'il faut retenir

  • 2,6 millions de millionnaires en dollars vivent en Allemagne en 2025, un chiffre qui place le pays parmi les plus dotés en fortunes privées.
  • Le patrimoine médian allemand, soit 53 485 dollars, est le plus faible parmi les 30 pays les plus riches, révélant une concentration des richesses chez les plus aisés.
  • L’Europe de l’Ouest affiche un patrimoine moyen par adulte de 330 000 dollars, contre 696 277 dollars aux États-Unis.
  • Près d’un million de nouveaux millionnaires en dollars sont apparus dans le monde en 2025, dont 440 000 aux États-Unis.
  • La Suisse détient le patrimoine moyen le plus élevé au monde, tandis que la Belgique se distingue par une répartition plus équilibrée de ses richesses.

Une croissance mondiale portée par l’Europe et l’appréciation de l’euro

La progression de 10,8 % de la richesse privée mondiale en 2025 marque un net rebond par rapport à l’année précédente, où la hausse n’avait été que de 4,6 %. Cette accélération s’inscrit dans un contexte de renforcement de l’euro face au dollar, une tendance qui a tiré vers le haut les patrimoines libellés en monnaies européennes. UBS, qui a publié ces données, souligne que cette dynamique a été particulièrement forte dans la région EMEA, où la richesse privée a progressé de 17,5 %. En revanche, cette croissance reste inégale : l’Europe de l’Est affiche une hausse spectaculaire de 28,3 %, tandis que le Moyen-Orient et l’Afrique enregistrent une progression plus modérée de 6,6 %.

Malgré ces chiffres encourageants pour l’Europe, l’Amérique du Nord conserve sa place de leader mondial en matière de richesse privée. Le patrimoine moyen par adulte y atteint 660 000 dollars, avec un pic à 696 277 dollars aux États-Unis. À titre de comparaison, le patrimoine moyen en Europe de l’Ouest s’élève à 330 000 dollars, soit moins de la moitié du niveau américain. Cette disparité s’explique par la concentration des très grandes fortunes aux États-Unis et au Canada, qui abritent une partie significative des milliardaires mondiaux.

L’Allemagne, championne des millionnaires mais en retrait sur la répartition des richesses

Avec 2,6 millions de millionnaires en dollars en 2025, l’Allemagne se classe parmi les pays les plus dotés en fortunes privées. Pourtant, cette performance masque une réalité moins flatteuse : le patrimoine médian allemand, qui sépare la population en deux moitiés égales, n’est que de 53 485 dollars (soit 46 720 euros). Ce chiffre place l’Allemagne en dernière position parmi les 30 pays les plus riches du monde, selon UBS. « Le patrimoine moyen élevé en Allemagne est tiré vers le haut par les très hauts revenus et patrimoines », explique un économiste interrogé par Euronews FR. En clair, la richesse y est fortement concentrée dans les mains d’une minorité, tandis que la classe moyenne dispose d’un patrimoine bien inférieur à la moyenne européenne.

Cette situation contraste avec d’autres pays européens. La Belgique, par exemple, se distingue par une répartition plus équilibrée de ses richesses : son patrimoine médian est le deuxième plus élevé au monde, juste derrière celui de la Suisse. Cette dernière affiche d’ailleurs le patrimoine moyen le plus élevé de la planète, confirmant son statut de place financière privilégiée. La France, quant à elle, se situe dans la moyenne européenne, avec un patrimoine moyen légèrement inférieur à celui de l’Allemagne mais un patrimoine médian bien supérieur.

Les États-Unis et la Chine détiennent plus de la moitié de la richesse privée mondiale

En 2025, près d’un million de nouveaux millionnaires en dollars sont apparus dans le monde, portant leur nombre total à environ 70 millions. Cette hausse de 1,5 % équivaut à l’émergence de plus de 2 600 nouveaux millionnaires par jour, un rythme qui reflète l’accélération de la création de richesse dans certains pays. Les États-Unis ont joué un rôle clé dans cette dynamique : le pays a enregistré à lui seul 440 000 nouveaux millionnaires en 2025, soit près de la moitié du total mondial.

Avec la Chine, les États-Unis continuent de dominer le paysage de la richesse privée mondiale. Ensemble, ces deux pays détiennent plus de 50 % de la richesse privée globale, une concentration qui s’explique par la taille de leurs économies, leur attractivité pour les investissements et la présence de nombreux sièges sociaux de multinationales. Cette domination est d’autant plus marquée que les deux pays abritent les principales places financières mondiales, New York et Shanghai, qui attirent capitaux et talents à l’échelle planétaire.

Et maintenant ?

Les perspectives pour 2026 dépendront largement de l’évolution des taux de change, notamment entre l’euro et le dollar, ainsi que de la stabilité des marchés financiers. Les économistes s’attendent à une poursuite de la croissance des patrimoines dans les régions où les monnaies locales se renforcent, mais préviennent que les inégalités pourraient s’aggraver si la concentration des richesses se poursuit. Une conférence internationale sur la fiscalité des grandes fortunes, prévue en septembre 2026 à Paris, pourrait également influencer les stratégies d’investissement des plus aisés.

En Europe, les prochains mois seront marqués par l’analyse des effets du durcissement monétaire de la Banque centrale européenne, qui pourrait freiner la croissance des patrimoines libellés en euros. En Allemagne, où les débats sur la fiscalité des héritages et des grandes fortunes s’intensifient, les décisions politiques pourraient redessiner le paysage de la répartition des richesses dans les années à venir.

Le patrimoine médian allemand est tiré vers le bas par une répartition très inégale des richesses. Les très hauts revenus et patrimoines, concentrés dans les grandes villes comme Munich ou Francfort, faussent la moyenne et tirent le patrimoine moyen vers le haut. En revanche, la classe moyenne dispose de patrimoines bien inférieurs à ceux observés en Belgique ou en Suisse, où la richesse est plus largement répartie.