L’Ukrainienne Oleksandra Oliynykova a marqué les esprits, mardi 26 mai 2026, non seulement par sa victoire au premier tour de Roland-Garros face à la Russe Elena Pridankina (6-1, 6-2), mais aussi par son appel à briser le silence autour de la guerre en Ukraine. Selon Franceinfo - Sport, la joueuse de 25 ans, classée 65e mondiale, a saisi la tribune de la compétition pour rappeler que le conflit se poursuit bien au-delà des courts de tennis.

Ce qu'il faut retenir

  • Oleksandra Oliynykova a remporté son premier match à Roland-Garros face à Elena Pridankina sur le score de 6-1, 6-2, mardi 26 mai 2026.
  • En conférence de presse, elle a critiqué le silence du circuit tennis sur la guerre en Ukraine, qualifiant cette attitude de « très perturbante ».
  • La joueuse a rappelé que des infrastructures sportives et des courts de tennis sont détruits en Ukraine, tandis que des missiles tombent près des habitations de ses proches.
  • Elle a accusé les joueuses russes de servir de relais à la propagande du régime de Vladimir Poutine via leurs réseaux sociaux et leur participation à des tournois sponsorisés par Gazprom.
  • Oliynykova affrontera l’Australienne Kimberly Birrell pour le deuxième tour, jeudi 28 mai, sur le court n°10.

Une victoire sportive teintée de revendications politiques

Oleksandra Oliynykova n’a pas caché son émotion après son succès contre Elena Pridankina, mais c’est sur le plan politique qu’elle a choisi de s’exprimer. « Cela ne m’affecte pas sur le court, mais on doit comprendre que ce match et le spectacle qu’on en tire, ce n’est pas juste », a-t-elle déclaré en conférence de presse. Brandissant son téléphone, elle a montré des photos de courts de tennis détruits en Ukraine, soulignant que « les gens meurent, nos courts de tennis sont détruits, nos complexes sportifs sont détruits ». Selon elle, le silence des organisateurs et des joueurs face à ce contexte revient à « faire comme si rien n’était en train de se passer ».

La joueuse, dont le père sert actuellement dans l’armée ukrainienne, a interprété le mutisme des tennismen et tenniswomen russes comme une stratégie au service de la propagande du Kremlin. « Les citoyens russes les voient comme leurs joueurs de tennis préférés. Ce sont des gens célèbres avec une grande influence, de l’argent gagné dans ces tournois, qu’ils réinvestissent dans le soutien de la propagande », a-t-elle expliqué. Oleksandra Oliynykova a également pointé du doigt certaines joueuses russes, comme Diana Shnaider et Mirra Andreeva, décorées par Vladimir Poutine et dont les comptes sociaux ont déjà relayé des contenus pro-guerre.

Un appel à l’action contre l’instrumentalisation du sport

Pour Oleksandra Oliynykova, les instances du tennis ont une responsabilité dans cette affaire. « Les organisations sportives doivent faire quelque chose parce qu’ils se servent d’être ici comme une plateforme pour faire de la publicité, toucher de l’argent et exercer leur influence », a-t-elle insisté. Elle a estimé que le silence sur le circuit était « vraiment très perturbant » et a appelé à une prise de conscience collective. Son combat dépasse le cadre sportif : en début d’année, lors de l’Open d’Australie, elle avait déjà attiré l’attention en portant un tee-shirt avec l’inscription « J’ai besoin de votre aide pour protéger les femmes et les enfants ukrainiens, mais je ne peux pas en parler ici ».

Cette mobilisation s’accompagne d’une action concrète. Oleksandra Oliynykova, connue pour ses tatouages couvrant son corps, a lancé une collecte de fonds via un site internet dédié. L’objectif ? Soutenir les victimes civiles de la guerre, en particulier les femmes et les enfants. La joueuse, qui découvre Roland-Garros cette année, a ainsi lié sa carrière sportive à une cause humanitaire, transformant chaque match en tribune pour une cause qui lui tient à cœur.

Un contexte personnel marqué par la guerre

Derrière les déclarations d’Oleksandra Oliynykova se cache une réalité personnelle douloureuse. En avril 2026, elle avait révélé dans les médias que « un missile était tombé à 100 mètres de chez ses parents ». Une information qui illustre l’ampleur des destructions et des risques encourus par les civils ukrainiens. Sa famille, comme des milliers d’autres, vit sous la menace constante des frappes, tandis que des infrastructures essentielles, y compris sportives, sont régulièrement ciblées ou détruites.

Pour Oleksandra Oliynykova, le tennis représente une échappatoire, mais aussi un devoir de mémoire et de résistance. « En Ukraine, on ne peut pas faire comme si de rien n’était », a-t-elle martelé. Son parcours à Roland-Garros prend ainsi une dimension symbolique : celui d’une sportive qui refuse de laisser le sport se détacher de la réalité géopolitique. « On doit parler de tout ça », a-t-elle conclu, rappelant que chaque victoire sur le court s’accompagne d’une responsabilité morale envers ceux qui luttent pour leur survie dans son pays.

Et maintenant ?

Jeudi 28 mai 2026, Oleksandra Oliynykova affronte l’Australienne Kimberly Birrell pour le deuxième tour de Roland-Garros, sur le court n°10. Une nouvelle occasion pour elle de poursuivre son parcours dans le tournoi, tout en continuant à alerter sur la situation en Ukraine. Les instances du tennis international, comme la Fédération internationale (ITF) ou les organisateurs de Grand Chelem, pourraient être amenées à réagir face aux déclarations répétées de la joueuse ukrainienne. Reste à voir si ces prises de parole déboucheront sur des mesures concrètes, comme l’exclusion des joueurs russes des compétitions ou une plus grande transparence sur les sponsors liés à des régimes en guerre.

Son parcours à Roland-Garros, déjà marqué par son engagement, pourrait également inspirer d’autres athlètes à s’exprimer sur des sujets de société. Une chose est sûre : Oleksandra Oliynykova a transformé ce tournoi en une plateforme pour une cause qui dépasse largement le cadre du sport.

Elle les accuse de servir de relais à la propagande du régime russe via leurs réseaux sociaux et leur participation à des tournois sponsorisés par des entreprises liées au Kremlin, comme Gazprom. Certaines, comme Diana Shnaider et Mirra Andreeva, ont été décorées par Vladimir Poutine et ont relayé des contenus pro-guerre sur leurs comptes.

Elle a lancé une collecte de fonds via un site internet pour soutenir les victimes civiles de la guerre en Ukraine, notamment les femmes et les enfants. Cette initiative s’ajoute à ses prises de parole publiques et à son engagement humanitaire.