Six mois après une Coupe du monde féminine conclue à la quatrième place, les Bleues du XV de France abordent une nouvelle ère avec l’arrivée du sélectionneur François Ratier. Comme le rapporte RMC Sport, l’équipe, menée par la demi de mêlée Pauline Bourdon Sansus, a entamé une préparation renforcée en vue de son premier match du Tournoi des Six Nations féminin 2026, programmé ce samedi contre l’Italie. Une occasion de tourner définitivement la page d’une compétition mondiale décevante et d’inaugurer un projet technique remanié.
Ce qu'il faut retenir
- 72e sélection pour Pauline Bourdon Sansus, qui portera pour la première fois le brassard de capitaine lors d’un match officiel face à l’Italie, samedi 12 avril 2026.
- François Ratier, nouveau sélectionneur, apporte une méthode axée sur l’analyse vidéo et un cadre strict, tout en instaurant une ambiance « chill » au sein du groupe.
- L’équipe française mise sur un retour à son ADN défensif et une énergie retrouvée pour rivaliser avec l’Angleterre, favorite du Tournoi.
- Le développement du rugby féminin en France passe aussi par un meilleur investissement médiatique et économique, selon Bourdon Sansus.
- La jeune arrière Pauline Barrat, 15 ans, est présentée comme la pépite à suivre par la capitaine tricolore.
Une préparation resserrée pour un nouveau départ
Depuis plusieurs semaines, les Bleues enchaînent les stages, d’abord à Blagnac puis à Marcoussis, afin de s’approprier le projet de François Ratier. « C’est un nouveau cycle, un nouveau projet, un nouvel entraîneur », a souligné Pauline Bourdon Sansus, lors d’un entretien accordé à RMC Sport. « Il fallait qu’on se rencontre avec les nouvelles joueuses, qu’on retrouve notre cadre à Marcoussis pour préparer au mieux ce match contre l’Italie. » Une dynamique collective nécessaire après les déceptions de la Coupe du monde 2025, marquée par une demi-finale et une finale pour la troisième place perdues de justesse.
La capitaine, qui fêtera sa 72e cape en bleu, insiste sur l’importance de cette reprise : « On est rentrées frustrées, mais l’arrivée de François nous a projetées dans une nouvelle ère. Il nous a dit de tourner la page et de repartir de l’avant. » Une transition facilitée par l’expérience du sélectionneur, ancien entraîneur du Canada et double champion de France avec le Stade Bordelais.
François Ratier : un changement de méthode et de philosophie
François Ratier impose une approche plus analytique, avec davantage de réunions et de séances vidéo. « Il est très carré sur l’analyse, celle de nos performances comme celle de nos adversaires », explique Bourdon Sansus. Pourtant, cette rigueur ne bride pas la spontanéité du groupe : « On est chill, il est chill. Il y a un juste milieu à trouver entre un cadre clair et notre instinct de joueuses. » Un équilibre que la capitaine juge essentiel pour progresser rapidement.
La priorité ? Retrouver l’énergie défensive qui caractérisait les meilleures années du XV de France féminin. « On avait une niaque défensive incroyable il y a quelques années. Ça m’a manqué ces dernières saisons », confie-t-elle. Une ambition partagée par l’ensemble du groupe, qui compte bien imposer son rythme dès ce premier match contre l’Italie, une nation souvent redoutable en Tournoi.
L’Angleterre, une cible lointaine, mais l’Italie en ligne de mire
Si l’objectif final reste de combler l’écart avec l’Angleterre, favorite du Tournoi et récente vainqueure de la Coupe du monde, les Bleues savent que chaque étape compte. « Les Anglaises ont tout gagné : leur championnat est plus compétitif, elles ont mis les moyens après leur titre mondial », analyse Bourdon Sansus. « À nous de faire de même en France, en commençant par mieux médiatiser notre sport. » Une réflexion qui dépasse le simple cadre sportif : « Si un diffuseur se lance dans la diffusion intégrale du rugby féminin, même avec des audiences modestes au début, les choses changeront. Les gens nous suivent pour l’équipe de France, et c’est comme ça qu’on fidélise. »
Face à l’Italie, adversaire direct en début de Tournoi, les Bleues voient là une occasion de se tester. « Les Italiennes nous mettent toujours la pression, car nous sommes la nation à battre », souligne la capitaine. « C’est un match dur, mais c’est exactement ce qu’il nous faut avant d’affronter les Anglaises. » Une stratégie qui mise sur la progression par l’exigence.
Une génération de joueuses prêtes à prendre le relais
L’intégration des nouvelles venues au sein du groupe est une priorité. « Elles sont déjà très préparées, scolaires, elles s’investissent énormément », note Bourdon Sansus. « On les guide un peu, mais elles ont une maturité précoce. Ça nous apporte de la fraîcheur et une énergie folle. » Parmi elles, Pauline Barrat, 15 ans, attire particulièrement l’attention : « C’est une arrière discrète mais d’une intelligence de jeu incroyable. Elle lit le jeu à deux à l’heure, mais elle est ultra-rapide. » Une pépite que la sélectionneur voit comme un symbole du renouveau du rugby féminin français.
Le rôle de Bourdon Sansus, doyenne du groupe, évolue donc naturellement. « On doit leur transmettre notre expérience, leur dire de s’accrocher défensivement et de profiter de chaque instant », explique-t-elle. « Quand on enfile le maillot, on doit montrer qu’on est des guerrières. » Un message qui résonne d’autant plus que plusieurs joueuses de sa génération ont pris leur retraite après la Coupe du monde.
Avec un effectif renouvelé et un staff remanié, les Bleues misent sur une dynamique collective pour écrire une nouvelle page de leur histoire. Une histoire où la victoire, même si elle n’est pas immédiate, reste le meilleur vecteur de développement.
Les Bleues ont terminé quatrièmes après avoir été éliminées en demi-finale par l’Angleterre et perdu la petite finale pour la troisième place face au Canada. Une performance en demi-teinte qui a motivé le changement de sélectionneur et l’instauration d’un nouveau cycle technique.
Ancien entraîneur du Canada et double champion de France avec le Stade Bordelais, François Ratier a été nommé à la tête du XV de France féminin en octobre 2025. Il est chargé de reconstruire une équipe en quête de titres après plusieurs années sans victoire en Tournoi des Six Nations.
