À l’occasion des grandes rencontres Hachette célébrant le bicentenaire de la maison d’édition, le groupe Bolloré a organisé un salon du livre marqué par la présence d’auteurs controversés et une logistique sécuritaire renforcée, comme le rapporte Le Monde.
Ce qu'il faut retenir
- Le groupe Hachette, propriété de Vivendi (Bolloré), a organisé un événement à Paris pour ses 200 ans, le 13 mars 2026.
- L’auteure Xenia Fedorova, ancienne responsable de RT France, a attiré peu de public malgré son passage médiatique.
- Jordan Bardella, édité par Fayard (filiale d’Hachette), reste l’un des auteurs les plus vendus avec plus de 320 000 exemplaires écoulés.
- La sécurité était assurée par la société Ultreïa, déjà impliquée dans l’exfiltration de militants lors d’un meeting de Reconquête !.
- Le livre de Fedorova, « Bannie », s’est vendu à 2 220 exemplaires selon GFK.
Vendredi 13 mars 2026, en fin d’après-midi, le Palais Brongniart à Paris accueillait les grandes rencontres Hachette, un événement organisé pour marquer les deux siècles d’existence de la maison d’édition. Sous les hauts plafonds de ce lieu emblématique, les dirigeants de Fayard et de Vivendi (propriétaire d’Hachette) avaient convié plusieurs personnalités, dont Xenia Fedorova, ancienne directrice de la chaîne prorusse RT France et désormais chroniqueuse sur CNews et Europe 1.
Malgré l’attention médiatique dont elle bénéficie, Fedorova a peiné à attirer un public nombreux lors de son passage. Son ouvrage, « Bannie » (Fayard, 2025), s’est écoulé à 2 220 exemplaires seulement selon les chiffres GFK. La séance de dédicaces, initialement prévue dans un espace plus vaste, a été déplacée in extremis sur une estrade plus modeste, signe d’un faible affluence. Une situation qui contraste avec les performances d’autres auteurs présents lors de cet événement.
Parmi les figures en vue, Nicolas Diat, éditeur de Jordan Bardella, occupait une place centrale. Les livres de Bardella, « Ce que je cherche » (2024) et « Ce que veulent les Français » (2025), ont rencontré un succès commercial remarquable avec plus de 320 000 exemplaires vendus. Autour de lui, on retrouvait également Lise Boëll, PDG de Fayard, Christophe Pinguet, organisateur de l’événement, Gabriel Ferné, responsable des relations libraires, ainsi que le PDG d’Hachette Livre, Arnaud Lagardère. Autant de noms qui illustrent l’influence du groupe Bolloré dans l’univers de l’édition française.
Côté sécurité, l’événement s’est déroulé sous haute surveillance. Les agents en charge du dispositif appartenaient à la société Ultreïa, une entreprise déjà sous le feu des projecteurs pour son intervention musclée lors d’un meeting de la candidate Reconquête !, Sarah Knafo, à la mairie de Paris. Cette présence rappelle les défis sécuritaires auxquels sont confrontés les organisateurs de salons et meetings politiques en France, surtout lorsque des figures controversées sont invitées.
L’événement du Palais Brongniart s’inscrit dans une logique plus large de valorisation des auteurs liés au groupe Bolloré. Jordan Bardella, figure montante de la droite française, reste l’un des principaux atouts commerciaux de Fayard et Hachette. Ses livres, souvent centrés sur les thèmes de l’identité nationale et des valeurs traditionnelles, rencontrent un écho particulier dans le paysage éditorial actuel. Avec plus de 320 000 exemplaires écoulés, il se positionne comme l’un des auteurs les plus vendus de la maison, devant des personnalités plus consensuelles.
Xenia Fedorova, pour sa part, incarne une autre dimension de cette stratégie. Son parcours médiatique, marqué par son passage à RT France et ses chroniques sur des chaînes comme CNews, en fait une figure polarisante. Son livre, « Bannie », qui aborde les thèmes de l’exil et de la censure, a suscité des débats, mais n’a pas rencontré le succès commercial escompté. Un contraste qui interroge sur l’impact réel des polémiques dans les ventes de livres.
Les rencontres Hachette, organisées à Paris pour célébrer les 200 ans de la maison, ont donc été l’occasion pour Bolloré de mettre en avant ses pions éditoriaux. Entre auteurs à forte audience et logistique sécurisée, l’événement a révélé les tensions entre visibilité, sécurité et liberté d’expression dans le monde du livre. Une équation complexe, d’autant plus dans un contexte où les questions identitaires et politiques occupent une place centrale dans le débat public.
Ultreïa est une société de sécurité privée qui s’est illustrée en mars 2025 lors de l’exfiltration de militants du collectif Golem lors d’un meeting de Sarah Knafo à Paris. Son intervention avait suscité une polémique en raison de la violence employée.
