Selon Le Monde, l’écrivaine argentine Samanta Schweblin s’impose comme l’une des figures incontournables de la littérature latino-américaine contemporaine. Son talent repose sur une capacité à brouiller les frontières entre réalité et irrationnel, un style qui a déjà marqué ses précédents ouvrages, dont Distancia de rescate (2014), traduit en français sous le titre Fever Dream. Avec la publication des six nouvelles du recueil Le Bon Mal, Schweblin confirme sa singularité, explorant une fois de plus l’étrangeté qui habite le quotidien.

Ce qu'il faut retenir

  • Samanta Schweblin est une autrice argentine reconnue pour ses récits mêlant réalité et irrationalité.
  • Son dernier recueil, Le Bon Mal, rassemble six nouvelles explorant l’étrangeté du réel.
  • Elle a déjà marqué la littérature avec Fever Dream, publié en 2014 et traduit en plusieurs langues.
  • Schweblin est souvent citée aux côtés des grandes voix latino-américaines comme Valeria Luiselli ou Juan Gabriel Vásquez.
  • Son œuvre interroge les peurs et les angoisses contemporaines, notamment à travers des récits courts et percutants.

Une écriture ancrée dans l’étrangeté et l’inquiétante étrangeté

Depuis ses débuts, Samanta Schweblin cultive une esthétique où le quotidien bascule dans l’absurde ou le terrifiant. Le Bon Mal, son dernier recueil publié en français, illustre cette signature littéraire. Les six nouvelles qui le composent jouent avec l’ambiguïté, transformant des situations banales en scènes de malaise, voire en cauchemars éveillés. Comme le rappelle Le Monde, cette capacité à « faire trembler la frontière entre le réel et l’irréel » est au cœur de son succès.

Parmi les thèmes récurrents de son œuvre, on retrouve la peur de l’inconnu, la vulnérabilité face à l’invisible, ou encore la tension entre rationalité et superstition. Ces motifs, déjà présents dans Fever Dream, où une mère tente de sauver son enfant d’un empoisonnement mystérieux, trouvent ici une nouvelle déclinaison. Schweblin y dépeint des univers où la logique s’effrite, laissant place à une inquiétude diffuse, presque tangible.

Une reconnaissance internationale, entre prix et traductions

Née en 1978 à Buenos Aires, Samanta Schweblin a rapidement gagné une audience internationale. Son roman Distancia de rescate, traduit en français en 2017, a été salué par la critique pour son style hypnotique et son exploration des peurs maternelles. L’ouvrage a notamment été finaliste du International Booker Prize en 2017, une consécration pour une autrice encore peu connue en Europe il y a dix ans.

Avec Le Bon Mal, Schweblin confirme son statut d’autrice majeure de la littérature latino-américaine contemporaine. Le recueil a été publié en Espagne en 2021, avant d’être traduit en français en 2025. Son succès dépasse désormais les frontières de l’Amérique latine, avec des traductions en anglais, allemand et italien. Le Bon Mal a d’ailleurs été cité parmi les meilleurs livres de l’année 2021 par plusieurs médias espagnols, dont El País.

Un style qui questionne les limites de la perception

Ce qui distingue Schweblin, c’est sa maîtrise de la nouvelle comme genre littéraire. Chaque texte de Le Bon Mal est une plongée dans l’inconfort, où le lecteur est invité à douter de ce qu’il voit. « L’étrangeté, chez Schweblin, n’est jamais gratuite », explique Le Monde. « Elle sert à révéler des vérités cachées, des peurs refoulées ou des dynamiques sociales que la société préfère ignorer. »

Dans certaines nouvelles, comme La distancia de la niña (intitulée en français La distance de l’enfant), l’autrice explore la relation mère-fille à travers le prisme de l’angoisse. D’autres textes, comme Un hombre sin suerte (Un homme sans chance), jouent avec l’idée de destin et de malchance, transformant une simple rencontre en une expérience limite. Ces récits, bien que courts, laissent une empreinte durable, comme si le malaise qu’ils suscitent persistait bien après la dernière page.

Et maintenant ?

La carrière de Samanta Schweblin pourrait connaître une nouvelle impulsion avec la sortie de Le Bon Mal en France. Après le succès de Fever Dream, les éditeurs français pourraient accélérer la traduction de ses autres œuvres, comme Kentukis (2018), un roman dystopique déjà traduit en plusieurs langues. Par ailleurs, son style, à la croisée du réalisme magique et de l’horreur psychologique, pourrait séduire un public en quête de récits courts mais intenses. Resterait à voir si Schweblin poursuivra dans la voie de la nouvelle ou si elle reviendra à un format romanesque — une question qui intrigue déjà ses lecteurs.

Samanta Schweblin incarne une littérature où l’angoisse et la poésie se répondent, offrant aux lecteurs une expérience à la fois troublante et envoûtante. Avec Le Bon Mal, elle confirme qu’elle n’est pas seulement une héritière de Borges ou de Cortázar, mais bien une autrice capable de redéfinir les codes du réalisme latino-américain.

Selon Le Monde, ses récits explorent principalement l’étrangeté du réel, la peur de l’invisible, les tensions familiales et les dynamiques sociales oppressantes. Elle joue souvent avec l’ambiguïté entre rationalité et irrationalité, transformant des situations ordinaires en scènes de malaise.