Un an après sa nomination, Sarah El Haïry, Haute-commissaire à l’Enfance, dresse un premier bilan de ses actions et des défis restants dans la protection des mineurs face aux risques numériques. Lors d’un entretien accordé à BDM, elle a rappelé l’urgence d’adapter les dispositifs de prévention aux évolutions technologiques, tout en insistant sur la responsabilité des adultes.
Ce qu’il faut retenir
- Un an après sa prise de fonction, Sarah El Haïry fait le point sur les chantiers prioritaires en matière de protection de l’enfance dans l’environnement numérique.
- Elle réaffirme que la prévention doit être adaptée aux usages des enfants, et non l’inverse, selon ses propos rapportés par BDM.
- Parmi les axes majeurs : la sensibilisation des parents et des professionnels, ainsi que la lutte contre les contenus préjudiciables en ligne.
- Un plan d’action national est en cours de finalisation, avec une attention particulière portée aux réseaux sociaux et aux algorithmes de recommandation.
Un an de missions et des défis persistants
Depuis sa nomination en mai 2025, Sarah El Haïry a multiplié les initiatives pour renforcer la protection des mineurs dans le monde numérique. BDM révèle que la Haute-commissaire a notamment piloté un groupe de travail dédié aux risques liés aux écrans, associant des experts en psychologie, en éducation et en numérique.
L’enjeu ? Anticiper les dangers tout en évitant une approche moralisatrice. « Ce n’est pas à l’enfant de se protéger de la technologie », a-t-elle déclaré, soulignant la nécessité de rendre les outils numériques plus sûrs par conception. Elle a rappelé que 75 % des 11-14 ans possèdent un smartphone, un chiffre qui justifie, selon elle, une mobilisation collective.
Des chantiers concrets, mais des lacunes persistantes
Parmi les mesures phares évoquées par Sarah El Haïry figure la création d’un dispositif de signalement renforcé pour les contenus violents ou à caractère sexuel. Selon BDM, ce système, encore en phase de test dans plusieurs académies, devrait être généralisé d’ici la rentrée 2026.
Autre priorité : la formation des enseignants et des éducateurs. Un module obligatoire sur les enjeux du numérique sera intégré dans les cursus de formation initiale dès l’année prochaine. Sarah El Haïry a précisé que 60 % des écoles primaires ne disposaient pas, en 2025, de protocoles clairs pour gérer les cyberviolences.
Enfin, la Haute-commissaire a pointé du doigt les algorithmes des plateformes, qu’elle juge trop opaques. « Les enfants sont exposés à des contenus inappropriés non pas par hasard, mais parce que les systèmes sont conçus pour maximiser l’engagement », a-t-elle affirmé.
Une approche globale, mais des résistances
Si le bilan dressé par Sarah El Haïry met en lumière des avancées, il révèle aussi des résistances. Certaines associations de parents d’élèves critiquent, selon BDM, un manque de moyens alloués aux actions de terrain. « On nous parle de prévention, mais les actions concrètes restent marginales », a commenté un représentant d’une fédération de parents, cité par BDM.
De son côté, la Haute-commissaire défend une approche progressive. « L’objectif n’est pas d’interdire, mais de rendre les usages plus responsables », a-t-elle indiqué, tout en reconnaissant que l’adhésion des familles et des entreprises sera déterminante pour la réussite de ces mesures.
Sarah El Haïry a conclu en appelant à une « mobilisation sans précédent », tout en rappelant que la protection des mineurs ne peut être l’affaire des seuls pouvoirs publics. Une déclaration qui laisse entrevoir des débats à venir sur le rôle des acteurs privés et la régulation des plateformes.
D’après ses déclarations à BDM, les risques majeurs incluent l’exposition à des contenus violents ou à caractère sexuel, le cyberharcèlement, ainsi que la surexposition aux algorithmes de recommandation, qui peuvent favoriser des comportements addictifs ou des troubles anxieux.