Chaque année, en France, près de **5 000 nouveaux cas** de sclérose en plaques (SEP) sont diagnostiqués, selon Ouest France. Cette maladie neurologique auto-immune, qui se manifeste généralement entre 25 et 35 ans, reste la première cause de handicap sévère non traumatique chez le jeune adulte. Pourtant, un constat s’impose : les femmes représentent **environ 70 % des cas**, soit près de trois fois plus que les hommes. À l’approche de la journée nationale dédiée à cette pathologie, prévue le 30 mai 2026, les spécialistes tentent d’éclairer ce déséquilibre persistant.
Ce qu'il faut retenir
- La sclérose en plaques est la première cause de handicap sévère non traumatique chez les jeunes adultes en France.
- Les femmes représentent 70 % des cas diagnostiqués, un ratio trois fois supérieur à celui des hommes.
- La maladie est liée à une attaque du système immunitaire contre la myéline, l’isolant des neurones, perturbant la transmission de l’influx nerveux.
- Les symptômes varient selon les zones touchées : troubles moteurs, visuels, de l’équilibre ou de la concentration.
- Le diagnostic intervient le plus souvent entre **25 et 35 ans**, avec un pic chez les femmes autour de 30 ans.
Une maladie auto-immune aux mécanismes encore partiellement incompris
La sclérose en plaques résulte d’un dysfonctionnement du système immunitaire, qui s’attaque par erreur à la myéline, cette gaine protectrice entourant les prolongements des neurones. Ce processus perturbe la transmission rapide des signaux nerveux, entraînant des symptômes variables selon les zones du système nerveux central touchées. Ouest France rappelle que cette pathologie touche environ **110 000 personnes en France**, avec une incidence annuelle de 5 000 nouveaux cas.
Les manifestations cliniques sont multiples : difficultés motrices, troubles de l’équilibre, perte de concentration, voire troubles visuels. Pour les patients, l’impact est d’autant plus lourd que la maladie s’installe souvent en pleine période de vie active, bouleversant projets professionnels et personnels.
Un déséquilibre de genre qui intrigue la communauté scientifique
Le ratio femmes/hommes de 3 pour 1 dans les cas de sclérose en plaques est l’un des mystères les plus étudiés par les chercheurs. Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer cette prédominance féminine. Certaines études évoquent l’influence des hormones, notamment les œstrogènes, qui pourraient jouer un rôle dans l’activation du système immunitaire. D’autres pistes pointent vers des facteurs génétiques ou environnementaux, encore mal identifiés.
« Les femmes sont plus souvent atteintes par des maladies auto-immunes en général, et la SEP en fait partie », souligne une neurologue interrogée par Ouest France. Cette observation a conduit certains chercheurs à explorer un lien entre la maladie et les mécanismes biologiques propres au genre, sans qu’aucune réponse définitive ne soit apportée à ce jour.
Des symptômes qui évoluent différemment selon les patients
La sclérose en plaques se décline sous plusieurs formes. La **forme rémittente**, la plus fréquente (environ 85 % des cas), se caractérise par des poussées suivies de rémissions partielles ou totales. Avec le temps, certaines formes évoluent vers une **forme secondaire progressive**, où le handicap s’aggrave de manière continue. Une minorité de patients présente d’emblée une **forme primaire progressive**, marquée par une aggravation constante dès le début.
Les traitements actuels, bien que ne permettant pas de guérir la maladie, visent à ralentir son évolution et à atténuer les symptômes. Les immunomodulateurs et immunosuppresseurs figurent parmi les options thérapeutiques les plus courantes, adaptées en fonction du profil du patient et de la gravité de la maladie.
Un enjeu de santé publique qui mobilise la recherche
Face à l’absence de traitement curatif, la recherche reste un axe prioritaire. Les avancées récentes se concentrent sur des thérapies ciblées, capables de moduler la réponse immunitaire sans affaiblir excessivement les défenses naturelles de l’organisme. Les essais cliniques en cours explorent également des pistes innovantes, comme les thérapies cellulaires ou les médicaments anti-inflammatoires plus sélectifs.
Les associations de patients, telles que l’Association française des sclérosés en plaques (AFSEP), jouent un rôle clé dans la sensibilisation et le soutien aux malades. Leur action vise à améliorer la prise en charge globale, incluant l’accompagnement psychologique, la rééducation et l’adaptation du quotidien.
Alors que les causes exactes de la prédominance féminine restent à éclaircir, une chose est sûre : la sclérose en plaques continue de représenter un défi majeur pour les systèmes de santé et les chercheurs. Entre avancées médicales et questions persistantes, la lutte contre cette maladie s’inscrit dans la durée.
Plusieurs facteurs de risque sont évoqués, notamment un terrain génétique prédisposant et des facteurs environnementaux comme le tabagisme, un déficit en vitamine D ou certaines infections virales. Le rôle des hormones féminines est également suspecté, mais aucune cause unique n’a été établie à ce jour.