« Il est très utile pour nous, mais il devrait rester à sa place » : selon Libération, cette phrase résume l’état d’esprit qui prévaut désormais au sein du Rassemblement National envers l’un de ses principaux porte-parole. Sébastien Chenu, vice-président du parti d’extrême droite, cumule en effet les fonctions de stratège médiatique et de cible privilégiée des critiques internes, alors que les récentes élections municipales dans son fief du Nord ont révélé des faiblesses électorales et alimenté les tensions.
Ce qu'il faut retenir
- Sébastien Chenu, vice-président du RN, fait face à des critiques internes croissantes après les mauvais résultats du parti dans son bastion du Nord.
- Ses détracteurs lui reprochent ses gaffes répétées et ses méthodes de travail, jugées trop personnelles ou désorganisées.
- Malgré son rôle clé dans la communication du RN, certains cadres estiment qu’il doit modérer son influence médiatique.
Un bastion du RN en difficulté
Les élections municipales de 2026 ont confirmé les difficultés du Rassemblement National dans le Nord, région historiquement favorable au parti. Sébastien Chenu, conseiller municipal et régional de Valenciennes, a vu son score chuter de près de 15 points par rapport à 2020, selon les chiffres provisoires. Ce revers a donné des munitions à ses détracteurs au sein même du RN, qui y voient la preuve d’un leadership local défaillant. « Les résultats sont décevants, et Chenu en porte une partie de la responsabilité », confie un cadre du parti sous couvert d’anonymat.
Ces mauvaises performances s’ajoutent à une série de critiques récurrentes sur la gestion des campagnes électorales. Plusieurs candidats du RN dans la région ont pointé du doigt un manque de coordination et des choix stratégiques contestés, attribués en partie à l’influence de Chenu. « On a l’impression que tout passe par lui, sans concertation », déplore un élu local, cité par Libération.
Des gaffes qui alimentent les tensions
Au-delà des résultats électoraux, Sébastien Chenu est régulièrement pointé du doigt pour ses interventions publiques, souvent source de polémiques. Ses déclarations sur l’immigration ou la laïcité ont à plusieurs reprises été reprises par les médias, parfois hors de leur contexte, provoquant des remous au sein du parti. En 2025, une sortie sur le « grand remplacement » avait notamment suscité des critiques, même au sein de l’extrême droite, où certains estimaient que le propos était trop radical.
Ses méthodes de travail sont également critiquées. Plusieurs témoignages, recueillis par Libération, évoquent un fonctionnement « solitaire » et peu transparent. « Il prend des décisions seul, sans en référer à la direction collégiale. Cela crée des frustrations », explique un ancien collaborateur. Ces tensions ont poussé certains cadres à exiger une clarification sur son rôle au sein du parti.
Une influence médiatique à double tranchant
Malgré ces critiques, Sébastien Chenu reste l’un des visages les plus connus du RN, grâce à sa présence récurrente dans les médias. Son profil de « jeune cadre dynamique » – il a 45 ans – en fait un atout pour moderniser l’image du parti, traditionnellement associé à des figures plus âgées. « Il est incontournable pour toucher les jeunes électeurs », reconnaît un responsable du RN, tout en ajoutant : « Mais il faut qu’il accepte de jouer collectif. »
Cette dualité entre utilité et nuisance est au cœur des débats internes. Certains estiment que ses interventions médiatisent le parti, tandis que d’autres y voient un risque de dérive ou de perte de contrôle du message. « Il faut qu’il comprenne que son rôle est de servir le parti, pas l’inverse », résume une source proche de Jordan Bardella.
« Sébastien Chenu est un atout, mais il doit accepter de ne pas être le seul à parler au nom du RN. »
— Un cadre du Rassemblement National
Quoi qu’il en soit, l’affaire Chenu illustre les tensions croissantes au sein du RN entre modernité et radicalité, entre communication médiatique et discipline partisane. Pour l’instant, le parti tente de trouver un équilibre, mais le temps presse.
Le Rassemblement National se prépare pour les élections européennes de juin 2026, suivies des législatives anticipées en 2027. Ces scrutins seront déterminants pour évaluer l’impact des tensions internes sur les résultats du parti.
