Il a mis du temps. Beaucoup de temps. Mais dimanche, José Antonio Seguro a enfin eu sa revanche. Le socialiste portugais, 63 ans au compteur, s'est imposé au second tour de la présidentielle. Une victoire qui sent bon la résilience.

Un retour en grâce après l'exil politique

On pourrait croire à un conte de fées. Sauf qu'à Lisbonne, les contes de fées ont souvent des airs de tragédie grecque. Seguro, c'est l'histoire d'un homme qui a cru en son destin. Qui a attendu. Qui a su se faire oublier pour mieux revenir.

2015. L'année où tout bascule. Le PS perd les élections législatives. Seguro, alors Premier ministre, doit s'effacer. (Autant dire que la traversée du désert commence là.) Les années passent. Les échecs s'accumulent. Les doutes aussi. Mais lui, il y croit encore. Il croit en son pays. En ses idées. En sa capacité à rebondir.

Et puis, en juin dernier, la campagne commence. Timide au début. Puis de plus en plus forte. Les Portugais le redécouvrent. Ils se souviennent de l'homme qui a su gérer la crise. Qui a su tenir tête à l'Europe. Qui a su garder le cap quand d'autres auraient sombré.

Un programme ancré à gauche, mais des méthodes de modéré

Alors, Seguro, c'est quoi ? Un social-démocrate dans l'âme. Un homme qui croit en l'État-providence. En la protection sociale. En l'éducation pour tous. Mais attention : pas question de faire peur aux marchés. Pas question de jouer les révolutionnaires. Non, Seguro, c'est le pragmatisme incarné.

Ses adversaires le critiquent. Trop modéré, disent-ils. Pas assez à gauche. Pas assez à droite. Bref, pas assez quelque chose. Mais lui, il assume. Il assume son centre. Son équilibre. Sa ligne. (Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il a du cran.)

Et puis, il y a les chiffres. Les vrais. Ceux qui parlent. En 2015, quand il quitte le pouvoir, le Portugal est en crise. La dette explose. Le chômage aussi. Mais en 2026, quand il brigue la présidence, le tableau est différent. La croissance est là. Le chômage a baissé. Les investisseurs reviennent. Résultat des courses : les Portugais lui font confiance.

Une victoire qui pourrait redessiner le paysage politique

Dimanche, c'est l'apothéose. Seguro l'emporte. Avec 52% des voix, d'après nos confrères de [Source]. Une victoire nette. Une victoire claire. Une victoire qui pourrait bien changer la donne.

Car Seguro, c'est un peu le symbole d'une nouvelle génération de politiques. Des politiques qui ont connu les crises. Qui ont su les surmonter. Qui savent que les solutions simples n'existent pas. Que les réponses faciles n'existent pas. Que les promesses en l'air n'existent pas.

Et puis, il y a l'Europe. Toujours l'Europe. Seguro, c'est un pro-européen convaincu. Mais un pro-européen qui sait que l'Europe doit changer. Qui sait que l'Europe doit se réinventer. Qui sait que l'Europe doit se rapprocher des citoyens.

Alors, que va-t-il se passer maintenant ? Difficile à dire. Mais une chose est sûre : Seguro a marqué l'histoire. Il a marqué son pays. Il a marqué son époque. Et ça, ça n'a pas de prix.

Et maintenant ?

La victoire est là. Mais les défis aussi. Car le Portugal, malgré ses progrès, reste un pays fragile. Un pays qui doit se reconstruire. Un pays qui doit se réinventer. Et Seguro, dans tout ça ? Il va devoir jouer fin. Très fin.

Car les attentes sont immenses. Les espoirs aussi. Et lui, il va devoir tenir. Tenir ses promesses. Tenir ses engagements. Tenir son pays. (On pourrait se demander s'il en a les moyens.)

Mais une chose est sûre : il a su attendre. Il a su se battre. Il a su convaincre. Alors, pourquoi pas lui ? Pourquoi pas maintenant ?

Difficile à dire. Mais une chose est sûre : il a déjà changé la donne. En remportant la présidentielle, il a prouvé que le centre pouvait gagner. Qu'un discours modéré pouvait convaincre. Qu'une ligne pragmatique pouvait séduire. Alors, oui, il a déjà changé les choses. Reste à savoir s'il pourra les changer durablement.

Ils sont nombreux. Mais on peut en citer trois. D'abord, l'économie. Le Portugal a progressé, mais il reste fragile. Ensuite, l'emploi. Le chômage a baissé, mais il reste élevé. Enfin, l'Europe. Seguro est pro-européen, mais il va devoir gérer les tensions. Les doutes. Les critiques. Bref, il a du pain sur la planche.

Là, c'est une autre paire de manches. Seguro a des idées. Des convictions. Mais l'Europe, c'est compliqué. Très compliqué. Alors, oui, il peut essayer. Oui, il peut proposer. Oui, il peut convaincre. Mais de là à réinventer l'Europe... C'est un peu ambitieux, non ?