Les deux tremblements de terre qui ont frappé le Venezuela le 24 juin dernier, d’une magnitude de 7,2 et 7,5, ont laissé derrière eux un bilan humain et matériel dévastateur. Selon Euronews FR, la présidente par intérim Delcy Rodríguez a pris la parole ce jeudi pour répondre aux critiques visant la réponse du gouvernement, accusé de lenteur et de désorganisation dans la gestion de la crise.

Ce qu'il faut retenir

  • Deux séismes d’une magnitude respective de 7,2 et 7,5 ont frappé le Venezuela le 24 juin 2026.
  • Le bilan officiel fait état de 2 295 morts, mais certaines équipes de secours évoquent un chiffre approchant les 2 600.
  • Près de 200 bâtiments ont été rasés à Caracas et dans l’État de La Guaira, la zone la plus touchée.
  • Delcy Rodríguez rejette les accusations de sous-estimation du bilan et de lenteur dans les secours, tout en niant le rôle des logements sociaux dans l’aggravation de la catastrophe.
  • Les opérations de sauvetage, menées par des équipes internationales, s’achèvent alors que les recherches de survivants touchent à leur fin.

Un bilan humain lourd et des critiques persistantes

Les deux séismes survenus le 24 juin ont causé des destructions massives dans la capitale vénézuélienne, Caracas, ainsi que dans l’État côtier de La Guaira, au nord du pays. Selon les autorités, près de 200 bâtiments ont été rasés, mais les données satellitaires suggèrent que l’ampleur réelle des dégâts pourrait être bien plus importante. À ce stade, le bilan officiel fait état de 2 295 morts, tandis que certaines équipes de secours estiment que le nombre réel de victimes pourrait s’élever à près de 2 600.

Cette disparité alimente les tensions entre les autorités et les organisations humanitaires. Un site d’opposition a recensé plus de 38 000 signalements de disparus, tandis que les Nations unies auraient commandé 10 000 sacs mortuaires pour faire face à l’urgence. Les familles des victimes, confrontées à des difficultés financières et logistiques, doivent souvent payer jusqu’à 450 dollars pour des services funéraires, bien que certaines municipalités proposent des concessions gratuites.

Delcy Rodríguez rejette les accusations de mauvaise gestion

Lors d’une conférence de presse tenue jeudi à Caracas, Delcy Rodríguez, vêtue d’un ruban noir en signe de deuil, a défendu avec fermeté la réponse de son gouvernement. Elle a catégoriquement rejeté les témoignages selon lesquels des survivants auraient été contraints de fouiller les décombres à mains nues pendant les 48 heures suivant les séismes. « Nous n’avons pas attendu un jour, deux jours ou trois jours. Nous nous sommes mobilisés immédiatement », a-t-elle affirmé, accusant les médias d’instrumentaliser la tragédie.

Interrogée sur l’effondrement de plusieurs ensembles de logements sociaux construits sous l’ère Chávez, Rodríguez a soutenu que 80 % des bâtiments détruits étaient des constructions privées, sans pour autant fournir de preuves à l’appui de cette affirmation. Elle a également minimisé l’impact de la qualité des constructions sur l’ampleur de la catastrophe, malgré les rapports mettant en cause la vétusté des infrastructures.

Fin des opérations de sauvetage et nouvelles priorités

Vendredi, au neuvième jour des opérations, les équipes de secours venues de 27 pays ont dû affronter une chaleur accablante et des chances de survie de plus en plus faibles au-delà des 72 heures critiques. Une dernière lueur d’espoir est apparue jeudi avec la découverte d’Hernán Alberto Gil Flores, un agent de sécurité de 43 ans, sorti vivant des décombres d’un centre commercial effondré à Catia La Mar après huit jours de survie. Cependant, aucune autre trace de vie n’a été détectée depuis, contraignant les sauveteurs à suspendre leurs recherches.

Les efforts se concentrent désormais sur la récupération des corps et l’identification des victimes. Les techniciens médico-légaux, submergés par l’ampleur des pertes, estiment qu’il pourrait falloir jusqu’à trois mois pour recenser l’ensemble des victimes. Dans la ville de La Guaira, plus de 200 corps ont été temporairement stockés dans un parking d’hôpital surchauffé avant d’être transférés vers une morgue de fortune installée dans le port local, où des conteneurs réfrigérés ont été mis à disposition par des entreprises privées.

L’avenir politique de Delcy Rodríguez en jeu

Cette catastrophe survient à un moment charnière pour Delcy Rodríguez, dont le mandat intérimaire de 180 jours devait s’achever le 7 juillet. Ce mandat lui avait été accordé après la destitution de Nicolás Maduro par les États-Unis en janvier 2026, un contexte politique déjà tendu. Si certains pays, comme les États-Unis, l’Équateur ou Israël, ont apporté leur soutien logistique, la gestion de la crise par Rodríguez reste sous le feu des critiques.

Son gouvernement est désormais confronté à un défi de taille : gérer les conséquences humaines et matérielles de la catastrophe tout en maintenant la stabilité politique dans un pays déjà fragilisé. Les fosses communes, évoquées par les autorités en raison de l’incapacité à gérer l’afflux de corps, soulèvent des questions sur la capacité du Venezuela à faire face à une telle urgence.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes devraient voir une accélération des opérations d’identification des victimes, tandis que les autorités vénézuéliennes pourraient annoncer de nouvelles mesures pour soutenir les familles endeuillées. La communauté internationale, déjà mobilisée, devrait maintenir son aide humanitaire dans les semaines à venir. Reste à voir si Delcy Rodríguez parviendra à consolider sa légitimité politique après cette crise, alors que son mandat intérimaire touche à sa fin.

La gestion des séquelles de ce séisme pourrait également influencer les relations du Venezuela avec ses partenaires étrangers, notamment dans un contexte où le pays cherche à se relever après des années de crise économique et politique. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’impact réel de cette catastrophe sur la société vénézuélienne.

Le bilan officiel de 2 295 morts est contesté par certaines équipes de secours et des organisations locales, qui évoquent un chiffre approchant les 2 600. Cette divergence s’explique par l’ampleur des destructions et la difficulté à recenser les victimes, notamment dans les zones rurales ou difficilement accessibles.