Un enfant de 10 ans a été découvert séquestré dans une camionnette à Hagenbach, dans le Haut-Rhin, après plus d’un an de captivité. Selon BFM - Faits Divers, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé ce lundi 13 avril 2026 le lancement d’une enquête administrative pour déterminer comment un tel drame a pu se produire sans être détecté. Cette décision intervient alors que le père de l’enfant, mis en examen, est placé en détention provisoire depuis le début de l’enquête.
Ce qu'il faut retenir
- Un enfant séquestré plus d’un an dans une camionnette à Hagenbach (Haut-Rhin), à proximité du domicile de son père.
- Découverte le 14 janvier 2026 : l’enfant, nu et dénutri, était entouré d’excréments sur un tas de déchets.
- Le père, électricien de 43 ans, mis en examen et placé en détention provisoire pour séquestration.
- Une enquête administrative diligentée par le ministère de l’Éducation pour analyser les défaillances du système.
- La compagne du père, 37 ans, placée sous contrôle judiciaire après avoir nié toute connaissance des faits.
- Les conclusions attendues sous six semaines, selon le ministre Édouard Geffray.
Un drame révélé par le signalement d’une voisine
C’est une voisine, alertée par des cris, qui a permis la découverte de l’enfant le 14 janvier 2026. Après avoir forcé l’accès à une camionnette stationnée à quelques mètres du domicile du père, elle a trouvé le garçon nu, dénutri et entouré d’excréments. L’enfant aurait été séquestré pendant plus d’un an dans ce véhicule, situé à Hagenbach, une commune proche de Mulhouse. Selon les premiers éléments de l’enquête, il s’agit du fils du père biologique, un électricien de 43 ans dont le site internet met en avant son « travail soigné » et sa « réactivité ».
Placé en détention provisoire depuis le début de l’enquête, l’homme a été mis en examen pour séquestration. Son avocate a indiqué qu’il « avait pleinement conscience des faits qui lui sont reprochés ». Les enquêteurs tentent désormais de comprendre les motivations de son acte, notamment au regard des déclarations de l’enfant. Ce dernier aurait expliqué aux forces de l’ordre que la compagne de son père voulait le faire interner en « hôpital psychiatrique », et que son père l’avait enfermé « pour ne pas l’interner ».
Une compagne placée sous contrôle judiciaire
Âgée de 37 ans, la compagne du père biologique, qui propose sur son site internet des prestations d’« accompagnement au quotidien » pour personnes âgées ou isolées, ainsi que des séances de « voyance et guidance », a été placée sous contrôle judiciaire. Elle nie avoir eu connaissance de la présence de l’enfant dans la camionnette, bien que les enquêteurs semblent privilégier cette piste. Son rôle exact dans cette affaire reste à déterminer, d’autant que l’enfant a évoqué son intention de le faire interner en milieu psychiatrique.
Cette affaire soulève des questions sur la vigilance des services sociaux et des autorités locales. Comment un enfant a-t-il pu être maintenu dans de telles conditions pendant plus d’un an sans que personne ne s’en aperçoive ? La compagne du père, qui vivait avec lui ainsi que les deux filles du couple recomposé, était-elle au courant ? Autant de questions qui alimentent les spéculations et justifient l’ouverture d’une enquête administrative.
Une enquête administrative pour identifier les responsabilités
Face à l’émotion suscitée par cette affaire, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé ce lundi 13 avril la mise en place d’une enquête administrative. Son objectif : déterminer comment un enfant a pu être séquestré aussi longtemps sans que les institutions ne détectent la situation. «
On a besoin d’expliquer pourquoi personne n’a été en mesure de le repérer» et «
éventuellement, de changer les pratiques de notre système si on constate des défaillances», a-t-il déclaré sur LCP.
Cette enquête sera menée par l’inspection générale, qui devrait rendre ses conclusions dans un délai de six semaines. Édouard Geffray a précisé que si des dysfonctionnements sont identifiés, des mesures correctives pourraient être mises en place pour éviter qu’une telle situation ne se reproduise. Pour l’heure, aucune information n’a été communiquée sur d’éventuelles sanctions disciplinaires à l’encontre des services sociaux ou des autorités locales impliquées.
Un contexte familial complexe et des motivations floues
Les enquêteurs tentent désormais de reconstituer le contexte familial dans lequel s’est déroulée cette séquestration. Le père biologique de l’enfant, bien que mis en examen, n’a pas encore livré tous les détails de son acte. Les motivations avancées par l’enfant – éviter un internement psychiatrique – restent à confirmer. Plusieurs pistes sont explorées par les forces de l’ordre, notamment celle d’un trouble psychologique ou d’une volonté de contrôler l’enfant.
Par ailleurs, la présence de la compagne du père, qui vivait sous le même toit que l’enfant, interroge. Si elle nie toute implication, les enquêteurs pourraient chercher à déterminer si elle a joué un rôle actif ou passif dans cette affaire. Son profil, mettant en avant des activités d’accompagnement et de voyance, pourrait également faire l’objet d’une attention particulière.
En attendant, la question de la prise en charge de l’enfant reste entière. Les autorités n’ont pas encore précisé s’il serait confié à un proche, placé en famille d’accueil ou orienté vers un suivi psychologique adapté. Une chose est sûre : cette affaire, déjà marquée par l’horreur de ce qu’a subi l’enfant, pourrait avoir des répercussions bien au-delà du cadre judiciaire.
Le père de l’enfant, déjà placé en détention provisoire, devrait être présenté devant le juge d’instruction dans les prochaines semaines. Les conclusions de l’enquête administrative, diligentée par le ministère de l’Éducation, sont attendues sous six semaines, soit d’ici la fin mai 2026. Ces deux éléments pourraient accélérer la procédure judiciaire.
