D'après Franceinfo - Culture, le 23 juin 2026 a marqué une date historique avec l'entrée au Panthéon de Paris de Marc Bloch, historien et résistant, ainsi que de son épouse, Simonne Bloch. Cette cérémonie a mis en lumière non seulement la vie et l'œuvre de Marc Bloch mais également celle de Simonne, longtemps restée dans l'ombre.
Ce qu'il faut retenir
- Marc Bloch est devenu le premier historien à entrer au Panthéon.
- Simonne Bloch, son épouse, a joué un rôle crucial comme assistante et collaboratrice de Marc Bloch.
- Elle a également fait preuve de courage pendant les deux guerres mondiales.
Une vie de dévouement et de courage
Simonne Vidal, née en 1894, a grandi dans un milieu bourgeois. Dès 1914, pendant la Première Guerre mondiale, elle s'est portée volontaire pour aider les réfugiés, ce qui lui a valu la Médaille de la Reconnaissance française. En juillet 1919, elle épouse Marc Bloch, un capitaine revenu du front. Le couple s'installe à Strasbourg, où naissent leurs six enfants.
Simonne Bloch n'était pas seulement une épouse et une mère ; elle était également une femme cultivée, douée pour les langues et la musique. Elle a suivi les cours de son mari à l'université et est devenue son assistante, tapant ses manuscrits et vérifiant leurs contenus. Suzette Bloch, petite-fille du couple, souligne que Simonne était « sa principale collaboratrice » et que « pas un mot n'est sorti de la plume de Marc Bloch sans qu'elle l'ait relu ».
Un échange intellectuel et amoureux
Lors de la Seconde Guerre mondiale, le couple Bloch s'est trouvé à nouveau impliqué dans l'effort de guerre. Marc Bloch, après avoir combattu, est entré dans la Résistance, tandis que Simonne, malgré sa santé fragile, a continué à l'aider en lui envoyant des livres, des vêtements et de la nourriture depuis leur maison en Creuse. Les lettres échangées entre eux témoignent d'un amour profond et d'un échange intellectuel constant.
Une des lettres de Marc Bloch à Simonne, écrite en 1943, exprime son amour et sa préoccupation pour leur avenir : « Mon amour, hélas, mon cher amour. Me faudra-t-il partir cette année. Pour le long voyage sans retour. Et te laisser seule, mon aimée ? » Malheureusement, Marc Bloch a été arrêté par la Gestapo en mars 1944 et fusillé peu après. Simonne, hospitalisée pour des raisons de santé, est décédée le 2 juillet 1944, sans savoir si son mari avait été exécuté.
Un destin retrouvé
Les recherches menées par l'historien Stéphane Nivet ont révélé que Simonne Bloch a eu un enterrement en bonne et due forme, contrairement à ce qui était précédemment pensé. Cependant, l'identité de la personne ayant pris en charge les frais de l'enterrement reste un mystère. Cette découverte jette une nouvelle lumière sur la vie de Simonne Bloch et souligne l'importance de continuer à explorer et à comprendre les destins des personnages historiques.
La célébration de la vie de Simonne Bloch, aux côtés de celle de Marc Bloch, rappelle que l'histoire est faite non seulement de grands hommes mais aussi de femmes fortes et dévouées, dont les contributions, bien que parfois oubliées, sont essentielles à notre compréhension du passé.