Deux anciens hauts fonctionnaires et dirigeants d’entreprise, Bertrand Mabille et Michel de Rosen, appellent dans un nouvel ouvrage à faire de la simplification administrative « la mère de toutes les réformes » pour le prochain quinquennat. Dans Simplifier !, publié ce printemps, les auteurs plaident pour que cette question devienne une priorité absolue du président de la République élu en 2027. Le Monde – Politique révèle que les deux auteurs ont interrogé plusieurs candidats officiels ou potentiels à l’Élysée, recueillant leurs propositions en la matière.
Ce qu’il faut retenir
- Les auteurs, Bertrand Mabille et Michel de Rosen, publient un livre intitulé Simplifier ! où ils font de la simplification administrative un objectif central pour le prochain président.
- Ils ont consulté plusieurs candidats à la présidentielle de 2027, officiels ou pressentis, sur leurs pistes de réforme en ce domaine.
- Leur appel s’inscrit dans un contexte où la complexité administrative est souvent pointée du doigt par les entreprises et les citoyens.
- L’ouvrage défend l’idée que cette réforme doit être traitée comme « la mère de toutes les réformes ».
Un livre-manifeste pour une réforme structurelle
Dans leur essai, Bertrand Mabille et Michel de Rosen défendent une thèse claire : la simplification administrative ne doit plus être perçue comme un dossier technique parmi d’autres, mais comme le socle indispensable à toute modernisation de l’État. Le Monde – Politique indique que les deux auteurs, tous deux issus de l’administration et ayant ensuite dirigé des entreprises, y analysent les blocages persistants malgré les multiples tentatives de réforme engagées ces dernières années. « La France souffre d’un excès de normes et de procédures qui étouffent son économie », a souligné Michel de Rosen dans une interview.
Le livre s’appuie sur des exemples concrets tirés de leur expérience, mettant en lumière les lourdeurs qui pèsent sur les entreprises, des démarches de création d’entreprise aux déclarations fiscales. Les auteurs y détaillent également des pistes pour réduire ces obstacles, comme la dématérialisation systématique des procédures ou la fusion de guichets administratifs. « On parle souvent de réformes sectorielles, mais sans simplification de fond, elles resteront inefficaces », a ajouté Bertrand Mabille.
Un diagnostic partagé par les candidats à la présidentielle ?
Pour étayer leur propos, Mabille et de Rosen ont sollicité une dizaine de personnalités ayant déjà annoncé leur candidature ou étant pressenties pour 2027. Le Monde – Politique précise que ces échanges ont révélé des convergences sur l’urgence de la question, même si les méthodes proposées divergent. Certains candidats misent sur une approche incrémentale, tandis que d’autres plaident pour des mesures radicales, comme la suppression de pans entiers de l’administration centrale.
Parmi les pistes évoquées, on retrouve régulièrement l’idée d’un « choc de simplification » dès les premiers mois de mandat, avec des objectifs chiffrés de réduction des délais administratifs. D’autres propositions incluent la création d’un « droit à l’erreur » pour les entreprises en cas d’oubli de déclaration, ou encore la généralisation des plateformes numériques unifiées. « Côté gauche comme côté droite, l’idée fait son chemin », note Le Monde – Politique. Les auteurs soulignent cependant que les mesures concrètes restent souvent floues dans les discours de campagne.
Un enjeu économique et social majeur
Leur plaidoyer s’inscrit dans un contexte où la compétitivité de la France est régulièrement questionnée. Selon les dernières études de l’OCDE et de la Banque mondiale, la France se classe parmi les pays européens où les démarches administratives sont les plus longues pour les entrepreneurs. Un rapport de la Cour des comptes, rendu public en 2025, avait déjà pointé du doigt le coût de cette complexité, estimé à plusieurs milliards d’euros par an pour les entreprises.
Au-delà de l’aspect économique, les auteurs rappellent que la simplification administrative touche aussi les particuliers, avec des conséquences sur le pouvoir d’achat et l’accès aux droits. « Quand un chômeur met trois mois à obtenir son allocation parce qu’il a mal rempli un formulaire, ce n’est pas seulement une question de papier, c’est une question de dignité », a expliqué Bertrand Mabille. Leur livre insiste sur le fait que cette réforme doit être menée en associant tous les acteurs, des collectivités locales aux représentants du patronat.
Pour les auteurs, l’urgence est là : « La simplification administrative n’est pas une option, c’est une nécessité pour que la France reste dans la course ». Leur ouvrage pourrait ainsi devenir une référence pour les décideurs, à condition que ses idées soient traduites en actes concrets.