On pourrait croire que partir à l'étranger, c'est juste une ligne en plus sur un CV. Mais non. Dominique Yohanes, journaliste australienne, en sait quelque chose. Après cinq ans à Singapour, elle revient transformée. Pas seulement par son métier, mais par tout le reste. Son témoignage dans Vogue Singapore est un électrochoc. Et ça donne envie d'en savoir plus.
Quand l'expatriation devient une école de vie
Imaginez : vous quittez votre pays, vos repères, pour un petit État insulaire en Asie du Sud-Est. Singapour, c'est 724 km², 5,6 millions d'habitants, et une densité de population qui donne le tournis. (On est loin des vastes étendues australiennes, hein.)
Dominique y a vécu l'équivalent d'un master en accéléré. « J'ai appris à me débrouiller dans une langue qui n'était pas la mienne, à naviguer dans une culture radicalement différente, à gérer des situations imprévues. » Autant dire que le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle n'est pas rentrée avec le même regard sur le monde.
Le truc, c'est que ces compétences-là, on ne les trouve pas dans les livres. Elles s'acquièrent sur le terrain. Et ça, les employeurs le savent. Résultat des courses : les expatriés sont souvent perçus comme des profils plus agiles, plus adaptables. (D'après nos confrères de Vogue Singapore, 78 % des recruteurs privilégient les candidats avec une expérience internationale.)
Singapour : un laboratoire social à ciel ouvert
Singapour, c'est un peu comme une version ultra-condensée de la mondialisation. En une seule ville, vous avez des communautés chinoises, malaises, indiennes, occidentales... et une multitude de cultures qui se mélangent. (Un vrai défi pour une Australienne, même si l'anglais est la langue officielle.)
Dominique raconte : « J'ai dû apprendre à composer avec des codes sociaux très différents des miens. Par exemple, à Singapour, on ne critique jamais ouvertement quelqu'un en public. C'est une question de respect. » Autre exemple : la ponctualité y est sacrée. Un retard de cinq minutes ? C'est déjà un manque de respect.
Et puis, il y a la question de la hiérarchie. À Singapour, on ne contredit pas son supérieur devant tout le monde. On attend le bon moment, en privé. (Ça peut déstabiliser au début, mais ça forge le caractère.)
Le retour au pays : un choc culturel à l'envers
On ne vous le cache pas : rentrer chez soi après plusieurs années à l'étranger, c'est un choc. Dominique a été surprise par plein de petites choses. Par exemple, à Singapour, les gens sont très discrets. Ils ne crient pas dans la rue, ne parlent pas fort au téléphone. (À Sydney, ça a été un vrai changement.)
Autre différence : la vitesse. À Singapour, tout est ultra-organisé, ultra-efficace. Les transports fonctionnent à la minute près. Les services publics sont irréprochables. (Résultat : quand on rentre en France ou en Australie, on a parfois l'impression de revenir à l'âge de pierre.)
Mais le plus dur, c'est peut-être la distance. Dominique a laissé des amis, des collègues, une vie. Et même si on peut garder le contact via Zoom ou WhatsApp, ce n'est pas pareil. (On pourrait se demander si c'est ça, le vrai prix de l'expatriation.)
Et maintenant ?
Alors, Dominique est-elle devenue une autre personne ? Oui et non. Elle a gardé son humour, sa curiosité, son esprit critique. Mais elle a aussi acquis une certaine sérénité. « J'ai appris à relativiser, à ne pas me formaliser pour des broutilles. »
Et puis, elle a une nouvelle façon de voir le monde. « Avant, je pensais que ma culture était la norme. Maintenant, je sais qu'il y a plein d'autres façons de vivre, tout aussi valables. »
Alors, expatriation : pour ou contre ? Difficile de trancher. Ce qui est sûr, c'est que ça change une vie. Et pas seulement professionnellement.
Elle a été surprise par des choses qui lui semblaient normales avant son départ, comme le volume sonore dans les rues ou l'efficacité des services publics à Singapour. Elle a dû réapprendre à vivre dans un environnement moins organisé.
Elle a appris à naviguer dans une culture différente, à gérer des situations imprévues, à composer avec des codes sociaux nouveaux, et à relativiser face aux petits tracas du quotidien.
Singapour est un microcosme où se mélangent des communautés chinoises, malaises, indiennes, occidentales... C'est un laboratoire social où l'on peut observer les dynamiques culturelles à l'œuvre dans un monde globalisé.