Selon Ouest France, l’écrivaine américaine Siri Hustvedt signe un nouvel ouvrage intitulé « Ghost Stories », où elle explore une année de deuil consécutive au décès de son époux, le romancier Paul Auster. Ce texte, à la fois journal intime, correspondance et essai, mêle souvenirs personnels, échanges épistolaires, références scientifiques et réflexions philosophiques.

Ce qu'il faut retenir

  • L’ouvrage « Ghost Stories » de Siri Hustvedt est un récit intime sur le deuil après la mort de Paul Auster en 2021.
  • Le livre combine journal intime, lettres, emails, références scientifiques et souvenirs personnels.
  • Hustvedt y analyse une année de souffrance et de reconstruction après la disparition de son mari.
  • Le texte est publié alors que l’autrice est elle-même confrontée à la perte d’un proche, celle de Paul Auster, décédé en 2021.

Un récit protéiforme sur la perte et la mémoire

Dans « Ghost Stories », Siri Hustvedt adopte une structure narrative fragmentée, reflétant la complexité du deuil. On y trouve des extraits de son journal, des lettres échangées avec des proches, des retranscriptions d’emails personnels, mais aussi des digressions sur des travaux scientifiques ou des œuvres littéraires. Ce choix formel illustre l’hétérogénéité des émotions et des réflexions qui accompagnent une telle épreuve.

L’autrice, connue pour ses essais sur la psyché humaine et la condition féminine, s’appuie ici sur des références à la neurologie, à la philosophie et à la littérature pour éclairer son propre cheminement. Le titre même du livre, « Ghost Stories », évoque ces présences spectrales qui hantent le survivant après la disparition d’un être aimé.

Une œuvre qui transcende le simple récit autobiographique

Si l’on y perçoit clairement l’écho de la relation entre Hustvedt et Auster – deux figures majeures de la littérature contemporaine –, l’ouvrage dépasse le cadre d’un hommage personnel. Il interroge la manière dont le deuil transforme notre rapport au temps, à l’espace et à la mémoire. Hustvedt y décrit, par exemple, comment les lieux autrefois partagés deviennent des espaces de douleur, ou comment les objets du quotidien se chargent d’une présence fantomatique.

Selon les premières réactions de la critique, « Ghost Stories » se distingue par son équilibre entre vulnérabilité et rigueur intellectuelle. L’autrice évite le piège du pathos en ancrant son propos dans une réflexion plus large sur la condition humaine, faisant de ce livre une œuvre à la fois intime et universelle.

« Écrire sur cette année a été à la fois une nécessité et une torture. Je voulais comprendre comment survivre à l’absence, comment continuer à vivre alors que le monde semble s’être arrêté. »
— Siri Hustvedt, dans une déclaration rapportée par Ouest France.

Un contexte littéraire marqué par la disparition d’Auster

La publication de ce livre intervient dans un contexte particulier : Paul Auster, décédé en avril 2021 à l’âge de 77 ans, laisse derrière lui une œuvre majeure, composée de romans comme « La Musique du hasard » ou « Brooklyn Folies », ainsi que de scénarios et de poèmes. Hustvedt et Auster s’étaient mariés en 1982 et avaient formé un couple emblématique des lettres américaines, collaborant même sur certains projets, comme le livre d’entretiens « Conversations avec Siri Hustvedt et Paul Auster », publié en 2022.

Leur relation, souvent décrite comme fusionnelle, a nourri l’œuvre des deux auteurs. Dans « Ghost Stories », Hustvedt revient sur des moments clés de leur vie commune, tout en confrontant le lecteur à la brutalité de l’absence. Le livre est ainsi à la fois un hommage et une exploration des mécanismes de la résilience.

Et maintenant ?

La sortie de « Ghost Stories » pourrait susciter un regain d’intérêt pour l’œuvre de Siri Hustvedt en France, où son dernier roman traduit, « Le Monde flottant », était paru en 2023. Les éditeurs pourraient également accélérer la traduction d’autres textes de l’autrice, notamment ses essais philosophiques. Par ailleurs, une adaptation cinématographique ou théâtrale de cet ouvrage n’est pas à exclure, tant son caractère hybride et visuel s’y prête.

L’ouvrage, déjà salué par la critique anglo-saxonne, devrait être disponible en librairie française à partir du 15 juin 2026. Reste à savoir si Hustvedt, qui n’avait pas donné de signe public depuis plusieurs mois, prolongera cette veine autobiographique dans ses prochains travaux.

Selon Ouest France, l’autrice y explore principalement le deuil, la mémoire, la résilience et la manière dont le chagrin transforme notre perception du temps et de l’espace. Le livre mêle aussi des réflexions sur la science, la littérature et la philosophie.