Alors que le XV de France féminin affronte le Pays de Galles ce samedi 18 avril à l’Arms Park de Cardiff (en direct à 16h35 sur France 2 et france.tv), l’enjeu dépasse la simple victoire dans le Tournoi des Six Nations. Selon Franceinfo - Sport, François Ratier, le sélectionneur, doit concilier deux objectifs : remporter la compétition tout en préparant activement la Coupe du monde 2029 en Australie. Un équilibre délicat pour une équipe en pleine reconstruction après une quatrième place lors de l’édition précédente.

Ce qu'il faut retenir

  • François Ratier a pour objectif de remporter le Six Nations 2026, tout en préparant la Coupe du monde 2029, avec une équipe dont la moyenne d’âge actuelle (24-25 ans) évoluera vers 28 ans en 2029.
  • Les Bleues ont remporté leur premier match du Tournoi face à l’Italie (40-7) et doivent désormais affronter une équipe galloise en progression, sous la direction de Sean Lynn, ancien entraîneur de Gloucester.
  • François Ratier a rappelé que « l’objectif, c’est de gagner » tout en insistant sur la nécessité de construire un collectif durable pour l’avenir.

Un Tournoi à enjeux multiples pour les Françaises

Dans une déclaration à Franceinfo - Sport à la veille du début de la compétition, François Ratier avait été clair : « L’objectif de ce Tournoi, c’est de le gagner. » Pourtant, le sélectionneur a également souligné la nécessité de penser à plus long terme. « Avec une moyenne d’âge à 24-25 ans, si on se projette sur une Coupe du monde dans trois ou quatre ans, on sera sur une moyenne de 28 ans, ce qui sera parfait », avait-il expliqué. Un dosage complexe, entre l’impératif de résultats immédiats et la construction d’un groupe solide pour les années à venir.

Pour cette nouvelle édition, les Bleues abordent leur deuxième match après une victoire probante contre l’Italie (40-7) à Grenoble le 11 avril. Une performance qui a permis de faire débuter six novices en équipe de France, tout en maintenant une ossature expérimentée. « Ce que j’ai dit aux joueuses, c’est qu’on ne veut pas être l’équipe sur laquelle les Galloises vont avoir leur première vraie grosse performance », a prévenu Ratier en conférence de presse mercredi à Marcoussis.

Une équipe galloise en progression à ne pas sous-estimer

Les Galloise, dirigées par Sean Lynn – ancien entraîneur de Gloucester, triple champion de Premiership entre 2022 et 2025 –, représentent un défi de taille. Après avoir hérité de la cuillère de bois lors des deux dernières éditions du Tournoi et n’avoir remporté aucun match lors de la Coupe du monde 2025 en Angleterre, l’équipe galloise a depuis connu une métamorphose. « Elles n’ont rien à voir avec l’équipe que les Françaises ont affronté l’an dernier, a souligné Marie Sempéré, ancienne internationale et consultante pour France Télévisions. Elles sont ultra-solides sur les ballons portés, et ce sera le gros test pour les Bleues. »

Face à cette opposition, François Ratier a opéré plusieurs ajustements tactiques. Après la titularisation de Ylliana Brosseau à la place d’Ambre Mwayembe pour proposer une première ligne 100 % clermontoise (Assia Khalfaoui et Mathilde Lazarko), le sélectionneur a également intégré Aubane Rousset au centre, aux côtés de Gabrielle Vernier, pour remplacer Joanna Grisez, blessée lors du match contre l’Italie. « Aubane, c’est une jeune joueuse très technique, qui a la capacité de faire jouer après elle grâce à sa taille et sa belle passe des deux côtés. Elle est aussi une excellente défenseure », a-t-il détaillé.

Un projet axé sur la performance et le renouvellement

François Ratier a appelé dix joueuses sans sélection en équipe de France dans sa liste des 32 pour ce Tournoi, marquant ainsi une volonté de renouvellement tout en maintenant une base solide. « Notre projet est basé sur la performance. Elles savent toutes jouer au rugby, mais aujourd’hui, qu’elles aient 20 ou 30 ans, ce qui compte, c’est ce qu’elles montrent sur le terrain », a-t-il rappelé. Une approche qui s’accompagne d’une concurrence accrue, inspirée des méthodes anglo-saxonnes. « Il amène cette espèce de concurrence à l’anglo-saxonne. L’important n’est pas de faire copain-copine : celles qui jouent sont les meilleures sur le terrain, point barre », a commenté Marie Sempéré.

Parmi les autres changements, la deuxième ligne toulousaine Cloé Correa a cédé sa place sur le banc à l’ouvreuse Lina Queyroi, tandis que Teani Feleu, appelée en renfort après la blessure d’une ailière bordelaise, conserve sa place dans le groupe. « Physiquement, l’équipe de France est au-dessus. Il faut qu’on arrive à enlever des espoirs chez l’équipe adverse et que nous, on se construise plus de certitudes », a déclaré Mathilde Lazarko, talonneuse de l’ASM Romagnat, en début de semaine.

« Ce qui va être important, c’est de tout de suite marquer l’adversaire et qu’on fasse comprendre que la première mi-temps va être compliquée, et la seconde encore plus. »
Mathilde Lazarko, talonneuse de l’ASM Romagnat

Et maintenant ?

Si la victoire face aux Galloise serait un message fort envoyé à l’ensemble du Tournoi, l’échéance suivante s’annonce déjà : le Crunch à Bordeaux le 17 mai. Une rencontre qui pourrait s’avérer décisive dans la course à la victoire finale. D’ici là, François Ratier devra continuer à doser entre performance immédiate et préparation à long terme, tout en maintenant la cohésion d’un groupe en pleine transformation. La Coupe du monde 2029, avec une moyenne d’âge optimisée, reste l’horizon ultime pour ce collectif en reconstruction.

Les prochaines étapes du Tournoi s’annoncent donc cruciales. Après le Pays de Galles, les Françaises devront affronter l’Irlande, l’Angleterre, l’Écosse et l’Italie pour tenter de remporter le trophée. Un parcours semé d’embûches, où chaque match comptera autant pour le classement que pour l’avenir du rugby féminin français.

François Ratier mise sur une équipe dont la moyenne d’âge passera de 24-25 ans aujourd’hui à 28 ans en 2029, un âge idéal pour affronter une Coupe du monde. Cela lui permet de préparer l’avenir tout en visant des résultats immédiats, comme la victoire dans le Six Nations 2026.