Selon BFM Business, les small et mid caps chinoises suscitent un regain d’intérêt de la part des investisseurs ce mardi 26 mai 2026. Cette attractivité s’explique principalement par deux facteurs économiques majeurs : la hausse continue des salaires en Chine et l’appréciation du yuan. Ces éléments, analysés par Bertrand Haumesser, président d’Elea Capital, dans l’émission Good Morning Market, dessinent un contexte favorable pour les entreprises de taille intermédiaire chinoises, souvent perçues comme plus dynamiques que les grands groupes du pays.

Ce qu'il faut retenir

  • Les small et mid caps chinoises sont jugées plus attractives en raison de la hausse des salaires et de la montée du yuan.
  • Bertrand Haumesser, président d’Elea Capital, a détaillé cette tendance lors de l’émission Good Morning Market sur BFM Business ce 26 mai.
  • Les investisseurs privilégient ces valeurs pour leur potentiel de croissance et leur résilience face aux fluctuations macroéconomiques.

Un environnement économique chinois en mutation

La Chine, deuxième économie mondiale, continue de montrer des signes de transformation structurelle. Côté salaires, la progression constante des rémunérations reflète une main-d’œuvre de plus en plus qualifiée et une demande accrue en compétences spécialisées. « Les salaires augmentent, mais la productivité suit, ce qui rend ces entreprises plus compétitives à l’export », a précisé Bertrand Haumesser. Parallèlement, le yuan, la monnaie chinoise, s’est apprécié face à un panier de devises, renforçant l’attractivité des actifs libellés en yuans pour les investisseurs étrangers.

Cette double dynamique — salaires et devise — offre aux small et mid caps un avantage concurrentiel. « Les entreprises chinoises de taille moyenne bénéficient d’une meilleure flexibilité que les géants publics, tout en capitalisant sur un marché intérieur en expansion », a ajouté Haumesser. Les secteurs les plus exposés incluent la technologie, les biotechnologies et les services financiers, où l’innovation locale prend le relais des investissements étrangers.

Les small et mid caps, un choix stratégique pour les portefeuilles

Face à un marché chinois en pleine mutation, les investisseurs institutionnels et particuliers se tournent vers les small et mid caps pour diversifier leurs risques. Contrairement aux grands groupes souvent liés à des secteurs traditionnels ou à des politiques étatiques, ces entreprises offrent une exposition à des niches porteuses. « On assiste à une réallocation des capitaux vers des valeurs moins corrélées aux cycles économiques globaux, mais davantage ancrées dans l’économie réelle chinoise », explique Bertrand Haumesser.

L’argument du yuan joue également un rôle clé. Depuis le début de l’année, la devise s’est renforcée de près de 4 % face au dollar, une performance qui renchérit mécaniquement la valeur des actifs chinois pour les investisseurs étrangers. « Un yuan plus fort réduit le coût des importations de matières premières pour ces entreprises, tout en rendant leurs exportations légèrement moins compétitives — mais la demande intérieure compense souvent ce désavantage », souligne Haumesser.

Des risques persistants, mais un potentiel à exploiter

Malgré cet optimisme, les small et mid caps chinoises ne sont pas exemptes de défis. Les tensions commerciales avec les États-Unis, bien que temporairement apaisées, restent une épée de Damoclès. « La dépendance au marché américain est un sujet de préoccupation, surtout pour les entreprises technologiques », a rappelé Haumesser. Par ailleurs, la politique monétaire de la Chine, souvent perçue comme imprévisible, peut impacter la valorisation de ces actifs à court terme.

Cependant, les analystes s’accordent sur un point : la résilience de ces entreprises face aux chocs externes. « Historiquement, les small et mid caps chinoises ont su rebondir plus rapidement que les grandes capitalisations après une crise, grâce à leur agilité et leur ancrage local », a-t-il ajouté. Les investisseurs misent donc sur leur capacité à s’adapter aux nouvelles réalités économiques, qu’il s’agisse de la transition énergétique ou de l’évolution des habitudes de consommation.

Et maintenant ?

Pour les prochaines semaines, les observateurs s’attendent à une consolidation des positions sur les small et mid caps chinoises, dans l’attente d’indicateurs économiques plus précis. La publication des chiffres du PIB chinois pour le deuxième trimestre 2026, prévue début juillet, pourrait donner un nouvel éclairage sur la santé réelle de ces entreprises. En parallèle, l’évolution des négociations commerciales entre Pékin et Washington sera scrutée de près, tout comme les décisions de la Banque populaire de Chine concernant les taux d’intérêt.

Une tendance à suivre pour les investisseurs

Les small et mid caps chinoises pourraient ainsi devenir un pilier des stratégies d’investissement en Asie, surtout pour les portefeuilles axés sur la croissance à moyen terme. « Tant que la conjoncture reste favorable — avec des salaires en hausse et un yuan stable — ces valeurs devraient continuer à performer, même si une vigilance accrue est nécessaire sur les risques géopolitiques », résume Bertrand Haumesser. Les investisseurs seront donc bien avisés de surveiller de près ces indicateurs, tout en gardant en tête que la volatilité reste un paramètre inhérent à ce segment du marché.

À plus long terme, cette dynamique pourrait également inciter les grands groupes chinois à accélérer leur diversification vers des activités plus innovantes, en s’inspirant de l’agilité des small et mid caps. Une évolution qui, si elle se confirme, redessinerait durablement le paysage économique du pays.

Selon Bertrand Haumesser, président d’Elea Capital, ces entreprises sont souvent plus flexibles et innovantes que les grands groupes publics, tout en bénéficiant d’un ancrage local fort. Leur taille leur permet de s’adapter plus rapidement aux changements économiques, contrairement aux géants chinois, parfois ralentis par leur structure bureaucratique ou leur dépendance aux politiques étatiques.

Une devise plus forte comme le yuan renchérit mécaniquement la valeur des actifs chinois pour les investisseurs étrangers. Cependant, cela peut aussi réduire le coût des importations de matières premières pour ces entreprises, tout en rendant leurs exportations légèrement moins compétitives. L’impact net dépendra donc de leur exposition à l’export et à l’import.