Comme le rapporte RFI, les États-Unis ont notifié à l’Union africaine qu’ils ne reconduiraient pas leur soutien financier au Bureau d’appui des Nations unies en Somalie (UNSOS) au-delà de décembre 2026. Cette décision prive la Mission de l’Union africaine pour la stabilisation en Somalie (Aussom) de ressources essentielles, alors qu’elle déploie près de 12 000 soldats pour soutenir le gouvernement fédéral somalien face aux miliciens d’al-Shebab, affiliés à al-Qaïda.
Ce qu'il faut retenir
- Les États-Unis ont annoncé qu’ils ne financeraient plus l’UNSOS après décembre 2026, selon RFI.
- La Aussom, forte de 12 000 hommes, assure le soutien logistique et militaire au gouvernement somalien.
- Les miliciens d’al-Shebab, liés à al-Qaïda, représentent une menace persistante pour la stabilité du pays.
- L’arrêt des financements américains pourrait fragiliser la mission de l’UA, déjà sous pression.
Une mission cruciale pour la Somalie
Créée en 2007, la Aussom joue un rôle clé dans la lutte contre les groupes armés en Somalie. Ses troupes, issues de plusieurs pays africains, soutiennent les forces gouvernementales dans des opérations de sécurisation et de formation. « Sans les financements de l’UNSOS, la Aussom ne pourra plus garantir le soutien logistique et médical nécessaire à ses soldats », a précisé un diplomate africain cité par RFI. L’UNSOS, dépendant des contributions internationales, finance notamment les salaires, les équipements et les soins des casques bleus de l’UA.
Les États-Unis réévaluent leur engagement en Afrique
Cette annonce s’inscrit dans une réorientation stratégique des États-Unis en Afrique, marquée par une réduction progressive de leur présence militaire et financière. En 2025, Washington avait déjà réduit de 30 % son budget alloué aux missions de maintien de la paix en Afrique. « Les priorités américaines évoluent, et la Somalie ne figure plus en tête de liste », a indiqué un responsable du département d’État sous couvert d’anonymat. Les discussions entre l’UA et les États-Unis pour trouver une solution de substitution restent en cours, mais aucun accord n’a encore été formalisé.
La Somalie, en proie à l’instabilité depuis des décennies, dépend largement de l’aide internationale pour maintenir sa sécurité. En 2024, l’ONU estimait que 80 % du budget de l’armée somalienne était couvert par des financements étrangers, dont une partie provenait de l’UNSOS.
Les miliciens d’al-Shebab, une menace persistante
Les groupes armés, en particulier al-Shebab, profitent de chaque faiblesse des forces gouvernementales pour étendre leur emprise. En 2025, l’organisation a perpétré plus de 200 attaques dans le pays, causant la mort de centaines de civils et de militaires. « La Aussom est notre dernier rempart contre l’effondrement », a déclaré un porte-parole du gouvernement somalien. Sans son appui, Mogadiscio craint une résurgence des violences, avec un risque accru de fragmentation territoriale.
La décision américaine intervient alors que la Somalie tente de se reconstruire après des années de conflit. Les autorités somaliennes ont appelé à une « mobilisation internationale » pour éviter un vide sécuritaire. Reste à savoir si la communauté internationale répondra à l’urgence avant la fin de l’année 2026.
Un arrêt des financements américains priverait la Aussom de ressources vitales, comme les salaires des soldats, les équipements médicaux et logistiques. Selon RFI, cela pourrait entraîner une réduction des effectifs ou une baisse de l’efficacité des opérations, exposant davantage le gouvernement somalien à la menace d’al-Shebab.