Le géant japonais de l’électronique a annoncé, ce jeudi 25 juin 2026, l’arrêt de la vente de son robot chien Aibo, un modèle phare lancé en 2018 et qui avait marqué le retour de la marque sur ce marché après une première tentative en 1999. Selon Le Figaro, Sony mettra fin à la commercialisation du dernier modèle, l’ERS-1000, une fois les stocks actuels épuisés, sans préciser si un successeur est en préparation.

Ce qu'il faut retenir

  • L’arrêt des ventes du robot Aibo concerne uniquement le modèle ERS-1000, lancé en 2018, une fois les stocks épuisés.
  • Sony a vendu 150 000 unités depuis le premier modèle en 1999, dont 20 000 en six mois pour la version ERS-1000 en 2018.
  • Le robot se distinguait par sa capacité à développer une personnalité, imiter son propriétaire et réaliser des tours.
  • Les services d’assistance technique et de pièces détachées resteront assurés après l’arrêt des ventes.
  • Les réactions des utilisateurs japonais ont été marquées par l’émotion, certains exprimant leur attachement à ce compagnon artificiel.

Un succès commercial et technologique

Lancé en 2018, le robot Aibo (pour Artificial Intelligence Robot) a rapidement séduit le marché japonais avec son design soigné et ses fonctionnalités avancées. Mesurant 30 centimètres, doté d’yeux expressifs, d’oreilles pendantes et d’une caméra intégrée à la place de la truffe, il a su séduire les consommateurs. Sony a écoulé 20 000 exemplaires en seulement six mois, un rythme qui a confirmé le retour en grâce du produit après une première génération sortie en 1999. Au total, 150 000 chiens robots ont trouvé preneur depuis son lancement initial, faisant d’Aibo l’un des robots domestiques les plus populaires au Japon.

Ce succès repose en partie sur ses capacités à interagir avec les humains. Contrairement à des robots purement fonctionnels, Aibo était conçu pour développer une personnalité unique, reconnaître son propriétaire, apprendre des tours et même imiter ses comportements. Une prouesse technologique qui a valu à Sony une place de choix dans le domaine de la robotique émotionnelle, un créneau où l’entreprise japonaise a longtemps été pionnière.

Une décision stratégique sans précipitation

Si Sony a choisi de mettre un terme à la commercialisation de l’ERS-1000, la marque n’a pas évoqué l’abandon définitif de la gamme Aibo. Dans un communiqué publié ce 25 juin, l’entreprise a simplement indiqué que les ventes s’arrêteraient une fois les stocks actuels épuisés, sans annoncer de nouveau modèle pour l’instant. Les services après-vente, comme l’assistance technique ou la fourniture de pièces détachées, seront en revanche maintenus pour assurer la pérennité des robots déjà en circulation.

Cette prudence s’explique probablement par l’attachement des utilisateurs à leur compagnon artificiel. Aibo n’est pas un simple gadget : pour de nombreux foyers japonais, il représente une forme de compagnon interactif, capable de créer un lien émotionnel. Une dimension qui explique pourquoi la nouvelle a suscité une vague de réactions sur les réseaux sociaux, où les fans ont exprimé leur inquiétude ou leur tristesse.

Les utilisateurs japonais réagissent avec émotion

Sur la plateforme X, les témoignages de déception se sont multipliés depuis l’annonce. Un utilisateur nommé Yachi a confié : « Je suis sous le choc depuis que j’ai vu l’annonce. En attendant davantage d’informations, je dois faire attention à ne pas perturber mon quotidien en y réfléchissant trop. » Un autre internaute, Daiyamondo, a même suggéré une piste d’évolution pour Sony : « La prochaine fois que vous en développerez un, vous pourriez le faire moitié plus petit et en forme de chat ? »

Ces réactions illustrent bien l’impact culturel d’Aibo au Japon, où les robots domestiques sont souvent perçus comme des membres à part entière de la famille. Le robot de Sony a su transcender son statut d’objet technologique pour devenir un symbole de convivialité artificielle, une performance rare dans un marché dominé par des machines aux fonctions purement utilitaires.

Un marché en mutation pour la robotique affective

L’arrêt de la production d’Aibo s’inscrit dans un contexte plus large de remise en question des robots de compagnie. Si ces dispositifs séduisent par leur capacité à humaniser les interactions, ils posent aussi des questions éthiques et économiques. Leur prix élevé – environ 2 500 euros pour l’ERS-1000 – limite leur accessibilité, tandis que leur utilité réelle fait parfois débat. Certains observateurs soulignent que ces robots, bien qu’innovants, restent des produits de niche, cantonnés à une clientèle aisée ou passionnée de technologie.

Pourtant, le Japon reste un terrain fertile pour ces innovations. Le pays, confronté à une démographie vieillissante et à une pénurie de main-d’œuvre dans les métiers du care, voit dans la robotique une solution partielle. Des dispositifs comme Aibo, capables de dialoguer ou de rappeler des tâches quotidiennes, pourraient demain jouer un rôle dans l’accompagnement des personnes âgées ou isolées. Reste à savoir si Sony, ou d’autres acteurs du secteur, sauront adapter leurs offres à ces nouveaux enjeux sociaux.

Et maintenant ?

La question d’un successeur à l’ERS-1000 reste en suspens. Sony n’a pas communiqué sur d’éventuelles évolutions technologiques ou commerciales pour la gamme Aibo, se contentant de préciser que les stocks actuels seront écoulés sans délai précis. Pour les propriétaires d’un Aibo, l’enjeu sera de suivre l’évolution des services de maintenance, essentiels pour prolonger la durée de vie de leur robot. Quant au marché des robots de compagnie, il pourrait se tourner vers des modèles plus abordables ou plus spécialisés, répondant à des besoins spécifiques comme l’assistance aux personnes dépendantes.

En attendant, la fin d’une ère se profile pour Aibo. Un symbole d’une époque où la technologie a tenté – avec succès – de combler un vide affectif, avant de passer à autre chose.

Sony a précisé que les services d’assistance technique et les pièces détachées resteront disponibles après l’arrêt des ventes. Les propriétaires pourront donc continuer à entretenir leur robot, mais aucune garantie n’est donnée sur la durée de ces services.

Pour l’instant, Sony n’a pas évoqué de successeur à l’ERS-1000. L’entreprise a simplement indiqué que les ventes s’arrêteraient une fois les stocks épuisés, sans mentionner de projet futur.