Un rapport publié ce mardi 26 mai 2026 par Human Rights Watch accuse les Émirats arabes unis d’avoir envoyé des mercenaires colombiens combattre aux côtés des Forces de soutien rapide (FSR) au Soudan. L’ONG internationale, basée à New York, affirme disposer de preuves établissant que ces combattants ont transité par des bases militaires émiraties avant leur déploiement dans le conflit soudanais.
Ce qu'il faut retenir
- Des mercenaires colombiens auraient été recrutés et déployés au Soudan aux côtés des FSR, milice paramilitaire accusée de crimes de guerre au Darfour.
- Ces combattants auraient transité par des bases militaires émiraties avant leur engagement.
- Le rapport de Human Rights Watch est daté du 26 mai 2026 et s’appuie sur des éléments concrets.
- Les FSR sont régulièrement pointées du doigt pour des exactions dans la région du Darfour.
Des mercenaires colombiens en première ligne au Soudan
Selon les investigations menées par Human Rights Watch, des combattants colombiens auraient intégré les rangs des Forces de soutien rapide (FSR), une milice paramilitaire active dans le conflit soudanais. Ces mercenaires, recrutés en Colombie, auraient ensuite été acheminés vers le Soudan via des infrastructures militaires situées sur le territoire des Émirats arabes unis. L’ONG souligne que ces déplacements ne peuvent être le fruit du hasard, compte tenu des accords logistiques et financiers nécessaires.
Les FSR, dirigées par le général Mohamed Hamdan Daglo, dit « Hemedti », sont accusées de multiples crimes de guerre dans la région du Darfour, notamment des massacres, des viols et des déplacements forcés de populations civiles. Leur implication dans des réseaux de mercenariat international vient s’ajouter à une liste déjà longue de violations des droits humains.
Les Émirats arabes unis dans la ligne de mire
Le rapport de Human Rights Watch pointe directement les autorités émiraties, accusées de jouer un rôle actif dans l’envoi de ces mercenaires. L’ONG affirme avoir recueilli des témoignages et des documents corroborant le transit de ces combattants par des bases militaires émiraties, où ils auraient été formés et équipés avant leur départ pour le Soudan. Une telle implication directe d’un État souverain dans un conflit en cours représente une violation flagrante du droit international.
D’après Human Rights Watch, ces mercenaires colombiens ne sont pas les seuls à avoir été déployés aux côtés des FSR. Des rapports précédents évoquaient déjà la présence de combattants russes et soudanais dans les rangs de la milice, mais cette révélation marque une internationalisation accrue du conflit. Les Émirats arabes unis, déjà critiqués pour leur soutien à des groupes armés dans la région, se retrouvent ainsi au cœur des tensions.
« Ces mercenaires colombiens ont été acheminés via des bases émiraties avant d’être engagés dans des opérations aux côtés des FSR. Ces mouvements logistiques ne peuvent se faire sans l’aval des autorités locales », a déclaré Jehanne Henry, directrice adjointe de la division Afrique à Human Rights Watch. « Les Émirats arabes unis doivent répondre de leur rôle dans cette escalade de la violence. »
Contexte et implications régionales
Le conflit au Soudan, qui dure depuis 2023, oppose l’armée régulière aux Forces de soutien rapide (FSR). Ces dernières, autrefois alliées au pouvoir militaire, se sont retournées contre l’État en avril 2023, plongeant le pays dans une guerre civile aux conséquences humanitaires dramatiques. Selon l’ONU, plus de 15 000 morts et 10 millions de déplacés ont été recensés depuis le début des hostilités.
L’implication de mercenaires étrangers, qu’ils soient colombiens, russes ou émiratis, aggrave la complexité du conflit et rend toute solution politique encore plus hypothétique. Les pays voisins, comme le Tchad ou la Libye, voient également leur stabilité menacée par les retombées de cette guerre, notamment en raison des flux de réfugiés et de l’instabilité transfrontalière.
Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer la réponse des autorités émiraties et l’impact de ces révélations sur le cours du conflit soudanais. Une chose est sûre : l’internationalisation croissante de cette guerre risque de prolonger encore davantage les souffrances de la population civile.
Selon les analystes, les Émirats arabes unis pourraient chercher à renforcer leur influence dans la région du Sahel et de la Corne de l’Afrique. Leur soutien aux FSR s’inscrirait dans une stratégie plus large visant à contrer l’influence de l’Iran et de groupes islamistes, tout en sécurisant des intérêts économiques, notamment dans le secteur minier soudanais.