Près de 100 000 habitants du Soudan du Sud ont quitté le pays en mars pour se réfugier en Éthiopie, selon une estimation communiquée par l’Unicef le 17 mars 2026. Cette fuite massive fait suite à l’ordre donné par l’armée sud-soudanaise à la population de quitter une zone contrôlée par l’opposition armée. Une décision qui ravive les craintes d’un retour aux violences d’une guerre civile qui a marqué l’histoire récente de ce jeune État, indépendant depuis seulement 2011.
Selon Le Monde, cette crise humanitaire s’inscrit dans un contexte politique toujours aussi tendu entre les forces gouvernementales, dirigées par le président Salva Kiir, et les milices d’opposition menées par l’ancien vice-président Riek Machar. Deux figures issues des groupes ethniques les plus représentés au Soudan du Sud, qui en compte 64 au total.
Ce qu'il faut retenir
- 100 000 civils ont fui vers l’Éthiopie en mars 2026, selon l’Unicef, après un ordre de l’armée sud-soudanaise.
- Ce déplacement s’ajoute à une histoire de violences : en 2013, seulement deux ans après son indépendance, le pays bascule dans une guerre civile ayant fait plus de 400 000 morts.
- Le conflit oppose depuis des années le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar, tous deux issus des principaux groupes ethniques du pays.
- Les affrontements actuels risquent de plonger le Soudan du Sud dans une nouvelle spirale de violences, alors que la situation humanitaire reste déjà très précaire.
Un déplacement de population sans précédent depuis le début des violences
En l’espace d’un seul mois, près de 100 000 personnes ont franchi la frontière pour se mettre à l’abri en Éthiopie. Un chiffre communiqué par l’Unicef le 17 mars 2026, qui illustre l’ampleur des tensions récentes dans une région déjà fragilisée par des années de conflits. L’ordre donné par l’armée sud-soudanaise d’évacuer une zone contrôlée par l’opposition a précipité cette fuite massive, créant une crise humanitaire supplémentaire dans une région déjà sous pression.
Ce déplacement rappelle ceux qui avaient eu lieu lors des pires moments de la guerre civile de 2013, lorsque des millions de Sud-Soudanais avaient été contraints de quitter leurs foyers. Depuis, le pays peine à se reconstruire, malgré l’accord de paix signé en 2018 entre Salva Kiir et Riek Machar.
Le retour en arrière : une guerre civile aux racines profondes
Le Soudan du Sud a obtenu son indépendance du Soudan en 2011, après des décennies de guerre. Mais la paix n’a duré que deux ans. En 2013, des tensions politiques entre Salva Kiir, un Dinka, et Riek Machar, un Nuer, dégénèrent en une guerre civile sanglante. Selon les Nations unies, ce conflit a fait plus de 400 000 morts et provoqué le déplacement de plus de quatre millions de personnes.
Les combats opposent principalement l’armée régulière, fidèle au président Kiir, et les milices d’opposition, soutenues par Machar. Ces affrontements ont souvent pris une dimension ethnique, les deux camps s’appuyant sur leurs groupes respectifs, Dinka pour le gouvernement et Nuer pour l’opposition. Une division qui a alimenté les cycles de vengeance et rendu toute réconciliation extrêmement difficile.
« Les raisons du conflit entre Salva Kiir et Riek Machar plongent dans des rivalités ethniques et politiques qui remontent à des décennies. Leur opposition menace toujours la stabilité du pays. »
Une situation humanitaire toujours plus critique
Le déplacement de population en mars 2026 n’est que la partie émergée d’une crise humanitaire qui s’aggrave depuis plusieurs mois. Les ONG sur place signalent une augmentation des violences intercommunautaires, des pénuries alimentaires et un accès de plus en plus difficile aux soins pour les populations civiles. Les camps de réfugiés, déjà saturés, peinent à absorber l’afflux de nouveaux arrivants.
Selon les dernières estimations, près de 2,5 millions de Sud-Soudanais vivent aujourd’hui en exil, principalement en Ouganda, au Kenya et en Éthiopie. Une situation qui met à rude épreuve les systèmes d’accueil de ces pays voisins, souvent eux-mêmes en proie à des difficultés économiques et sociales.
Les signes avant-coureurs d’un nouveau conflit ?
Les observateurs s’inquiètent d’une possible résurgence des combats à grande échelle. Les tensions entre les forces gouvernementales et l’opposition armée se sont multipliées ces derniers mois, notamment dans les États de Jonglei, du Haut-Nil et de l’Équatoria-Central, zones stratégiques pour le contrôle des ressources naturelles.
L’ordre militaire d’évacuer les zones sous contrôle de l’opposition en mars 2026 a été perçu comme une provocation par les milices rebelles. Plusieurs affrontements ont déjà été signalés dans ces régions, faisant craindre une escalade rapide. Les autorités de Juba, la capitale, affirment vouloir « restaurer l’ordre », mais leurs méthodes risquent d’attiser davantage les violences plutôt que de les apaiser.
Pour l’heure, le président Salva Kiir et l’ancien vice-président Riek Machar n’ont pas encore fait de déclaration commune. Leur silence alimente les spéculations sur leurs intentions réelles, alors que le pays semble à nouveau au bord du précipice.
Le conflit oppose Salva Kiir, un Dinka, et Riek Machar, un Nuer, deux groupes ethniques majoritaires au Soudan du Sud. Leur rivalité politique, qui remonte à l’époque pré-indépendance, s’est transformée en guerre civile en 2013, alimentée par des luttes de pouvoir et des tensions intercommunautaires. Malgré l’accord de paix de 2018, les tensions persistent, notamment sur la répartition des ressources et des postes politiques.
La crise actuelle a déjà provoqué le déplacement de près de 100 000 personnes en mars 2026, ajoutant à la pression sur les camps de réfugiés déjà saturés dans les pays voisins. Les ONG craignent une aggravation des pénuries alimentaires, une recrudescence des maladies et un accès limité aux soins pour les populations civiles. Sans intervention rapide, la situation pourrait devenir ingérable, avec des risques de famine et d’épidémies.
