Depuis début avril 2023, le Soudan est plongé dans une guerre fratricide qui oppose les Forces armées soudanaises (FAS) dirigées par le général Abdel Fattah Al-Burhan et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) menés par Mohamed Hamdane Daglo, dit « Hemeti ». Selon Courrier International, cette guerre a transformé le rêve de liberté né du renversement du régime dictatorial d’Omar Al-Bachir en véritable cauchemar.
Navid Kermani, écrivain et journaliste allemand, a effectué un périple dans ce Soudan en guerre, rapporté par la Süddeutsche Zeitung. Son voyage l’a mené jusqu’aux pyramides de Gebel Barkal, à 500 kilomètres au nord de Khartoum, la capitale dévastée par les combats. La ville avait été prise par les FSR au début du conflit, avant que l’armée régulière ne les en chasse, au printemps 2025.
Ce qu'il faut retenir
- Le Soudan est en guerre depuis début avril 2023.
- Les Forces armées soudanaises (FAS) et les Forces de soutien rapide (FSR) s’affrontent.
- La capitale, Khartoum, a été dévastée par les combats.
- Les civils, notamment les femmes et les enfants, sont les principales victimes de ce conflit.
- Le pays est oublié par la communauté internationale.
La situation actuelle
Dans la boutique du seul libraire qui a rouvert au centre-ville de Khartoum ou dans la mosquée de Mahdia, la souffrance subsiste malgré les visages souriants. Navid Kermani a rencontré Anna, une femme victime de multiples viols commis par des miliciens des FSR. Alors qu’elle livre son témoignage, le visage endormi de sa petite fille Shomus repose sur ses genoux. L’enfant a été conçue lors d’un de ces viols. « J’ai appris à haïr ce qu’on appelle l’homme », déclare sobrement la jeune femme.
Guidé par Talal Mohammad Zubair, un jeune documentariste ayant participé à la révolution contre Omar Al-Bachir, Mohammad Hilou, son chauffeur, et Al-Fatteh Osman, responsable de sa sécurité, Navid Kermani s’est enfoncé dans le désert en direction du Kordofan, la région du sud du pays, pour se rendre à El-Obeid, assiégée par les FSR. Mais l’équipe a rebroussé chemin, car « beaucoup craignent qu’un massacre comme celui d’El-Fasher [survenu en octobre 2025] s’y produise ».
Les conséquences du conflit
Le conflit a déjà fait de nombreuses victimes, notamment des civils. À Al-Sariha, un village situé à quelques kilomètres d’El-Obeid, les FSR ont envahi le village, tuant 450 personnes, dont 449 hommes. Le père de deux enfants, âgé de 35 ans, a été tué alors qu’il tentait de retenir les miliciens pour laisser le temps aux femmes et aux enfants de s’enfuir.
Malgré la souffrance et les destructions, la vie tente de reprendre son cours. « Il te faut un demi-centimètre d’espoir pour survivre », confie Mohammad Abdin, le grand-père des deux enfants. Navid Kermani a également rencontré un jeune homme qui chantait le Coran avec tristesse et beauté près des pyramides de Gebel Barkal.
La situation au Soudan est complexe et nécessite une attention particulière de la part de la communauté internationale. Il est essentiel de soutenir les populations touchées par le conflit et de trouver une solution durable pour mettre fin aux hostilités.