Avec le succès du onzième vol d’essai du Starship, SpaceX entre dans une phase décisive pour le programme Artemis. Selon Futura Sciences, l’année 2026 s’annonce comme un tournant pour l’entreprise d’Elon Musk, alors qu’elle doit démontrer la fiabilité de sa fusée dans le cadre des missions lunaires habitées.

Ce qu'il faut retenir

  • En 2026, SpaceX devra réussir deux tests orbitaux cruciaux pour valider la capacité du Starship à ravitailler en orbite et à assurer des missions lunaires.
  • Le Starship HLS, version dédiée à l’alunissage, doit être prêt pour un amarrage avec le vaisseau Orion de la NASA dès 2027, dans le cadre de la mission Artemis III.
  • Le développement de la cabine habitable du Starship HLS est désormais en phase finale, intégrant tous les systèmes nécessaires à la survie des astronautes sur la Lune.
  • Le budget déjà engagé dans le programme Starship dépasse les 15 milliards de dollars, sans garantie de succès, selon des documents internes révélés en vue d’une entrée en bourse.
  • La maîtrise du ravitaillement en orbite et du transfert de propergol entre deux vaisseaux est un défi technologique sans précédent, essentiel pour les missions lunaires et au-delà.

Un calendrier sous haute tension pour SpaceX et la NASA

Alors que le Starship V3 vient d’effectuer son premier vol avec succès, la pression s’intensifie pour SpaceX. Selon Futura Sciences, l’entreprise doit franchir plusieurs étapes majeures d’ici la fin de l’année 2026 pour valider sa participation aux missions Artemis de la NASA. Le Starship HLS, version modifiée du vaisseau standard, est conçu pour alunir et redécoller avec un équipage à bord. Son amarrage avec le vaisseau Orion, habité, en orbite terrestre, constitue un exercice clé prévu dès fin 2027 pour la mission Artemis III.

Cette mission marquera le retour des humains sur la Lune, plus de cinquante ans après Apollo 17. Contrairement aux missions historiques, l’objectif n’est plus seulement symbolique : il s’agit d’établir une présence durable sur notre satellite. Pour y parvenir, SpaceX mise sur une architecture innovante, où le ravitaillement en orbite jouera un rôle central. Mais avant cela, il faudra convaincre la NASA de la fiabilité du système.

La cabine du Starship HLS : un concentré de technologies pour survivre sur la Lune

Dans les ateliers de SpaceX, la construction de la cabine du Starship HLS est désormais bien avancée. Contrairement à un simple prototype, cette cabine est conçue pour voler. Elle intègre l’ensemble des systèmes critiques pour la survie et le travail des astronautes : avionique, alimentation électrique, contrôle environnemental, communications et régulation thermique. « Cette cabine capable de voler permettra aux ingénieurs de démontrer une grande maturité de conception des différents systèmes nécessaires pour prendre en charge un atterrissage humain sur la Lune », a précisé l’entreprise dans un communiqué.

Au-delà de son rôle technique, cette cabine servira également de simulateur d’entraînement ultra-réaliste pour les futurs explorateurs lunaires. Les astronautes des missions Artemis s’y prépareront dans un environnement fidèle à celui qu’ils rencontreront sur la Lune. Une étape indispensable pour anticiper les conditions extrêmes de l’espace profond.

Deux tests orbitaux en 2026 : la clé de la réussite des missions lunaires

Pour SpaceX, l’année 2026 sera placée sous le signe de deux démonstrations technologiques majeures, dont la réussite conditionne la faisabilité des missions lunaires habitées. Le premier test consistera à envoyer un Starship V3 en orbite terrestre pour une mission de longue durée. L’objectif ? Collecter des données sur le comportement du vaisseau dans l’espace, notamment sur les performances de propulsion, le stockage des propergols cryogéniques (méthane et oxygène liquides) et la gestion du boil-off, c’est-à-dire l’évaporation naturelle des ergols à très basse température. Ce phénomène, inévitable dans l’espace, réduit progressivement les réserves de carburant et doit être maîtrisé pour garantir l’autonomie du vaisseau.

Le second test, encore plus ambitieux, portera sur le transfert de propergol entre deux vaisseaux en orbite. Cette manœuvre inédite à cette échelle est indispensable, car un Starship HLS ne peut emporter suffisamment de carburant depuis la Terre pour un aller-retour lunaire complet. La solution envisagée par SpaceX repose sur des vaisseaux « pétroliers » qui ravitailleront le Starship HLS en orbite avant son départ vers la Lune. Grâce à ce système, le vaisseau pourra transporter jusqu’à 100 tonnes de charge utile à la surface lunaire, ouvrant la voie à l’installation d’infrastructures durables.

Des innovations technologiques pour relever les défis orbitaux

Pour réussir ces tests, SpaceX s’appuie sur plusieurs avancées technologiques développées en parallèle. Les Starship V3 sont équipés de ports d’amarrage repensés, permettant de configurer certains vaisseaux en « pétroliers ». Les capteurs DragonEye, déjà utilisés avec succès pour les amarrages du vaisseau Dragon à la Station spatiale internationale, ont été adaptés pour le Starship. Leur fiabilité est cruciale pour le rendez-vous orbital entre les deux vaisseaux.

Un autre défi majeur réside dans la mesure précise du carburant restant dans les réservoirs en microgravité. Les liquides ne se comportent pas comme sur Terre : ils flottent librement, rendant la mesure complexe. SpaceX a développé des capteurs expérimentaux basés sur des mesures radiofréquences, déjà testés lors des récents vols d’essai. Ces données sont essentielles pour planifier en toute sécurité le transfert de propergol.

Et maintenant ?

Si les tests de 2026 sont concluants, SpaceX aura franchi une étape majeure vers la réalisation des missions Artemis. Pour autant, la route reste semée d’embûches. La NASA, qui mise sur SpaceX pour son retour sur la Lune, devra valider l’ensemble de la chaîne opérationnelle, y compris les amarrages en orbite et les alunissages. Les retards éventuels dans le programme pourraient repousser Artemis III à 2028, voire 2029. Quant aux missions habitées vers Mars, elles dépendront largement de la maîtrise du ravitaillement orbital, un défi qui dépasse le cadre lunaire.

Quoi qu’il en soit, 2026 s’annonce comme une année charnière. Entre innovation technologique et pression des échéances, SpaceX et la NASA jouent gros. L’enjeu n’est pas seulement de marcher à nouveau sur la Lune, mais de poser les bases d’une exploration spatiale durable. Et pour y parvenir, chaque essai compte double.

Le Starship HLS ne peut pas emporter suffisamment de carburant depuis la Terre pour un aller-retour lunaire complet en raison des limites physiques des lanceurs actuels. Le ravitaillement en orbite permet de transporter le propergol nécessaire en plusieurs étapes, augmentant ainsi la capacité de charge utile que le vaisseau peut déposer sur la Lune.