Le géant spatial SpaceX, fondé par Elon Musk en 2002, s'apprête à entrer en Bourse ce vendredi 12 juin à New York dans le cadre de la plus importante introduction en Bourse de l'histoire. Selon BFM Bourse, cette opération financière record, évaluée à 75 milliards de dollars, suscite des interrogations quant à ses répercussions potentielles sur les marchés actions mondiaux, notamment Wall Street et le CAC 40.

Ce qu'il faut retenir

  • SpaceX va lever 75 milliards de dollars via l'émission de 555,6 millions d'actions à 135 dollars chacune, dépassant le précédent record de Saudi Aramco en 2019 (25,6 milliards)
  • La capitalisation boursière théorique de SpaceX atteindrait 1 770 milliards de dollars, ce qui en ferait l'une des 10 plus grandes entreprises cotées au monde
  • Deux autres méga-introductions en Bourse, celles d'OpenAI et Anthropic, pourraient suivre dans les prochains mois, avec des valorisations estimées à 852 et 965 milliards de dollars respectivement
  • Les analystes anticipent une volatilité accrue à court terme, mais estiment que le marché dispose de suffisamment de liquidités pour absorber ces flux
  • Les experts de HSBC et Deutsche Bank estiment que ces introductions pourraient coïncider avec une demande forte et des rendements boursiers solides

Un record historique qui marque l'histoire financière

SpaceX, entreprise spécialisée dans l'aérospatial, les satellites et l'intelligence artificielle, s'apprête à réaliser une entrée fracassante à la Bourse de New York. Selon son prospectus déposé auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC), la société prévoit d'émettre 555,6 millions d'actions nouvelles à un prix unitaire de 135 dollars. Cette opération permettrait de lever un total de 75 milliards de dollars, pulvérisant ainsi le précédent record détenu depuis 2019 par Saudi Aramco avec 25,6 milliards de dollars.

Avec une capitalisation boursière théorique de 1 770 milliards de dollars, SpaceX figurerait parmi les dix plus grandes entreprises cotées au niveau mondial. À titre de comparaison, Saudi Aramco avait atteint une valorisation maximale de 1 880 milliards de dollars en 2019. Cette opération confirme l'appétit des investisseurs pour les valeurs technologiques et spatiales, portées par des perspectives de croissance exceptionnelles.

Trois méga-introductions en Bourse pourraient bouleverser les marchés

L'entrée de SpaceX en Bourse n'est que le début d'une série d'opérations financières d'envergure. Selon BFM Bourse, les start-ups spécialisées dans l'intelligence artificielle, OpenAI et Anthropic — respectivement créatrices des modèles de langage d'IA Claude et ChatGPT — ont déjà déposé des documents confidentiels auprès de la SEC. Ces entreprises pourraient ainsi procéder à leur introduction en Bourse dans les mois à venir, lorsque les conditions de marché seront jugées favorables.

Félix Baron, auteur de la lettre Les Investisseurs indépendants, souligne que « l'euphorie actuelle autour des valeurs technologiques explique en grande partie l'arrivée de SpaceX à Wall Street ». Avec des valorisations pré-introduction estimées à 852 milliards de dollars pour OpenAI et 965 milliards pour Anthropic, ces opérations pourraient, à elles trois, représenter près de 300 milliards de dollars levés en 2026. Un montant qui n'a pas été atteint depuis 2021.

Un risque de volatilité à court terme, mais des perspectives optimistes

L'anticipation de ces méga-introductions suscite des craintes quant à un possible stress sur les marchés. Dan Ives, analyste spécialisé dans la tech chez Wedbush, a indiqué dans une note que « l'arrivée de SpaceX a déjà entraîné une volatilité accrue, notamment dans le secteur technologique ». Certains investisseurs craignent en effet que ces opérations ne détournent des capitaux des autres valeurs du secteur, privant notamment les entreprises de semi-conducteurs d'une partie de leur liquidité.

Pour autant, Dan Ives nuance ces craintes en précisant que « cette perturbation devrait n'être qu'un simple accroc à court terme, le temps que le marché s'adapte à la présence de ce nouveau titan technologique ». Les spécialistes s'accordent en effet à penser que ces introductions en Bourse sont le reflet d'une demande forte et d'une dynamique économique saine, plutôt que le signe d'un excès d'offre.

« Les vagues d'émissions d'actions coïncident généralement avec de solides rendements boursiers, et non avec des tensions sur les marchés. La raison en est que les entreprises ont tendance à émettre des actions lorsque la demande est forte, que la dynamique des bénéfices est saine et que l'appétit pour le risque des investisseurs est élevé. »

Jim Reid, chef de la stratégie de Deutsche Bank, dans une note publiée le 10 juin 2026

Un marché capable d'absorber ces flux financiers

Les stratégistes de Deutsche Bank estiment que la période actuelle est marquée par une « très forte demande pour les marchés actions », avec des afflux de capitaux importants et une croissance soutenue des bénéfices des entreprises. « C'est la bonne santé des marchés qui entraîne les émissions, et non l'inverse », résume Jim Reid. Selon lui, cette dynamique devrait permettre d'absorber les flux liés aux introductions en Bourse sans provoquer de tensions majeures.

HSBC partage cette analyse dans une note publiée le 9 juin. La banque sino-britannique estime que les risques liés à ces opérations sont « intégrés dans les cours voire exagérés ». Elle anticipe que les entreprises américaines, dont SpaceX, OpenAI et Anthropic, pourraient lever jusqu'à 300 milliards de dollars en 2026, un niveau proche des records de 2021. « Nous constatons une demande suffisante pour absorber ces flux », assure HSBC.

Les craintes résiduelles et les défis à venir

Malgré cet optimisme, des inquiétudes persistent. HSBC met en garde contre les « informations qui pourraient être divulguées » lors de ces introductions, notamment en ce qui concerne le coût réel de l'IA et sa monétisation. « Ce qui nous préoccupe le plus, ce sont les révélations sur le retour sur investissement dans l'IA », explique la banque. Par ailleurs, John Plassard, expert en marchés, a prévenu dans une émission de BFM Business que « certains investisseurs pourraient être tentés de vendre des positions existantes pour participer à ces introductions ultra-médiatisées », ce qui pourrait générer des tensions ponctuelles.

Un autre point de vigilance concerne l'impact sur les « Sept magnifiques » — Apple, Amazon, Alphabet, Meta, Microsoft, Nvidia et Tesla. HSBC estime « peu probable » que les fonds actifs financent leurs prises de position sur SpaceX, OpenAI ou Anthropic en vendant ces valeurs, celles-ci étant déjà sous-pondérées dans leurs portefeuilles.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l'impact réel de l'introduction en Bourse de SpaceX. Si l'opération se déroule sans encombre, elle pourrait servir de catalyseur pour les introductions d'OpenAI et Anthropic, attendues d'ici la fin de l'année. Les marchés devraient ainsi tester leur capacité à absorber des levées de fonds d'une telle envergure sans générer de déséquilibres majeurs. La réaction des investisseurs et des régulateurs dans les jours à venir sera scrutée de près par l'ensemble de la communauté financière.

En attendant, les analystes s'accordent à penser que, malgré une volatilité accrue à court terme, ces méga-introductions reflètent avant tout la robustesse du marché technologique et son appétit pour l'innovation. Reste à savoir si cette dynamique pourra se maintenir face à des valorisations aussi élevées.

Les introductions en Bourse d'OpenAI et Anthropic, deux acteurs majeurs de l'intelligence artificielle, pourraient intervenir d'ici la fin de l'année 2026. Ces deux entreprises ont déjà déposé des documents confidentiels auprès de la SEC, leur permettant de procéder à leur entrée en Bourse lorsque les conditions de marché seront jugées favorables.

Les craintes portent principalement sur leur capacité à absorber des flux financiers aussi importants sans générer de tensions sur les marchés. Certains investisseurs redoutent également que ces opérations ne détournent des capitaux d'autres secteurs, notamment celui des semi-conducteurs. Cependant, les analystes estiment que la demande actuelle est suffisamment forte pour éviter un déséquilibre majeur.