Dans la nuit du 22 au 23 mai 2026, SpaceX a réalisé le douzième vol d’essai de sa fusée Starship, marquant également le premier lancement de la troisième génération du lanceur. Selon Numerama, cette mission, très attendue, s’est globalement bien déroulée malgré plusieurs anomalies techniques signalées en fin de vol.

Ce qu'il faut retenir

  • Premier vol du Starship V3, avec un lanceur Super Heavy révisé et une nouvelle version des moteurs
  • Plusieurs ratés techniques ont été observés, notamment sur le premier étage et certains moteurs Raptor
  • La séquence de rallumage des moteurs dans l’espace n’a pas été effectuée
  • Le vaisseau a fini par exploser en mer après son amerrissage dans l’océan Indien
  • SpaceX a publié une vidéo inédite montrant les ultimes secondes de la manœuvre de bascule avant l’impact

Ce vol inaugural de la génération V3 du Starship s’inscrit dans la continuité des tests menés par SpaceX pour affiner sa fusée géante, conçue pour des missions vers la Lune et Mars. Selon les données communiquées par l’entreprise, le lanceur Super Heavy, entièrement remanié, et le vaisseau Starship ont été testés pour la première fois ensemble. Le décollage a eu lieu depuis la base de Boca Chica, au Texas, comme à l’accoutumée pour les essais de SpaceX.

Un vol marqué par des succès relatifs et des échecs techniques

Si la mission a été globalement considérée comme réussie par SpaceX, plusieurs problèmes ont été identifiés en cours de vol. D’après les informations rapportées par Numerama, certains moteurs du premier étage ont montré des signes de dysfonctionnement, tandis que la séquence de rallumage des moteurs Raptor dans le vide spatial a été annulée. Ces ratés n’ont pas empêché le vaisseau de poursuivre sa trajectoire, mais ils ont contribué à compliquer la phase finale de l’amerrissage.

Le Starship a tenté de se réorienter pour adopter une position verticale avant de toucher l’eau, une manœuvre essentielle pour les futurs vols habités. Une vidéo inédite, partagée par SpaceX après le test, montre précisément cette ultime bascule. On y distingue le déclenchement de deux des trois moteurs chargés de ralentir la chute du vaisseau. Le troisième moteur, en revanche, n’a pas fonctionné, ce qui a perturbé la stabilisation. Les moteurs, capables de s’orienter, ont tenté de corriger la trajectoire, mais sans succès complet.

L’explosion finale captée par les drones de SpaceX

La vidéo diffusée par SpaceX s’arrête avant l’explosion, montrant uniquement l’emballement des moteurs et le panache de vapeur généré par leur action. Ce n’est qu’après la diffusion de ce clip que le vaisseau a basculé complètement, heurtant l’océan par son flanc. « Le contact avec l’eau a immédiatement provoqué une détonation », a indiqué un porte-parole de l’entreprise, confirmant la destruction totale du Starship à ce moment-là. Une capture réalisée par drone a cependant permis d’immortaliser ces dernières secondes, montrant l’engin en flammes avant de disparaître sous les flots.

Cet échec final rappelle que les tests de SpaceX, bien que souvent présentés comme des succès, restent des étapes délicates. Chaque vol permet d’identifier des points d’amélioration, qu’il s’agisse de la propulsion, de la stabilité ou des systèmes de contrôle. Les équipes techniques disposent désormais de plusieurs semaines pour analyser l’ensemble des données, avant de préparer le prochain essai, une fois les corrections apportées.

Et maintenant ?

SpaceX n’a pas annoncé de date précise pour le prochain vol du Starship V3, mais l’entreprise a d’ores et déjà confirmé que les enseignements tirés de ce douzième essai seront intégrés aux préparatifs du treizième lancement. Les prochaines semaines seront consacrées à l’étude des défaillances – moteurs, stabilisation, séquence de rallumage – pour renforcer la fiabilité du lanceur. D’ici la fin de l’année, SpaceX pourrait tenter un nouvel essai, sous réserve que les corrections nécessaires soient apportées et validées par la Federal Aviation Administration (FAA).

Un programme ambitieux malgré les aléas

Le Starship V3 représente une évolution majeure pour SpaceX, avec des améliorations techniques destinées à accroître sa capacité de charge et sa réutilisabilité. Ce modèle est conçu pour transporter jusqu’à 150 tonnes de fret en orbite basse, un gain significatif par rapport aux versions précédentes. La réussite de ce vol, malgré ses imperfections, confirme la progression de l’entreprise dans le développement de sa fusée géante, malgré les défis persistants.

Les ambitions de SpaceX ne se limitent pas à des tests techniques. Le Starship est également le véhicule retenu par la NASA pour les missions Artemis, prévues pour ramener des astronautes sur la Lune d’ici 2027. Un retard ou un échec prolongé sur les essais du Starship pourrait donc impacter le calendrier du programme lunaire américain. Les prochains mois seront donc cruciaux non seulement pour SpaceX, mais aussi pour l’ensemble de l’industrie spatiale, qui compte sur cette fusée pour les prochaines étapes de l’exploration habitée.

Une vidéo technique qui illustre les défis du retour contrôlé

La séquence vidéo publiée par SpaceX offre un aperçu rare des dernières secondes de vol d’un Starship avant son amerrissage. Elle met en lumière les défis techniques liés au retour contrôlé d’un engin spatial de cette taille. La manœuvre de bascule, destinée à positionner le vaisseau verticalement, est un exercice complexe, rendu encore plus difficile par la défaillance d’un moteur. Ce type de détail technique est généralement peu visible lors des retransmissions en direct, ce qui rend ce clip particulièrement précieux pour les ingénieurs et les observateurs du secteur.

« Cette vidéo nous permet de visualiser exactement où se situent les points faibles », a déclaré un ingénieur de SpaceX sous couvert d’anonymat. Les données recueillies lors de cette phase critique seront analysées pour améliorer les algorithmes de contrôle et les systèmes de propulsion, dans l’optique d’un retour en vol réussi dans les mois à venir.

Pour l’heure, SpaceX reste concentré sur l’analyse des données. Les images de l’explosion finale, bien que spectaculaires, ne doivent pas occulter les progrès réalisés lors de ce vol. Chaque essai, même partiel, apporte son lot de connaissances, essentielles pour le développement d’un lanceur réutilisable et fiable.

Les explosions en fin de vol sont des issues fréquentes lors des tests de fusées, notamment pour des engins de la taille du Starship. SpaceX utilise ces essais pour valider des phases critiques, comme l’amerrissage ou le rallumage des moteurs dans l’espace. L’entreprise considère ces « failures » comme des étapes nécessaires pour identifier et corriger les points faibles avant les vols habités ou les missions opérationnelles.

SpaceX n’a pas communiqué de date précise, mais les analyses des données du douzième vol pourraient prendre plusieurs semaines. Une fois les corrections apportées, un nouveau lancement pourrait intervenir d’ici la fin de l’année 2026, sous réserve de l’approbation de la FAA. La fréquence des essais dépendra des résultats obtenus et des ajustements nécessaires.