Le constructeur automobile Stellantis a enregistré un retour à la rentabilité au premier trimestre 2026, confirmant ainsi sa capacité à surmonter les difficultés rencontrées en 2025. Selon Le Figaro, le groupe italo-franco-américain a dégagé un bénéfice net de 377 millions d’euros, contre une perte de 387 millions un an plus tôt. Cette performance s’accompagne d’une progression de son chiffre d’affaires, qui s’élève à 38,1 milliards d’euros, soit une hausse de 6% sur un an.

Ce qu'il faut retenir

  • Bénéfice net : 377 millions d’euros au T1 2026, contre une perte de 387 millions au T1 2025.
  • Chiffre d’affaires : 38,1 milliards d’euros, en progression de 6%.
  • Perspectives confirmées : Stellantis maintient ses objectifs financiers pour 2026, après avoir « comblé les lacunes d’exécution ».
  • Contexte : Le groupe avait subi des pertes significatives en 2025, avant ce redressement.

Ce retournement de situation s’explique en partie par une amélioration de l’exécution opérationnelle, comme l’a souligné le groupe dans un communiqué. Stellantis a précisé avoir « comblé les lacunes d’exécution » identifiées lors des trimestres précédents, un point qui avait pesé sur ses résultats. Carlos Tavares, directeur général du groupe, avait d’ailleurs pointé ces dysfonctionnements lors de la présentation des résultats annuels 2025.

Les analystes saluent cette performance, qui intervient dans un contexte marqué par des tensions sur les coûts de production et une concurrence accrue, notamment dans le segment des véhicules électriques. Pour 2026, Stellantis confirme ses perspectives financières, sans pour autant détailler de prévisions précises pour le reste de l’année. — Le chiffre d’affaires du premier trimestre 2026 dépasse largement celui du même trimestre en 2025, mais reste inférieur aux niveaux records atteints avant la crise des semi-conducteurs.

Stellantis, né de la fusion entre Fiat Chrysler Automobiles et PSA en 2021, est aujourd’hui le quatrième constructeur mondial en volume de ventes. Le groupe emploie plus de 280 000 personnes et dispose d’un portefeuille de marques variées, allant de Peugeot à Jeep, en passant par Chrysler et Opel. Son redressement au premier trimestre 2026 intervient après une année 2025 difficile, marquée par des pertes récurrentes et des défis logistiques.

Un rebond après une année 2025 compliquée

En 2025, Stellantis avait accumulé des pertes nettes significatives, en partie imputables à des problèmes d’approvisionnement en puces électroniques et à une demande en baisse dans certains marchés clés. Le groupe avait alors engagé un plan de restructuration visant à réduire ses coûts et à optimiser sa production. Ces efforts semblent porter leurs fruits, comme en témoignent les résultats du premier trimestre 2026.

Selon les données publiées par Le Figaro, la hausse du chiffre d’affaires s’explique principalement par une demande soutenue en Europe et une amélioration des ventes en Amérique du Nord. Les modèles les plus vendus au premier trimestre incluent des véhicules hybrides rechargeables et des SUV, deux segments en forte croissance. — Les ventes de véhicules électriques restent marginales pour Stellantis, qui mise davantage sur l’hybride pour répondre aux exigences réglementaires en matière d’émissions.

Stellantis a également indiqué que sa marge opérationnelle s’était améliorée, bien que le groupe n’ait pas communiqué de chiffre précis à ce sujet. Cette tendance pourrait se confirmer dans les prochains trimestres, si la dynamique actuelle se maintient. Pour l’heure, le groupe reste prudent quant à ses prévisions pour l’ensemble de l’année 2026, préférant attendre les résultats des prochains trimestres avant de les ajuster.

Stellantis confirme ses ambitions malgré un environnement incertain

Malgré ce rebond, l’incertitude persiste quant à la capacité de Stellantis à maintenir cette trajectoire. Le secteur automobile reste exposé à plusieurs risques, notamment la hausse des coûts énergétiques, les tensions géopolitiques et la concurrence accrue des constructeurs chinois en Europe. — Les constructeurs chinois, soutenus par des subventions gouvernementales, gagnent des parts de marché en Europe, où leur part pourrait atteindre 14 % d’ici 2030, selon certaines projections.

Stellantis mise sur son portefeuille de marques et sa présence mondiale pour contrer cette menace. Le groupe a notamment annoncé un partenariat stratégique avec Dongfeng, un constructeur chinois, pour renforcer sa position en Asie. Une collaboration qui pourrait se concrétiser par l’ouverture de ses usines à Dongfeng, comme l’a évoqué Le Figaro dans une précédente analyse.

Par ailleurs, Stellantis continue d’investir dans l’électrification de sa gamme, bien que le rythme de cette transition reste sujet à débat. Le groupe a rappelé qu’il maintenait ses investissements dans les véhicules à hydrogène et les motorisations hybrides, tout en accélérant le développement de nouveaux modèles électriques. — L’objectif affiché reste une réduction de 50 % des émissions de CO₂ d’ici 2030, par rapport à 2020.

Et maintenant ?

Stellantis devra prouver dans les prochains trimestres que son redressement n’est pas un simple effet de conjoncture. Les analystes s’attendent à une publication détaillée de ses résultats semestriels, prévue pour l’été 2026, qui pourrait donner plus d’indications sur la pérennité de cette reprise. Par ailleurs, le groupe pourrait annoncer des ajustements stratégiques lors de sa prochaine assemblée générale, prévue en mai 2026. — La capacité de Stellantis à concilier rentabilité et transition écologique restera un enjeu majeur pour les investisseurs.

Pour l’heure, le constructeur italo-franco-américain affiche sa confiance, tout en reconnaissant que « des défis subsistent ». Reste à savoir si cette dynamique positive se confirmera d’ici la fin de l’année. Une chose est sûre : après une année 2025 difficile, Stellantis a repris des couleurs au premier trimestre 2026, mais l’heure n’est pas encore à l’euphorie.

Stellantis regroupe 14 marques automobiles, dont Peugeot, Citroën, DS Automobiles, Opel, Fiat, Alfa Romeo, Jeep, Chrysler, Dodge, Ram Trucks, Maserati, Lancia, Abarth et Vauxhall.

L’Europe représente environ 40 % des ventes mondiales de Stellantis, selon les données disponibles. Le groupe réalise une part importante de son chiffre d’affaires sur ce marché, où la demande pour les véhicules hybrides et SUV reste soutenue.