Alors que la fête de l’Aïd al-Kébir, ou Tabaski, s’est tenue ce 27 mai 2026 dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, les célébrations ont été marquées par des difficultés économiques et logistiques persistantes. Selon RFI, cette édition a révélé les tensions vécues quotidiennement par les populations guinéennes et nigériennes, avec une crise de liquidité d’un côté et des pénuries d’eau et d’électricité de l’autre. Autant dire que la joie des festivités a été quelque peu ternie par ces contraintes matérielles.

Ce qu'il faut retenir

  • En Guinée, la Tabaski 2026 s’est déroulée dans un contexte de crise de liquidité, rendant difficile l’accès aux fonds nécessaires pour les dépenses traditionnelles.
  • Au Niger, les ménages ont subi des coupures d’eau et d’électricité, perturbant les préparatifs culinaires et les rassemblements familiaux.
  • Les prix des denrées alimentaires, notamment la viande ovine, ont connu une hausse significative ces dernières semaines, alourdissant le budget des familles.
  • Les autorités des deux pays ont appelé à des mesures d’urgence, mais les solutions tardent à se concrétiser.

Une fête religieuse sous le signe des contraintes économiques

En Guinée, où l’Aïd al-Kébir est l’une des fêtes les plus importantes de l’année musulmane, les fidèles ont dû composer avec une pénurie de liquidités. Selon des commerçants contactés par RFI, les banques ont restreint les retraits, limitant l’accès aux fonds pour les achats de viande et de cadeaux. « Les gens ont du mal à trouver de l’argent pour acheter un mouton, même en plusieurs fois », a expliqué un épicier de Conakry. Les prix de la viande ovine, déjà élevés, ont encore augmenté, passant de **120 000 à 150 000 francs CFA** le mouton entier en quelques semaines.

Coupures et tensions au Niger pendant les célébrations

De son côté, le Niger a connu des coupures d’électricité prolongées dans plusieurs régions, notamment à Niamey et Maradi, où la demande en énergie explose pendant les fêtes. La société nationale d’électricité, Nigelec, a évoqué des problèmes techniques liés à la maintenance des centrales, sans préciser de date de rétablissement. « Les gens ont dû cuisiner sans réfrigération ni eau courante pendant plusieurs jours », a témoigné un habitant de Niamey. Ces difficultés ont contraint de nombreuses familles à réduire la taille de leurs repas traditionnels, pourtant centraux dans les célébrations de la Tabaski.

Un contexte aggravé par des tensions sociales

Au-delà des problèmes logistiques, ces difficultés s’inscrivent dans un contexte économique déjà fragile. En Guinée, la dépréciation du franc guinéen face au dollar a accentué la hausse des prix, tandis qu’au Niger, la sécheresse persistante a réduit les récoltes, faisant flamber le coût des céréales. Les gouvernements des deux pays ont tenté de rassurer la population en promettant des distributions de denrées, mais ces mesures restent limitées et inégalement réparties. « On nous dit que des aides arrivent, mais personne ne sait quand ni combien », a déploré une mère de famille à Kankan, en Guinée.

Et maintenant ?

Les prochains mois pourraient voir une aggravation des tensions si les autorités ne parviennent pas à stabiliser l’approvisionnement en électricité et en liquidités. Au Niger, la saison des pluies, prévue pour juin, devrait soulager partiellement les besoins en eau, mais aucune amélioration n’est attendue avant plusieurs semaines. En Guinée, les discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) sur un nouveau programme d’aide pourraient, si elles aboutissent, débloquer des fonds pour les populations. Reste à voir si ces mesures suffiront à atténuer l’impact sur les célébrations de l’année prochaine.

Alors que l’Aïd al-Kébir est traditionnellement un moment de partage et de générosité, cette édition 2026 aura surtout illustré les défis structurels auxquels font face ces deux pays. Les autorités locales et les organisations internationales devront agir rapidement pour éviter que les fêtes futures ne soient aussi marquées par l’austérité.

La hausse des prix s’explique par une combinaison de facteurs : la dépréciation des monnaies locales (franc guinéen et franc CFA), la sécheresse qui a réduit les troupeaux, et la demande accrue pendant les fêtes. En Guinée, par exemple, le prix du mouton est passé de 120 000 à 150 000 francs CFA en un mois.