Quarante ans après la catastrophe de Tchernobyl, l’accident nucléaire du 25 avril 1986 reste le plus grave de l’Histoire. Comme le rapporte Ouest France, cette nuit-là, un test de sûreté sur le réacteur n°4 de la centrale ukrainienne a dérapé en quelques heures, transformant une simple procédure en une crise aux conséquences dramatiques. Retour sur les événements qui ont basculé en une nuit.
Ce qu'il faut retenir
- Un test de sûreté mal conduit dans la nuit du 25 au 26 avril 1986 a provoqué l’explosion du réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl.
- Les erreurs humaines et les défauts de conception du réacteur de type RBMK ont joué un rôle clé dans la catastrophe.
- L’explosion a libéré d’énormes quantités de radioactivité, contaminant une large partie de l’Europe.
- L’accident a conduit à l’évacuation de 116 000 personnes dans les jours suivants, dont la ville de Prypiat.
- La zone d’exclusion de 30 kilomètres autour de la centrale a été établie, toujours en vigueur aujourd’hui.
- Le bilan humain reste sujet à débat, mais les experts s’accordent sur plusieurs milliers de morts liés aux conséquences sanitaires.
Un test de sûreté qui tourne au drame
Dans la nuit du 25 au 26 avril 1986, les opérateurs de la centrale nucléaire de Tchernobyl, située à 130 km au nord de Kiev, devaient réaliser un test de sûreté sur le réacteur n°4. L’objectif était de vérifier si les turbines, en cas de coupure de courant, pouvaient alimenter suffisamment les pompes de refroidissement jusqu’à l’activation des générateurs de secours. Pourtant, dès les premières heures, les procédures dérapent. Les opérateurs désactivent plusieurs systèmes de sécurité pour mener à bien le test, une décision qui s’avérera catastrophique. Autour de 1h23, une série d’erreurs techniques et humaines provoque une surpuissance instantanée dans le réacteur, entraînant deux explosions successives.
Des erreurs humaines et des défauts de conception
Selon Ouest France, le réacteur n°4 de Tchernobyl, de type RBMK, présentait des failles structurelles majeures. Son modérateur en graphite, combiné à un système de régulation instable, le rendait particulièrement vulnérable aux surchauffes. Mais les erreurs humaines ont achevé de transformer l’accident en catastrophe. Les opérateurs ignoraient les risques et ont enfreint les protocoles, tandis que la conception du réacteur minimisait les marges de sécurité. Dès l’explosion, le toit du bâtiment est soufflé, exposant le cœur du réacteur à l’air libre. Les graphites enflammés et la libération de produits radioactifs s’étendent alors sur des centaines de kilomètres.
Dès le lendemain, les autorités soviétiques tentent de minimiser l’ampleur de l’accident. Pourtant, les niveaux de radioactivité enregistrés dépassent de loin les seuils critiques. Les pompiers, appelés sur place sans protection adaptée, sont exposés à des doses mortelles. «
On nous a dit que c’était juste un petit incendie. Personne ne nous a prévenus du danger.», a témoigné l’un des liquidateurs des premières heures, cité par Ouest France.
Une contamination qui dépasse les frontières
En quelques jours, le nuage radioactif se propage au-dessus de l’Europe. Les pays les plus touchés sont l’Ukraine, la Biélorussie et la Russie, mais des particules radioactives sont détectées jusqu’en France. À Prypiat, ville située à trois kilomètres de la centrale, les 49 000 habitants ne seront évacués que 36 heures après l’explosion. Dans les semaines suivantes, 116 000 personnes sont évacuées, et une zone d’exclusion de 30 kilomètres est instaurée. Aujourd’hui encore, cette zone reste inaccessible, à l’exception des scientifiques et des travailleurs en mission.
Le bilan humain fait toujours débat. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que 4 000 personnes pourraient mourir des suites de l’exposition aux radiations. D’autres études, comme celle du Comité scientifique de l’ONU sur les effets des rayonnements atomiques (UNSCEAR), évoquent un chiffre bien plus élevé, dépassant les 100 000 morts à long terme.
La catastrophe de Tchernobyl a marqué un tournant dans la gestion des risques nucléaires. Elle a conduit à des réformes majeures dans les centrales européennes et à une prise de conscience internationale. Pourtant, près de quatre décennies plus tard, la question de la sûreté nucléaire reste d’une actualité brûlante, notamment face aux tensions géopolitiques en Europe de l’Est.