Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient en mars 2026, l’Iran a pris le contrôle du détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique pour le transport du pétrole. Selon RFI, Téhéran a annoncé, ce lundi 25 mai 2026, imposer des frais pour des « services de navigation » aux navires transitant par ce détroit sous son autorité. Une mesure qui rappelle celle appliquée depuis près de 90 ans par la Turquie pour les navires empruntant les détroits du Bosphore et des Dardanelles.

Ce qu'il faut retenir

  • L’Iran impose des frais pour des « services de navigation » aux navires passant par le détroit d’Ormuz, contrôlé depuis mars 2026.
  • Le ministère des Affaires étrangères iranien précise que cette mesure ne s’apparente pas à un « péage », bien que son fonctionnement puisse y ressembler.
  • La Turquie perçoit, depuis 1936, des taxes sur certains services liés au passage des navires dans les détroits du Bosphore et des Dardanelles.
  • Les deux cas soulèvent des questions sur la légalité de ces prélèvements selon le droit maritime international.

Un système contesté mais ancré dans l’histoire turque

Depuis 1936, la Turquie applique la convention de Montreux, qui lui accorde un droit de regard sur le passage des navires dans les détroits du Bosphore et des Dardanelles. Selon RFI, Ankara perçoit des taxes sur certains services, comme l’assistance à la navigation ou les droits de pilotage, pour les navires commerciaux et militaires transitant par ces voies maritimes reliant la mer Noire à la Méditerranée. Ces revenus, bien que modestes comparés au volume du trafic mondial, constituent une source de financement pour l’État turc. — Autant dire que ce système, vieux de près d’un siècle, a été validé par la communauté internationale, même s’il reste parfois contesté par certains pays riverains de la mer Noire.

L’Iran s’inspire d’un modèle turc pour son détroit d’Ormuz

Le détroit d’Ormuz, par lequel transite près du troisième du pétrole mondial, est depuis mars 2026 sous le contrôle exclusif de l’Iran, dans le cadre du conflit régional en cours. D’après RFI, Téhéran a justifié sa décision en invoquant la nécessité de financer des « services de navigation », sans pour autant qualifier ces frais de « péage ». Le ministère des Affaires étrangères iranien a souligné que cette mesure visait à « sécuriser » le trafic maritime, tout en garantissant que « les droits des navires étrangers seraient respectés ». — Une déclaration qui laisse planer un doute sur l’objectif réel de cette politique, alors que les tensions entre l’Iran et les puissances occidentales restent vives.

Un débat sur la légalité des prélèvements maritimes

Les deux situations — celle de la Turquie et celle de l’Iran — soulèvent des interrogations quant à la conformité de ces prélèvements avec le droit maritime international. La convention de Montreux, qui encadre le passage dans les détroits turcs, a été négociée dans les années 1930 et reste en vigueur aujourd’hui. En revanche, l’Iran ne bénéficie d’aucun traité international similaire pour le détroit d’Ormuz. — Certains experts estiment que Téhéran pourrait s’exposer à des représailles commerciales ou diplomatiques si cette mesure était jugée abusive. D’autres, en revanche, y voient une stratégie pour compenser les pertes économiques liées aux sanctions internationales.

Et maintenant ?

La question des frais imposés par l’Iran dans le détroit d’Ormuz pourrait être portée devant les instances internationales, comme l’Organisation maritime internationale (OMI), si les pays riverains ou les grandes puissances maritimes décidaient de contester cette mesure. Côté turc, aucun changement n’est attendu à court terme dans le fonctionnement de la convention de Montreux, bien que des discussions pourraient s’engager sur une éventuelle révision des tarifs appliqués. Bref, ces deux exemples montrent comment des détroits stratégiques deviennent des leviers économiques et politiques dans un contexte géopolitique tendu.

Du côté de l’Iran, la priorité reste la sécurisation des revenus liés au transit pétrolier, tandis que la Turquie continue de jouer un rôle de régulateur dans une région où la stabilité maritime est cruciale. Reste à voir si ces mesures seront perçues comme des solutions pragmatiques ou comme des provocations géopolitiques.

D’après RFI, les frais seraient appliqués aux navires commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz. Les navires militaires pourraient également être concernés, mais aucune précision n’a été donnée sur leur éventuelle exemption.