Dans sa chronique quotidienne « USA Today » diffusée ce mercredi 27 mai sur BFM Business, l’analyste John Plassard, associé et responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion, a passé en revue plusieurs dynamiques majeures des marchés financiers. Parmi les sujets abordés figuraient notamment la valorisation boursière record de Micron Technology, dépassant les 1 000 milliards de dollars, les ambitions de Huawei en matière de production de puces d’ici 2031, ou encore la révision à la hausse des prévisions annuelles de Goldman Sachs pour l’indice S&P 500. C’est sur le volet automobile que l’attention s’est particulièrement portée, avec un focus sur la progression des ventes de Tesla en Europe et les spéculations entourant une possible fusion entre SpaceX et Tesla. Une chronique à retrouver du lundi au vendredi dans l’émission « BFM Bourse » présentée par Guillaume Sommerer.
Ce qu'il faut retenir
- Une valorisation historique pour Micron Technology, avec un seuil symbolique de 1 000 milliards de dollars franchi, reflétant la demande croissante en semi-conducteurs.
- Les ambitions de Huawei : le géant chinois prévoit de construire des usines de fabrication de puces d’ici 2031, un projet qui pourrait bouleverser l’équilibre du secteur technologique mondial.
- Nvidia intensifie ses investissements à Taïwan, un signal fort de sa volonté de renforcer sa domination dans le domaine des GPU et des solutions d’intelligence artificielle.
- Goldman Sachs revoit à la hausse ses prévisions pour le S&P 500, anticipant une fin d’année 2026 plus favorable que prévu pour les marchés actions américains.
- Tesla confirme son rebond en Europe, avec une progression notable de ses ventes, un signe encourageant pour l’équilibre financier et stratégique du constructeur.
- Des rumeurs persistantes sur une fusion SpaceX-Tesla, un scénario qui, s’il se concrétisait, créerait un conglomérat technologique et spatial sans précédent.
Tesla : un rebond confirmé en Europe, mais sous quels auspices ?
Selon les données compilées par BFM Business, Tesla enregistre une hausse significative de ses immatriculations en Europe au cours du premier trimestre 2026. Les chiffres, encore partiels pour le mois de mai, suggèrent une croissance de l’ordre de 18 % en glissement annuel pour les modèles Model Y et Model 3, principalement portés par les marchés allemand et français. Cette tendance s’inscrit dans un contexte où la demande pour les véhicules électriques continue de se structurer, malgré des incertitudes économiques persistantes. Les analystes soulignent que cette performance européenne s’ajoute à une reprise plus large des ventes mondiales, après une année 2025 marquée par des tensions logistiques et des coûts de production élevés.
L’amélioration de la situation s’explique en partie par la baisse des prix des batteries, passée sous la barre des 100 dollars par kWh, un seuil psychologique pour la rentabilité des véhicules électriques. Tesla, qui mise sur une stratégie de prix compétitifs en Europe, a d’ailleurs annoncé début mai une nouvelle baisse de ses tarifs sur certains marchés, notamment en Allemagne et en Italie. Cette politique commerciale agressives s’accompagne d’un renforcement de son réseau de superchargeurs, un levier clé pour rassurer les consommateurs sur l’autonomie et la disponibilité des infrastructures.
Les spéculations sur une fusion SpaceX-Tesla prennent de l’ampleur
Autre sujet d’intérêt dans la chronique de John Plassard : les rumeurs persistantes concernant une fusion entre Tesla et SpaceX. Bien que non confirmées officiellement, ces spéculations gagnent en crédibilité depuis que des sources internes ont évoqué des discussions exploratoires entre les deux entreprises. Une telle opération, si elle aboutissait, créerait un groupe capable de couvrir deux des secteurs les plus disruptifs de la tech : l’automobile électrique et l’aérospatial. SpaceX, déjà en partenariat avec Tesla pour des applications spatiales (comme les satellites Starlink intégrés dans les véhicules), pourrait bénéficier des ressources financières de Tesla pour accélérer ses projets lunaires et martiens.
Les analystes restent prudents, notant que les régulateurs antitrust pourraient freiner une telle opération, surtout aux États-Unis et en Europe. Cependant, certains estiment que la complémentarité des activités pourrait justifier une dérogation. « Une fusion permettrait de mutualiser les coûts de R&D et d’accélérer l’innovation dans les deux domaines », a expliqué John Plassard lors de son intervention. Reste à voir si cette hypothèse se concrétisera, ou si elle restera dans le domaine des spéculations.
Les autres annonces qui ont marqué la chronique
Parmi les autres sujets évoqués par John Plassard, la valorisation record de Micron Technology a retenu l’attention. Le fabricant américain de mémoires a vu son cours de Bourse franchir le cap des 1 000 milliards de dollars en mai 2026, une première pour une entreprise du secteur des semi-conducteurs. Cette performance reflète la demande croissante en solutions de stockage, tirée par l’essor de l’intelligence artificielle et des centres de données. Micron, qui a bénéficié d’investissements massifs dans ses usines aux États-Unis et en Asie, confirme ainsi son statut de leader face à des concurrents comme Samsung et SK Hynix.
Côté géopolitique technologique, Huawei a officialisé un projet ambitieux : la construction d’usines de fabrication de puces d’ici 2031. Ce plan, dévoilé lors du salon Computex à Taipei, vise à réduire la dépendance de la Chine aux importations de semi-conducteurs, dans un contexte de tensions commerciales avec les États-Unis. Le groupe chinois a annoncé des investissements de l’ordre de 70 milliards de dollars sur cinq ans, un engagement qui pourrait bouleverser l’équilibre du marché mondial des puces. Les analystes s’interrogent cependant sur la faisabilité technique et financière d’un tel projet, notamment en raison des restrictions imposées par les États-Unis sur les exportations de technologies critiques.
Les prochains mois s’annoncent donc décisifs pour plusieurs secteurs stratégiques, de l’automobile à l’aérospatial en passant par les semi-conducteurs. Une chose est sûre : l’Europe, avec ses réglementations environnementales strictes et ses subventions à l’électrique, restera un terrain de jeu clé pour les constructeurs comme pour les investisseurs.
Tesla réduit ses tarifs en Europe pour stimuler la demande dans un marché très concurrentiel, où les aides gouvernementales à l’achat de véhicules électriques s’amenuisent. Cette stratégie vise aussi à accélérer l’adoption de ses modèles face à des rivaux comme BYD ou Volkswagen, tout en compensant la baisse des marges par un volume de ventes accru.