Une cour d'appel fédérale américaine a donné raison à l'État du Texas, autorisant l'affichage obligatoire des Dix Commandements dans les salles de classe des écoles publiques. Selon Ouest France, cette décision annule un premier jugement de première instance qui avait bloqué cette mesure, relançant ainsi le débat sur la place de la religion dans l'espace scolaire américain.

Ce qu'il faut retenir

  • Une cour d'appel fédérale du Texas a validé, le 21 avril 2026, l'affichage des Dix Commandements dans toutes les écoles publiques de l'État.
  • Cette décision contredit un jugement précédent, rendu en première instance, qui avait jugé la mesure anticonstitutionnelle.
  • Les partisans de cette mesure, majoritairement issus de milieux conservateurs chrétiens, y voient une reconnaissance des valeurs morales religieuses dans l'éducation.
  • La décision pourrait servir de jurisprudence dans d'autres États américains envisageant des mesures similaires.
  • Le texte des Dix Commandements doit être affiché « de manière visible » dans chaque salle de classe, selon les termes de la loi texane.

Une décision qui s'appuie sur la liberté religieuse

La cour d'appel du Cinquième Circuit, basée à La Nouvelle-Orléans, a estimé que l'affichage des Dix Commandements ne violait pas le premier amendement de la Constitution américaine. Celui-ci garantit la séparation entre l'Église et l'État, mais autorise également la libre expression des croyances religieuses. Dans son arrêt, la cour a souligné que le texte biblique pouvait être considéré comme un « document historique et moral » plutôt que comme une profession de foi imposée. Cette interprétation a été saluée par les associations conservatrices, à l'image de Texas Values, qui a immédiatement salué une « victoire pour les familles et pour la foi dans l'éducation publique ».

Pour ses détracteurs, en revanche, cette mesure représente une entorse à la neutralité religieuse de l'État. Des organisations comme Americans United for Separation of Church and State ont d'ores et déjà annoncé leur intention de contester cette décision devant la Cour suprême des États-Unis. Selon elles, imposer un texte religieux dans un cadre scolaire public revient à favoriser une confession au détriment des autres, en contradiction avec la Constitution.

Un débat récurrent aux États-Unis

Le Texas n'est pas le premier État à tenter d'imposer les Dix Commandements dans ses écoles. La Louisiane avait adopté une loi similaire en 2023, avant que celle-ci ne soit bloquée par la justice fédérale. D'autres États, comme l'Oklahoma ou le Kentucky, ont également exploré cette piste ces dernières années. Autant dire que la question divise profondément l'opinion publique américaine, entre ceux qui y voient un retour aux valeurs traditionnelles et ceux qui craignent une instrumentalisation politique de la religion.

Selon un sondage réalisé en mars 2026 par Pew Research Center, 42 % des Américains soutiennent l'affichage des Dix Commandements dans les écoles publiques, tandis que 38 % s'y opposent. Les écarts de positionnement reflètent souvent des clivages politiques et géographiques, les États du Sud et du Midwest étant généralement plus favorables à cette mesure que ceux de la côte Est ou de la Californie.

Des réactions immédiates et contrastées

Du côté des partisans, le gouverneur du Texas, Greg Abbott, a rapidement réagi en saluant une décision « historique » qui « renforce l'identité morale de notre État ». « Nos écoles doivent refléter les valeurs qui ont fait la force des États-Unis », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. À l'inverse, des enseignants et des associations laïques ont exprimé leur inquiétude quant à l'impact sur les élèves non chrétiens ou athées, certains évoquant même des risques de tensions communautaires.

Un enseignant d'histoire à Dallas, qui souhaite conserver l'anonymat, a confié à Ouest France : « Afficher les Dix Commandements dans une classe, c'est envoyer un message clair : ceux qui ne partagent pas cette foi ne sont pas pleinement les bienvenus. Comment vais-je expliquer à un élève musulman ou juif que sa religion n'a pas sa place ici ? »

Et maintenant ?

Plusieurs recours sont d'ores et déjà envisagés. L'organisation Americans United for Separation of Church and State a annoncé préparer un dossier pour saisir la Cour suprême, estimant que la décision du Cinquième Circuit pourrait être « la plus importante en matière de séparation Église-État depuis des décennies ». Une audience pourrait être programmée d'ici la fin de l'année 2026, si la Cour accepte de se saisir du dossier. Par ailleurs, d'autres États pourraient s'inspirer de la décision texane pour faire adopter des lois similaires, ce qui pourrait étendre le débat à l'échelle nationale.

Quelle que soit l'issue judiciaire, cette affaire illustre les tensions persistantes autour de la place de la religion dans la société américaine. Une chose est sûre : le Texas, déjà connu pour ses positions conservatrices en matière d'éducation, pourrait devenir un terrain d'expérimentation pour d'autres mesures similaires dans les mois à venir.

Elle est controversée car elle impose un texte religieux, les Dix Commandements, dans un espace public laïc, celui des écoles. Des associations comme Americans United for Separation of Church and State estiment que cela viole le premier amendement de la Constitution américaine, qui garantit la neutralité religieuse de l'État. Pour ses partisans, il s'agit simplement de rappeler des valeurs morales communes.