Deux TGV reliant Paris à Nice ont été immobilisés pendant plusieurs heures lundi 25 mai au soir au nord de Lyon, après une panne d’alimentation électrique. Cet incident a provoqué des retards importants sur l’ensemble de la ligne Paris-Lyon-Marseille-Nice, affectant des centaines de voyageurs contraints d’attendre dans des conditions difficiles.

Ce qu'il faut retenir

  • Deux TGV Inoui et Ouigo bloqués à partir de 16h près de Montanay, au nord de Lyon, en raison d’une rupture d’alimentation électrique
  • Les passagers ont dû attendre plus d’une heure dans des wagons sans climatisation, sous une chaleur étouffante, avant de pouvoir sortir sur les voies
  • Les trains ont finalement pu repartir vers 21h50, après que les autres circulations aient été détournées pour libérer la ligne
  • Les retards sur la ligne ont varié entre 30 minutes et 1h30, avec des conséquences en cascade sur d’autres lignes, comme celle de Bellegarde (Ain) où un train a accusé jusqu’à 4 heures de retard
  • SNCF Réseau a lancé une enquête pour déterminer l’origine de la panne électrique

Des voyageurs pris au piège dans des trains surchauffés

Les deux TGV bloqués, l’un à bord d’un Ouigo et l’autre d’un Inoui, se trouvaient à l’arrêt près de Montanay, à une vingtaine de kilomètres au nord de Lyon. Selon les témoignages recueillis par BFM Business, les passagers ont subi des conditions d’attente particulièrement éprouvantes. « On est resté une heure à l’arrêt, sans électricité et sous une chaleur étouffante dans le train », relate Thomas Houziaux, voyageant avec son fils. « Ensuite, on a pu sortir sur les voies pour respirer un peu d’air frais. »

Une voyageuse interrogée par BFMTV a exprimé son désarroi : « C’est horrible, avec la chaleur ». L’absence de climatisation dans les wagons, due à la panne électrique, a aggravé la situation, obligeant les équipes de la SNCF à organiser une évacuation partielle des trains. La protection civile est également intervenue pour apporter un soutien logistique aux passagers bloqués.

Des retards en cascade sur tout le réseau sud-est

L’incident a perturbé l’ensemble de la ligne Paris-Lyon-Marseille-Nice, entraînant des retards qui se sont prolongés tard dans la soirée. Selon SNCF Voyageurs, les trains ont été « détournés sur voie classique » pour permettre la remise en état du système d’alimentation électrique. Résultat : les voyageurs ont subi des retards allant de « une demi-heure à plus d’une heure et demie » dans les deux sens de circulation.

Les conséquences se sont également fait sentir sur des lignes connexes. En gare de Bellegarde (Ain), sur la ligne Genève-Paris, un train prévu à 21h n’est arrivé qu’à 23h35, avec un retard estimé à « au moins quatre heures ». Les passagers, dont certains devaient se rendre à Paris pour des obligations professionnelles dès le lendemain matin, ont été laissés sans solution claire. « On nous a dit de prendre les trains de lundi matin », témoigne Aude, 22 ans, en stage à Paris. « Je ne sais même pas si je pourrai arriver à temps pour mon stage qui devait commencer lundi matin. »

Un TGV bloqué depuis 15h45 avec six heures de retard

L’un des TGV concernés, parti de Paris-Gare de Lyon à 14h10 et prévu d’arriver à Nice vers 20h, s’est retrouvé immobilisé à une vingtaine de kilomètres au nord de Lyon depuis 15h45. À 23h, il affichait toujours un retard de six heures, selon un journaliste de BFMTV présent à bord. Le retour à la normale dépendait de la disponibilité d’une locomotive diesel capable de remorquer les wagons jusqu’à Lyon.

« On attend qu’un wagon diesel puisse nous rapatrier sur Lyon », a expliqué Thomas Houziaux. « On prend notre mal en patience, même si la situation est loin d’être idéale. » La SNCF a confirmé que la circulation n’avait « jamais été totalement interrompue », mais que les perturbations restaient significatives en raison de la saturation du réseau.

Une enquête en cours pour déterminer les causes de la panne

D’après SNCF Réseau, une enquête a été ouverte pour identifier l’origine exacte de la rupture d’alimentation électrique. « Il fallait attendre que les autres trains soient détournés avant de pouvoir intervenir », a précisé la même source. Les équipes techniques ont travaillé en urgence pour rétablir le courant et permettre la reprise progressive des circulations.

Cet incident survient dans un contexte de forte chaleur, avec des températures dépassant 30°C dans plusieurs régions françaises ce week-end. La canicule, qui s’installe durablement en France, pourrait aggraver les risques de perturbations sur un réseau ferroviaire déjà vulnérable aux aléas climatiques.

Et maintenant ?

Les TGV concernés ont finalement quitté les voies aux alentours de 22h, mais les retards pourraient persister mardi 26 mai au matin sur certaines liaisons, en fonction de l’avancement des travaux de maintenance. SNCF Réseau a indiqué qu’un point complet sur la situation serait fait dans la journée. Par ailleurs, les voyageurs touchés par ces perturbations pourront-ils prétendre à un remboursement partiel ou à une indemnisation ? La politique de la SNCF en matière de compensation pour les retards exceptionnels devrait être précisée dans les prochains jours.

Cet épisode rappelle la vulnérabilité du réseau ferroviaire face aux aléas techniques, surtout en période de forte affluence. Alors que l’été s’annonce chaud et que les déplacements en train restent massifs, la question de la résilience des infrastructures face aux canicules et aux pannes se pose avec acuité.

À ce stade, aucune information officielle n’a été communiquée par la SNCF concernant une éventuelle indemnisation pour les voyageurs affectés par ces retards exceptionnels. La politique de remboursement ou de compensation dépend généralement de la durée du retard et des conditions prévues par le contrat de transport. Les voyageurs sont invités à consulter leur billet ou à contacter le service client de la SNCF dans les prochains jours pour connaître leurs droits.

Selon SNCF Réseau, la reprise progressive des circulations est prévue pour ce mardi 26 mai au matin. Cependant, des retards résiduels pourraient persister en raison des perturbations accumulées. Un bilan complet sera établi dans la journée pour évaluer l’étendue des dégâts et les délais de rétablissement complet.