La comédie musicale « Top Hat », adaptation de la célèbre œuvre d’Irving Berlin, est à l’affiche du Théâtre du Châtelet à Paris du 15 avril au 3 mai 2026. Selon Franceinfo - Culture, l’établissement propose, avant chacune de ses vingt représentations, un atelier d’initiation aux claquettes, permettant aux spectateurs de s’immerger dans l’univers de cette discipline emblématique.

Ce qu'il faut retenir

  • 20 représentations de « Top Hat » au Théâtre du Châtelet, du 15 avril au 3 mai 2026.
  • Un atelier claquettes de 1h30 est organisé avant chaque séance, au tarif de 15 €, réservé aux spectateurs munis d’un billet.
  • La comédie musicale rend hommage à Fred Astaire, star des claquettes des années 1930, avec des numéros emblématiques comme Cheek to Cheek.
  • L’atelier est animé par Victor Cuno, fondateur de l’école Swingtap à Paris, et son assistant David Lasserre.
  • Les racines des claquettes mêlent techniques irlandaises et influences afro-américaines, selon les explications de Victor Cuno.

Inspiré du film homonyme sorti en 1935, « Top Hat » raconte l’histoire de Jerry Travers, un danseur américain qui séduit Dale Tremont, sa voisine d’hôtel, après avoir fait du bruit en pratiquant les claquettes. Ce spectacle, mis en scène et chorégraphié par Kathleen Marshall, s’annonce comme un hommage aux grands standards de la comédie musicale américaine, avec une place centrale accordée à l’art des claquettes. Pour les néophytes, le Théâtre du Châtelet offre ainsi une opportunité unique de comprendre, à travers un cours pratique, la technicité et l’énergie que demandent cette discipline.

Selon Franceinfo - Culture, l’atelier, organisé dans un studio du théâtre, attire un public majoritairement féminin, bien que quelques hommes et enfants s’y aventurent également. « On se dit intérieurement qu’il n’y a pourtant rien de plus cool qu’un danseur de claquettes… », note la journaliste Valérie Gaget, soulignant le paradoxe d’une activité souvent perçue comme virile mais majoritairement pratiquée par des femmes en France. Les participants, équipés de chaussures adaptées mises à disposition, découvrent les bases des pas de base, du rythme et de la posture, sous la direction de Victor Cuno, professeur réputé et fondateur de l’école Swingtap.

« Je vais vous faire découvrir la culture des pieds », déclare Victor Cuno en introduction de l’atelier, entouré de son assistant David Lasserre, qui reproduit les pas en simultané. Le cours commence par l’apprentissage de quatre pas fondamentaux : les deux pieds à plat, puis l’utilisation des fers avant des chaussures, suivie des talons. Accompagnés au piano par Victor Cuno, les participants enchaînent ensuite des enchaînements rythmiques, avant de s’essayer à des déplacements plus complexes, comme la marche avant et arrière.

L’objectif affiché par le professeur est de transmettre l’essence même des claquettes : le rythme et le mouvement. « Ce qui est fondamental pour moi, c’est d’insister sur le rythme et le mouvement, c’est la base des claquettes », explique-t-il. Victor Cuno souligne également l’évolution de la pratique amateur en France, où les cours se multiplient depuis trente ans, même si les débouchés professionnels restent limités pour les danseurs spécialisés. « Dans ce type de spectacles, la cerise sur le gâteau, c’est le numéro de claquettes », résume-t-il, rappelant que la discipline reste un pilier des comédies musicales, malgré la rareté des spectacles entièrement consacrés à cette discipline.

Au-delà de la technique, Victor Cuno revient sur les origines des claquettes, fruit d’un mélange entre les danses irlandaises et les apports des communautés afro-américaines. « La technique des pieds est d’origine anglaise irlandaise, avec des danses comme la gigue, précise-t-il. Les Noirs déportés aux États-Unis ont observé les Irlandais et les Anglais et commencé à les imiter. Ils ont repris la technique des pieds et apporté beaucoup de style, un mouvement du corps qui swingue, beaucoup plus libre. » Cette hybridation culturelle est d’ailleurs mise en lumière par la production de Kathleen Marshall, qui a confié le rôle principal à Philipp Attmore, un danseur afro-américain originaire de Californie, soulignant ainsi les racines noires américaines du jazz et des claquettes. Anne Martina, professeure agrégée d’anglais à la Sorbonne, analyse cette démarche comme un hommage à Fred Astaire, tout en réhabilitant l’héritage afro-américain de cette discipline.

Pour Valentine, une participante de la cinquantaine, l’atelier représente une occasion de « rêver petits et grands ». Elle évoque l’ambiance conviviale et l’attrait intemporel des claquettes, une discipline qui fascine autant qu’elle intimide. « J’aime bien l’ambiance et la convivialité », confie-t-elle, tandis que les autres participants, bien que parfois tendus, suivent avec application les consignes de Victor Cuno. Le cours, qui se déroule dans le studio Cole Porter du Théâtre du Châtelet, s’achève sur une première chorégraphie, avant de préparer les participants à assister à la représentation, moins d’une heure plus tard.

La première de « Top Hat » confirme l’engouement pour ce spectacle, où les numéros de claquettes tiennent une place centrale. Entre le célèbre duo avec cannes et chapeaux haut-de-forme, le pas de deux sur Cheek to Cheek, et le final chorégraphié avec une quinzaine de danseurs, le public ressort conquis. « Nous n’oublierons pas nos premiers pas… fers aux pieds », confie la journaliste, témoignant de l’impact de cette initiation sur son expérience du spectacle. L’atelier, désormais proposé pour la quatrième fois au Théâtre du Châtelet après Singin’ in the Rain, Un Américain à Paris et 42nd Street, s’impose comme une formule gagnante pour immerger le public dans l’univers des comédies musicales.

Et maintenant ?

Les 20 représentations de « Top Hat » au Théâtre du Châtelet se poursuivront jusqu’au 3 mai 2026. Les ateliers claquettes, proposés avant chaque séance, pourraient inspirer d’autres salles parisiennes à adopter ce format d’initiation, dans un contexte où la pratique amateur des claquettes continue de se développer en France. Reste à voir si cette tendance se confirmera dans les années à venir, alors que les débouchés professionnels pour les danseurs spécialisés restent limités.

« Top Hat », adaptation des musiques et paroles d’Irving Berlin, est mis en scène et chorégraphié par Kathleen Marshall. Le spectacle, en anglais surtitré en français, dure 2h40 avec entracte. Les places sont disponibles à partir de 12 € jusqu’à 119 €. Les ateliers claquettes, réservables en ligne, sont accessibles uniquement aux spectateurs munis d’un billet pour la représentation du jour.

L’atelier, proposé 1h30 avant chaque représentation, est réservé aux spectateurs munis d’un billet pour le spectacle du jour. Il suffit de réserver en ligne ou sur place, selon les disponibilités. Le tarif est fixé à 15 €.

La comédie musicale dure 2h40, entracte inclus. Elle est présentée en anglais, avec des surtitres en français pour faciliter la compréhension du public.