Le géant pétrolier français TotalEnergies a annoncé le redémarrage partiel de sa raffinerie saoudienne de Satorp, située à Jubail dans l'est du royaume, moins d'une semaine après son arrêt forcé consécutif à des frappes ayant endommagé plusieurs unités de production. Selon BFM Business, la reprise s'est effectuée mi-avril à une capacité réduite, marquant ainsi la fin d'une interruption qui aura duré environ sept jours.
Ce qu'il faut retenir
- Redémarrage à mi-capacité : la raffinerie fonctionne depuis le 14 avril à 230 000 barils par jour (b/j), soit la moitié de sa capacité totale, après avoir été arrêtée le 8 avril en raison de dégâts causés par des frappes.
- Origine des attaques : les autorités saoudiennes ont imputé ces frappes à l'Iran, qui aurait ciblé « de multiples installations énergétiques » du royaume dans les semaines précédentes.
- Pas de victime : TotalEnergies a confirmé qu'aucun blessé n'était à déplorer à la suite de ces événements, malgré des dégâts matériels sur l'un des deux trains de traitement de la raffinerie.
- Contexte géopolitique tendu : ces incidents surviennent alors que le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, passage clé pour 20 % des exportations mondiales de pétrole et de gaz, est fortement perturbé depuis plusieurs semaines.
- Performance financière boostée : malgré cet arrêt, TotalEnergies affiche un bénéfice net ajusté de 5,4 milliards de dollars au premier trimestre 2026, en hausse de 29 %, porté par la flambée des cours du brut.
- Capacité initiale de 460 000 b/j : mise en service en 2014, la raffinerie Satorp, codétenue à 62,5 % par Aramco et 37,5 % par TotalEnergies, produit environ 22 millions de tonnes de produits raffinés par an.
Une interruption de courte durée mais aux conséquences limitées
L'arrêt de la raffinerie de Satorp, survenu le 8 avril après des frappes ayant endommagé trois unités de production, n'aura finalement duré qu'une semaine. Dès le 10 avril, TotalEnergies avait confirmé la mise à l'arrêt du site « par mesure de sécurité », tout en précisant que seul « l'un des deux trains » de traitement avait été touché. Le groupe français a ensuite indiqué que les unités non endommagées avaient pu être redémarrées dès la mi-avril, permettant une reprise partielle à 230 000 barils par jour, soit environ la moitié de la capacité normale du site.
Côté saoudien, le ministère de l'Énergie a évoqué des « multiples attaques » attribuées à l'Iran, sans pour autant détailler la nature des frappes ou leur provenance. Ces événements s'inscrivent dans un contexte de tensions accrues dans la région, où les infrastructures énergétiques sont régulièrement ciblées depuis le début de l'année. Pourtant, malgré cette interruption, TotalEnergies a rapidement rétabli une partie de sa production, limitant ainsi l'impact sur son activité.
Un bénéfice trimestriel en forte hausse malgré les aléas opérationnels
Si la raffinerie de Satorp a été brièvement mise à l'arrêt, TotalEnergies a su tirer profit d'un environnement économique favorable. Le groupe a annoncé un bénéfice net ajusté de 5,4 milliards de dollars pour le premier trimestre 2026, en progression de 29 % par rapport à la même période l'année précédente. Le résultat net a quant à lui atteint 5 milliards d'euros, soit une hausse de 50 %, selon les chiffres communiqués par le groupe. Ces performances s'expliquent en grande partie par la flambée des prix du pétrole, elle-même liée aux perturbations du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz.
Depuis fin février 2026, le cours du baril de Brent est passé d'environ 73 dollars à plus de 110 dollars actuellement, un niveau inédit depuis plusieurs années. Cette hausse des prix, combinée à des coûts de production et d'extraction relativement stables, a mécaniquement dopé les marges des majors pétrolières comme TotalEnergies. L'industrie reste en effet largement basée sur des coûts fixes, ce qui limite l'impact des fluctuations des prix sur les profits.
Une raffinerie stratégique au cœur des tensions régionales
La raffinerie de Satorp, située à Jubail dans la province orientale de l'Arabie saoudite, est un site clé pour la production de produits pétroliers raffinés dans le Golfe. Mise en service en 2014, cette installation d'une capacité de 460 000 barils par jour est codétenue à parts inégales par Aramco (62,5 %) et TotalEnergies (37,5 %). Elle produit annuellement environ 22 millions de tonnes de carburants et autres produits dérivés du pétrole, approvisionnant ainsi une partie des marchés asiatiques et européens.
Son interruption, même temporaire, illustre la vulnérabilité des infrastructures énergétiques du Golfe face aux tensions géopolitiques. L'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole avec une production quotidienne légèrement supérieure à 10 millions de barils, est régulièrement la cible de frappes ou de cyberattaques visant ses installations stratégiques. Ces incidents rappellent que, malgré les efforts de diversification économique du royaume, le secteur pétrolier reste au cœur de sa puissance et de sa stabilité.
Cette reprise partielle intervient alors que le marché pétrolier mondial reste sous tension, avec des risques accrus de perturbations logistiques. Pour TotalEnergies, l'objectif sera désormais de sécuriser ses approvisionnements et ses capacités de raffinage, tout en naviguant dans un environnement géopolitique particulièrement instable. Autant dire que la semaine écoulée n'aura été qu'un aperçu des défis à venir pour les acteurs du secteur.
Les dégâts causés par les frappes du 8 avril n'ont touché qu'une partie des installations, permettant à TotalEnergies de redémarrer rapidement les unités non endommagées. Le groupe a indiqué que seul l'un des deux trains de traitement avait été affecté, limitant ainsi l'impact global sur la production.
Les perturbations dans le Golfe, couplées à l'arrêt temporaire de Satorp, ont contribué à la hausse des prix du baril de Brent, qui a dépassé les 110 dollars. Cependant, l'impact direct de cet incident reste limité comparé à d'autres facteurs comme les sanctions contre l'Iran ou les tensions en mer Rouge.