Depuis la fin 2024, la Libye a exporté environ 1 million de tonnes de diesel illégalement, selon les experts de l'ONU. Ce trafic illicite de carburant a atteint des niveaux sans précédent, et la mission navale de l'Union européenne EUNAVFOR MED Irini est confrontée à une redéfinition de son périmètre opérationnel.

Le système de contrebande s'est consolidé autour d'une structure stable, avec environ 50 pétroliers impliqués dans des opérations illégales. Les cargaisons de carburant raffiné sont soustraites au marché intérieur libyen et exportées via des transferts de navire à navire en eaux internationales, avec recours à une documentation commerciale falsifiée.

Ce qu'il faut retenir

  • Le trafic illicite de carburant libyen a atteint des niveaux sans précédent, avec environ 1 million de tonnes de diesel exportées illégalement depuis la fin 2024.
  • Le système de contrebande s'est consolidé autour d'une structure stable, avec environ 50 pétroliers impliqués dans des opérations illégales.
  • Les cargaisons de carburant raffiné sont soustraites au marché intérieur libyen et exportées via des transferts de navire à navire en eaux internationales.

Les ports de l'est de la Libye au cœur du trafic

Les ports de Benghazi, Tobrouk et Ras Lanouf sont les principaux hubs de départ pour les navires qui embarquent du carburant destiné à des opérations offshore, souvent avec des triangulations ultérieures vers des marchés tiers. Dans certains cas, le système est également alimenté par des surplus de diesel générés par des inefficiences dans la gestion de la demande intérieure et de la distribution.

La mission Irini confrontée à une redéfinition de son périmètre opérationnel

Avec l'affaiblissement progressif du cadre d'autorisation des inspections liées aux armements, la pression européenne augmente pour renforcer les volets dédiés au suivi des trafics maritimes illicites, à la lutte contre les flux énergétiques illégaux et à la coopération avec les autorités libyennes en matière de sécurité portuaire.

Et maintenant ?

La mission Irini devra réévaluer ses priorités opérationnelles et adapter son périmètre pour prendre en compte les nouveaux défis posés par le trafic illicite de carburant. La Libye devra également s'engager à renforcer ses capacités de lutte contre le terrorisme et de protection de ses ressources énergétiques.

La situation est compliquée par la fragmentation du contexte libyen, avec des réseaux armés et des intérêts économiques étroitement liés aux flux énergétiques. La Libye devra donc trouver un équilibre entre les besoins de son économie et la nécessité de protéger ses ressources énergétiques.