Les annonces du Premier ministre concernant des aides aux carburants pour soutenir les secteurs touchés par la hausse des prix ne convainquent pas la Fédération nationale des transports routiers (FNTR). Selon Franceinfo - Politique, Florence Berthelot, déléguée générale de l’organisation, a critiqué mardi 21 avril 2026 des mesures qu’elle qualifie de « très discriminantes » et inefficaces pour le secteur des transports.
Ce qu'il faut retenir
- Une aide de 20 centimes par litre annoncée, mais en réalité forfaitaire et déjà évoquée trois semaines plus tôt, dont l’ouverture du guichet pour en bénéficier reste inconnue.
- Florence Berthelot dénonce des modalités floues et complexes pour accéder à ces aides, sans précision sur les pièces à fournir.
- La FNTR réclamait des mesures structurelles, comme des prêts à taux avantageux, plutôt que des aides ponctuelles.
- La guerre au Moyen-Orient est pointée comme la cause principale de la hausse brutale des prix des carburants, touchant de plein fouet le transport routier.
- Le secteur attend toujours des dispositifs concrets pour amortir le choc économique, jugés urgents après huit semaines de crise.
Mardi 21 avril 2026, le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté un ensemble de mesures destinées à soutenir les entreprises affectées par la flambée des prix des carburants, conséquence directe de la guerre au Moyen-Orient. Ces annonces, bien que saluées par certains secteurs, sont accueillies avec scepticisme par la FNTR. Florence Berthelot, sa déléguée générale, a immédiatement réagi dans les médias, qualifiant les dispositifs d’« absolument pas adaptés » aux besoins des transporteurs routiers. Selon elle, ces aides ne permettront pas de soulager une profession déjà en grande difficulté après huit semaines de crise continue.
Le cœur du problème réside dans la nature même des mesures proposées. Ce qu’il est convenu d’appeler une « aide de 20 centimes par litre » est en réalité un dispositif forfaitaire, déjà annoncé il y a trois semaines. Pourtant, son application concrète reste bloquée : le guichet permettant aux entreprises de percevoir ces fonds n’a toujours pas été ouvert. « On nous présente une aide qui n’existe pas, ou du moins pas sous la forme annoncée », a souligné Florence Berthelot. Elle a rappelé que cette confusion entretenait une méfiance légitime au sein du secteur, déjà échaudé par des années de politiques publiques jugées inadaptées.
Les critiques de la FNTR portent également sur la complexité des critères d’éligibilité. Les règles d’attribution, qualifiées de « difficiles à comprendre », laissent les transporteurs dans l’expectative. « Nous ne savons toujours pas quelles pièces justificatives seront exigées, ni comment sera calculé le montant des aides », a expliqué Florence Berthelot. Cette opacité alimente les craintes d’un accès inégal aux dispositifs, certains acteurs du secteur, notamment les plus petits, risquant d’être exclus faute de moyens administratifs ou financiers pour remplir les dossiers.
Face à cette situation, la FNTR réaffirme ses revendications. Plutôt que des aides ponctuelles, l’organisation plaide pour des mesures structurelles permettant de lisser l’impact de la crise. « Ce que nous demandions, ce n’étaient pas forcément des subventions, mais des outils pour amortir le choc », a précisé Florence Berthelot. Elle cite en exemple les prêts garantis par l’État mis en place pendant la pandémie de Covid-19, qu’elle juge adaptés à la situation actuelle. « Ces prêts à très court terme, à taux zéro ou très bas, auraient permis aux entreprises de faire face sans alourdir leur endettement », a-t-elle ajouté.
La guerre au Moyen-Orient, qui a provoqué une hausse brutale des cours du pétrole, sert de toile de fond à cette crise. Les transporteurs routiers, dépendants à plus de 90 % du diesel, subissent de plein fouet cette inflation. « Les marges des entreprises sont déjà sous pression depuis des mois, et cette nouvelle flambée des prix est venue achever un secteur déjà fragilisé », a rappelé Florence Berthelot. Selon les estimations de la FNTR, le coût supplémentaire pour le transport routier s’élève à plusieurs centaines de millions d’euros depuis le début de la crise, une somme que les aides annoncées ne suffiront pas à compenser.
Les transporteurs attendent désormais des clarifications de la part du gouvernement. L’ouverture des guichets, la publication des modalités détaillées et l’élargissement des dispositifs aux besoins spécifiques du secteur figurent parmi les priorités. « Il ne s’agit pas de critiquer pour le plaisir, mais de rappeler que chaque jour compte », a insisté Florence Berthelot. « Sans mesures concrètes sous 48 heures, des entreprises pourraient être contraintes à des arrêts d’activité ou à des licenciements. »
Cette crise illustre les tensions persistantes entre les pouvoirs publics et les acteurs économiques face aux chocs externes. Alors que la guerre au Moyen-Orient continue de perturber les marchés énergétiques, la question se pose : les mesures annoncées suffiront-elles à éviter un effondrement partiel du secteur du transport routier, pilier de l’économie française ?
L’aide présentée comme une réduction de 20 centimes par litre est en réalité un forfait déjà évoqué il y a trois semaines, mais dont les modalités pratiques (ouverture des guichets, critères d’éligibilité) n’ont toujours pas été précisées. Selon la FNTR, cette confusion entretient un flou préjudiciable pour les entreprises.
La Fédération estime que des prêts à taux avantageux permettraient aux entreprises de faire face à la crise sans alourdir leur endettement, contrairement aux aides ponctuelles qui ne couvrent qu’une partie des surcoûts. Elle cite en exemple les dispositifs mis en place pendant la crise du Covid-19.