Alors que les 30 et 31 mai 2026 voient se tenir une mobilisation nationale en faveur des transports ferroviaires, baptisée « Moins de routes, plus de trains », un chantier emblématique cristallise les tensions dans l’arrière-pays niçois. Selon Reporterre, le tunnel de Tende, infrastructure reliant la France à l’Italie par la route, concentre les critiques en raison de son coût élevé et de son impact sur le réseau ferroviaire.

Ce qu'il faut retenir

  • Le tunnel de Tende relie le Piémont italien aux Alpes-Maritimes françaises, mais uniquement par la route, et non par le rail.
  • Les travaux, en cours depuis plusieurs années, suscitent des contestations en raison de leur coût jugé excessif et de leur priorité donnée à la route plutôt qu’au train.
  • Une mobilisation nationale, les 30 et 31 mai 2026, appelle à réorienter les investissements vers le ferroviaire, dans un contexte de transition écologique.
  • Les militants dénoncent un déséquilibre persistant entre les infrastructures routières et ferroviaires entre les deux pays.

Un tunnel transfrontalier au service de la route, pas du rail

Le tunnel de Tende, situé dans les Alpes-Maritimes, est un ouvrage stratégique reliant la France à l’Italie. Pourtant, comme le rappelle Reporterre, il ne dessert que le trafic routier. Ce choix technique, datant de plusieurs décennies, est aujourd’hui contesté par les associations écologistes et les défenseurs des transports durables. « On construit une infrastructure coûteuse pour les automobilistes, alors que les besoins en mobilité ferroviaire sont criants », souligne un militant cité par Reporterre.

Les travaux, bien que nécessaires pour moderniser un axe vieillissant, s’inscrivent dans une logique contestée. Ils illustrent, selon les observateurs, un déséquilibre persistant entre les investissements routiers et ferroviaires dans cette zone frontalière. Bref, autant dire que le tunnel de Tende symbolise les choix discutables en matière d’aménagement des transports entre les deux pays.

Une mobilisation nationale pour rééquilibrer les investissements

Les 30 et 31 mai 2026, une mobilisation nationale est organisée sous le slogan « Moins de routes, plus de trains ». L’objectif affiché est clair : pousser les pouvoirs publics à réorienter les financements vers le ferroviaire, secteur perçu comme plus durable et moins polluant. Dans l’arrière-pays niçois, les militants pointent du doigt des chantiers comme celui de Tende, où des millions d’euros sont engagés pour une infrastructure routière, alors que les lignes ferroviaires locales peinent à être modernisées.

« Les territoires alpins ont besoin de trains, pas de nouvelles routes », déclare une porte-parole du collectif organisateur. Selon elle, les subventions accordées à des projets comme le tunnel de Tende devraient être réallouées à la rénovation des voies ferrées existantes ou à la création de nouvelles liaisons. La question dépasse largement la région : elle interroge les priorités nationales et européennes en matière de transition écologique.

Des enjeux transfrontaliers et une histoire sans fin

Le tunnel de Tende n’est pas un cas isolé. Il s’inscrit dans une histoire plus large de coopération franco-italienne en matière d’infrastructures, souvent marquée par des désaccords sur les priorités. « L’histoire semble sans fin », ironise un observateur local. Les travaux, lancés il y a plusieurs années, ont connu des retards et des dépassements de budget, alimentant les critiques sur la gestion des projets transfrontaliers.

Côté français, les Alpes-Maritimes misent sur le développement du rail pour désenclaver les vallées et réduire l’empreinte carbone du transport. Pourtant, malgré les discours officiels en faveur d’une mobilité durable, les investissements massifs dans la route persistent. Un paradoxe que les militants entendent bien pointer du doigt lors de la mobilisation de mai 2026.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines devraient voir se multiplier les échanges entre les associations, les collectivités locales et l’État sur l’avenir du tunnel de Tende. Une commission parlementaire, annoncée pour juin 2026, pourrait examiner la possibilité de réorienter une partie des financements vers le rail. Reste à voir si les conclusions de ces travaux influeront réellement sur les choix d’investissement à venir.

Cette mobilisation arrive à un moment charnière, où la question des transports est plus que jamais au cœur des débats sur la transition écologique. Pour les militants, l’enjeu est double : faire entendre leur voix, mais aussi obtenir des engagements concrets pour un désengagement progressif des infrastructures routières au profit du ferroviaire.

Le tunnel de Tende est critiqué car il ne dessert que le trafic routier, alors que les besoins en transports ferroviaires sont importants dans cette zone frontalière. Les militants dénoncent un déséquilibre dans les investissements publics, jugés trop favorables à la route plutôt qu’au rail.