Quatre ans après le début de l’invasion russe, l’Ukraine a transformé son secteur industriel en un véritable arsenal de guerre. Selon Capital, Kiev est désormais en mesure de produire environ **700 missiles de croisière Flamingo** d’ici la fin de l’année, un volume supérieur à la production cumulée de l’ensemble des pays européens dans ce domaine. Cette performance illustre l’écart croissant entre l’approche pragmatique de l’Ukraine et les difficultés de l’Europe à industrialiser sa production d’armements, malgré des budgets colossaux.
Cette capacité ukrainienne à produire en masse des armes « suffisantes » plutôt que des systèmes « très sophistiqués et chers » reflète une adaptation aux réalités d’un conflit d’usure. Le missile Flamingo, développé par l’entreprise locale Fire Point, symbolise cette stratégie. Les chiffres avancés par Andrius Kubilius, commissaire européen à la Défense, sont sans équivoque : « Les Ukrainiens ont commencé à produire leur propre missile de croisière Flamingo et sont prêts cette année à en produire environ **700** », a-t-il déclaré ce 27 mai dans le Financial Times, d’après Capital.
Ce qu’il faut retenir
- L’Ukraine devrait produire **700 missiles Flamingo** en 2026, un volume supérieur à la production européenne cumulée dans ce domaine.
- Le missile Flamingo, développé par l’entreprise ukrainienne Fire Point, est présenté comme un symbole de l’essor de l’industrie de défense locale.
- L’Europe est critiquée pour sa production d’armes « de haute couture », jugées trop chères et peu industrialisables, contrairement à l’approche pragmatique de Kiev.
- Un prêt européen de **90 milliards d’euros** à l’Ukraine, dont **60 milliards** destinés à l’achat d’armes, pourrait renforcer la production industrielle européenne.
- L’UE a déjà mobilisé près de **200 milliards d’euros** en soutien à l’Ukraine, avec des fonds alloués jusqu’en **2027**.
L’Europe en retard face à la « guerre d’attrition »
Le constat dressé par Andrius Kubilius est sans appel : l’Europe peine à industrialiser sa production de défense, obnubilée par des systèmes « technologiquement très avancés, mais impossibles à produire en masse ». Selon lui, cette approche contraste fortement avec la stratégie ukrainienne, qui privilégie des armes **moins sophistiquées mais produites en grand nombre**. Cette logique de « guerre d’attrition » impose une production massive pour saturer les défenses adverses, comme l’illustrent les milliers de drones lancés quotidiennement par les deux camps.
La Russie utilise massivement des drones iraniens, comme les Shahed ou les Gueran-2, tandis que l’Ukraine en produit plusieurs centaines de milliers chaque année. La durée de vie limitée des armes sur le front rend cette production de masse indispensable, rendant caduc le développement d’armes « de haute couture », jugées trop onéreuses et peu adaptées aux besoins immédiats.
Un prêt européen de 90 milliards pour relancer l’industrie de défense
Pour pallier ce retard, l’Union européenne a annoncé un prêt exceptionnel de **90 milliards d’euros** en faveur de l’Ukraine, dont **60 milliards** seront spécifiquement dédiés à l’achat d’armes. Ces fonds, versés par tranches jusqu’en **2027**, visent à soutenir à la fois Kiev et les industriels européens, dont les chaînes de production peinent à s’adapter. Selon Capital, cette aide est « vitale » pour l’Ukraine, confrontée à un double défi : l’épuisement financier et la diminution du soutien américain.
L’UE, qui a déjà mobilisé près de **200 milliards d’euros** depuis 2022, tente ainsi de concilier impératifs géopolitiques et réalités industrielles. Kubilius insiste sur la nécessité pour les gouvernements européens d’ouvrir leurs stocks pour fournir à l’Ukraine les équipements dont elle a besoin, soulignant que « la seule formule qui puisse instaurer la paix est la paix par la force ». Pour lui, « la force doit venir du côté ukrainien, et l’Europe peut y contribuer ».
Les missiles Flamingo et Neptune, piliers de l’arsenal ukrainien
Le missile **Flamingo**, produit localement, s’ajoute à d’autres armes emblématiques comme le **Neptune**, déjà utilisé pour frapper des cibles en profondeur sur le territoire russe. Ces systèmes, moins coûteux que leurs équivalents occidentaux, permettent à Kiev de mener des frappes précises tout en maintenant une production soutenue. Selon les analystes, cette approche a permis à l’Ukraine de compenser partiellement la supériorité numérique russe en matière d’artillerie et de drones.
Un rapport récent de Capital souligne également l’efficacité des drones ukrainiens à bas coût, comme ceux utilisés pour cibler des infrastructures critiques en Russie. Ces équipements, souvent estimés à **quelques centaines d’euros** seulement, rivalisent avec des systèmes occidentaux à plusieurs millions d’euros, démontrant l’avantage stratégique des solutions low-cost dans ce conflit.
Reste à voir si les fonds européens suffiront à transformer les annonces en actions concrètes, notamment dans des pays où les lobbies industriels freinent les adaptations nécessaires. Une chose est sûre : la guerre en Ukraine a révélé une fracture durable entre une Europe encore prisonnière de ses dogmes et un pays en guerre, contraint d’innover pour survivre.
Selon Capital, l’Europe privilégie des armes « de haute couture », très sophistiquées et chères, mais difficiles à industrialiser. Cette approche contraste avec la stratégie ukrainienne, qui mise sur des systèmes « suffisants » produits en grand nombre, mieux adaptés à une guerre d’attrition.
Ce prêt, dont 60 milliards sont destinés à l’achat d’armes, vise à soutenir l’industrie de défense ukrainienne et à relancer la production industrielle européenne. Les fonds seront versés par tranches jusqu’en 2027.