À 1 600 kilomètres au sud-ouest de Tokyo, l’archipel des Ryukyu s’étire tel un collier entre Taïwan et l’île de Kyushu, faisant historiquement office de pont entre le Japon et d’autres pays asiatiques comme la Chine, la Corée du Sud et le Vietnam, selon Courrier International. Le ferry « Yaima Muru », dans le port de Keelung, le 28 mai 2026, est un symbole de cette connexion. Ann Wang/REUTERS

Ryukyu, royaume indépendant qui administrait cette région jusqu’à la fin du XIXe siècle, prospérait grâce aux échanges économiques et culturels entre ces différents peuples. À la fin de mai, les autorités japonaises et taïwanaises ont ouvert une ligne de ferry entre Taïwan et l’archipel des Ryukyu, a rapporté le quotidien japonais Mainichi Shimbun.

Ce qu'il faut retenir

  • La ligne de ferry relie Keelung (nord de Taïwan) et l’île d’Ishigaki (dans l’ouest de l’archipel des Ryukyu).
  • Le ferry « Yaima Maru » fait un aller-retour par semaine entre Keelung et Ishigaki.
  • Les places sont disponibles à partir de 14 560 yens (78 euros).
  • C’est la première fois que ces deux régions sont connectées par bateau depuis dix-huit ans.
  • Le gouvernement japonais s’emploie à établir un plan d’évacuation des riverains en cas de conflit à Taïwan.

Le contexte géopolitique

Les îles de Nansei, destination très appréciée des touristes pour leurs plages à l’eau turquoise, ont une valeur stratégique centrale pour la défense du Japon – seuls kilomètres km séparent Taïwan et l’extrémité ouest de l’archipel. « Le gouvernement chinois voit sans aucun doute d’un mauvais œil la réouverture de la ligne du ferry. Celui-ci est susceptible de compliquer ses prises de décision en cas de conflit à Taïwan », estime Yuhua Chen, spécialiste des relations internationales, interrogé par la chaîne de télévision américaine CNN.

En anticipant le scénario d’une annexion par la force de Taïwan par la Chine, le gouvernement japonais s’emploie ces derniers temps à établir un plan d’évacuation des riverains. Les autorités locales proposent de mobiliser Yaima Maru dans ce but, détaille le journal local de l’archipel Yaeyama Mainichi Shimbun.

Impact sur le tourisme

Pour l’heure, une éventuelle attaque chinoise ne semble pas décourager les touristes désireux de se rendre à Ishigaki. D’après les informations relayées par le quotidien économique Nihon Keizai Shimbun, le ferry est même déjà complet pendant les vacances de juin à Taïwan.

Ishigaki et Taïwan étant déjà reliés par des lignes d’avion low cost, la concurrence économique est « rude », note le journal, précisant que le ferry « a besoin de temps » pour atteindre le seuil de rentabilité.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes attendues incluent la poursuite de la ligne de ferry et la mise en place d’un plan d’évacuation des riverains en cas de conflit à Taïwan. Le gouvernement japonais devrait continuer à surveiller la situation géopolitique dans la région et à prendre des mesures pour assurer la sécurité de ses citoyens.

En conclusion, la réouverture de la ligne de ferry entre Taïwan et l’archipel des Ryukyu est un événement important pour les relations entre le Japon et Taïwan, ainsi que pour la géopolitique de la région. Il reste à voir comment cette situation évoluera dans les prochaines semaines et mois.