Selon BFM Business, l’idée de supprimer l’impôt sur le revenu pour les classes moyennes au profit d’une taxation accrue du capital s’impose progressivement dans le débat, à mesure que l’essor de l’IA pousse économistes et investisseurs à repenser en profondeur la fiscalité. Vinod Khosla, l’un des premiers investisseurs d’OpenAI, relance le débat sur la fiscalité à l’ère de l’intelligence artificielle.
Figure majeure de la tech mondiale, cofondateur de Sun Microsystems dans les années 1980, Vinod Khosla a ensuite bâti une carrière influente dans le capital-risque. Aujourd’hui à la tête de Khosla Ventures, il pèse près de 11 milliards de dollars selon Forbes. Il est un des premiers investisseurs d'OpenAI, l'inventeur de ChatGPT.
Ce qu'il faut retenir
- Vinod Khosla propose de supprimer l’impôt sur le revenu pour les Américains gagnant moins de 100.000 dollars.
- Cette réforme serait compensée par une hausse des prélèvements sur les gains en capital.
- Environ 125 millions d’Américains ne paieraient plus d’impôt fédéral sur le revenu sans réduire les recettes de l’État.
Le contexte
Dans un contexte de montée des inquiétudes liées à l’automatisation, Vinod Khosla propose une réforme radicale : supprimer l’impôt sur le revenu pour les Américains gagnant moins de 100.000 dollars, compensée par une hausse des prélèvements sur les gains en capital. Une idée qui vise directement à répondre aux craintes croissantes des électeurs face à l’impact de l’IA sur l’emploi, comme il l'a confié au Financial Times.
Selon ses calculs, cette réforme permettrait à environ 125 millions d’Américains de ne plus payer d’impôt fédéral sur le revenu, sans pour autant réduire les recettes de l’État. Vinod Khosla estime en effet que les gains en capital des particuliers devraient être taxés au même niveau que les revenus du travail, afin de rééquilibrer un système fiscal qu’il juge désormais inadapté aux mutations économiques en cours.
Les réactions
Des économistes et des grandes fortunes défendent déjà des approches qui, sans aller toujours aussi loin que Vinod Khosla, convergent vers une remise en cause profonde de l’impôt sur le revenu à l’ère de l’intelligence artificielle. Aux États-Unis, des figures comme Jason Furman, un économiste américain, ancien conseiller économique de Barack Obama, plaident pour une taxation beaucoup plus forte du capital, notamment via l’imposition des plus-values, y compris non réalisées comme Gabriel Zucman en France.
Des collectifs comme les Patriotic Millionaires militent pour que les plus riches contribuent davantage, estimant que la richesse moderne - largement issue de la tech et de l’IA - échappe en grande partie à l’impôt. Ces propositions ne visent pas explicitement à supprimer l’impôt sur le revenu, mais elles en dessinent les contours : en taxant davantage le capital, il devient possible d’alléger fortement la fiscalité sur le travail.
La question de la fiscalité à l’ère de l’IA reste ouverte et fera l’objet de débats et de discussions approfondies dans les mois et les années à venir. Les réactions et les propositions des économistes, des investisseurs et des politiques seront à suivre de près pour comprendre les évolutions possibles de la fiscalité et leurs impacts sur l’économie et la société.
