Selon nos confrères de BFM Business, une usine de batteries pour voitures électriques du géant sud-coréen Samsung en Hongrie est accusée d'avoir exposé ses employés à des risques sanitaires, à quelques semaines des élections législatives hongroises.
En périphérie de la ville de Göd, aux portes de la capitale hongroise Budapest, une fumée blanche s'élève d'une usine de batteries pour véhicules électriques du géant sud-coréen Samsung, accusé d'avoir exposé ses employés à des risques sanitaires avec la complicité du gouvernement.
Ce qu'il faut retenir
- L'usine de batteries pour voitures électriques de Samsung en Hongrie est accusée d'avoir exposé ses employés à des risques sanitaires.
- Les dernières révélations publiées par le site d'information hongrois Telex surviennent à un moment délicat pour le Premier ministre Viktor Orban.
- Le gouvernement a décidé de ne pas ordonner la fermeture du site en 2023, malgré des informations alarmantes en sa possession.
Contexte et réactions
Les révélations publiées par Telex en février ont mis en lumière les problèmes récurrents posés par cette usine, située à proximité de zones résidentielles. Le dirigeant nationaliste Viktor Orban, qui a misé gros sur l'industrie des batteries, est accusé d'avoir sciemment fermé les yeux sur les problèmes récurrents posés par cette usine.
Viktor Orban a dénoncé « des mensonges » tandis que le chef de l'opposition Peter Magyar y voit la preuve de la corruption qu'il promet de combattre. L'usine, implantée à Göd, une petite ville à 25 kilomètres au nord de Budapest, a bénéficié de généreuses subventions publiques, plus de 500 millions d'euros.
Problèmes de santé et d'environnement
L'immense complexe de 50 hectares suscite l'inquiétude de nombreux habitants rencontrés dans les rues de la ville. « Ils n'arrêtent pas de l'agrandir, c'est devenu énorme mais nous ne savons pas ce qui se passe à l'intérieur », confie à l'AFP Erika Nemeth, une retraitée de 67 ans.
La municipalité s'efforce de rassurer. « Tous les tests effectués à ce jour par les autorités locales n'ont révélé aucune contamination pouvant être liée à la technologie utilisée par Samsung », a déclaré à l'AFP son porte-parole Peter David Balogh. Mais le groupe écologiste local Göd-ERT, fondé en 2020 pour surveiller l'usine, réfute cette affirmation.
Investigations et réactions de Samsung
En 2022, l'association avait fait mener des tests qui ont prouvé la présence dans des puits d'eau de N-méthyl-2-pyrrolidone (NMP), un solvant toxique fréquemment utilisé dans la fabrication de batteries et extrêmement dangereux pour les femmes enceintes. L'usine a été à plusieurs reprises sanctionnée par des amendes pour des infractions en matière de conditions de travail, de sécurité industrielle et de protection de l'environnement.
Samsung a enfreint « toutes sortes de réglementations », affirme Zsuzsanna Bodnar, journaliste locale du média d'investigation Atlatszo et membre fondatrice de Göd-ERT. Viktor Orban a tenté de balayer les récentes accusations en parlant de « faux problème » agité par l'opposition.
Le Premier ministre Viktor Orban devra répondre à ces accusations et apaiser les inquiétudes des citoyens hongrois. Les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer l'issue de ce scandale et son impact sur la politique hongroise.
