À l’occasion du 250e anniversaire de l’indépendance des États-Unis, le secteur diamantaire anversois a offert au président américain Donald Trump une bague ornée de 321 diamants, 56 saphirs, 13 émeraudes et six rubis. Selon Euronews FR, ce cadeau symbolique, d’une valeur estimée entre 25 000 et 35 000 dollars (21 000 à 30 000 euros), a été remis à l’ambassadeur américain en Belgique, Bill White, pour être transmis à Trump.

Ce qu'il faut retenir

  • Une bague sertie de 321 diamants, 56 saphirs, 13 émeraudes et six rubis offerte par l’Antwerp World Diamond Centre (AWDC).
  • La bague arbore des symboles américains comme les lettres "T", la bannière étoilée et les dates 1776-2026.
  • Ce cadeau intervient après l’obtention par l’AWDC de la suppression des droits de douane américains sur les diamants belges.
  • La valeur de la bague (25 000 à 35 000 dollars) est bien inférieure à d’autres cadeaux reçus par Trump, comme un avion de 400 millions de dollars du Qatar.
  • Quatre experts en éthique ont souligné que Trump a rompu avec une tradition de la Maison-Blanche consistant à refuser ce type de cadeaux.

Un cadeau chargé de symboles pour les 250 ans des États-Unis

La bague, baptisée « Freedom 250 » par l’AWDC, présente une série de motifs évoquant l’histoire et les valeurs américaines. Selon le quotidien, 321 diamants dessinent deux immenses lettres « T » à côté de la bannière étoilée, tandis que d’autres pierres précieuses encadrent les chiffres 45 et 47, formant le logo de Superman. Un aigle aux ailes de diamants, tenant un bouclier de rubis et une branche d’olivier en émeraudes, surplombe l’inscription « 250 YEARS USA ».

L’intérieur de l’anneau porte une gravure personnalisée : « Crafted in Antwerp for Donald John Trump ». Ce bijou, réalisé par le joaillier anversois David Gotlib, a été présenté lors d’un événement organisé à Bruxelles pour célébrer l’anniversaire des États-Unis. Donald Trump a remercié les diamantaires belges dans un message vidéo diffusé lors de la cérémonie, qualifiant la bague de « magnifique ».

Un cadeau controversé dans le contexte des pratiques de la Maison-Blanche

Ce présent s’inscrit dans un contexte économique et diplomatique particulier. Quelques mois plus tôt, l’AWDC avait obtenu la suppression des droits de douane américains sur les diamants belges. En septembre 2025, l’organisation avait annoncé avoir négocié un taux de 0 % sur les exportations annuelles d’Anvers vers les États-Unis, estimées à plus de 2 milliards de dollars (1,7 milliard d’euros).

Un porte-parole de l’AWDC a précisé que l’organisation avait contribué aux négociations menées par la Commission européenne avec l’administration Trump en 2025, sans pour autant exercer de lobbying direct. Cependant, ce cadeau soulève des questions sur les pratiques de la Maison-Blanche en matière de réception de présents. Selon Euronews FR, les présidents américains ont une grande liberté pour accepter ou refuser des cadeaux, à titre personnel ou officiel, sauf s’ils proviennent de gouvernements étrangers — une clause constitutionnelle exigeant l’aval du Congrès.

Une tradition bousculée par l’administration Trump

Quatre experts américains en éthique ont confirmé à l’Associated Press que Donald Trump a rompu avec une tradition de plusieurs décennies à la Maison-Blanche : celle de refuser les cadeaux de grande valeur. Sur sa déclaration financière de 2025, publiée cette semaine, figurent notamment une sculpture estimée à 250 000 dollars (218 000 euros) représentant un geste triomphal après sa survie à une tentative d’assassinat en 2024, ainsi que des billets pour dix événements sportifs, dont la finale de la Coupe du monde 2026 au New Jersey, offerts par Gianni Infantino, président de la FIFA, pour une valeur de 15 000 dollars (13 000 euros).

Un responsable de la Maison-Blanche, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a indiqué que la bague n’avait pas encore été remise à Donald Trump. Ce dernier pourrait choisir de la conserver à titre personnel ou de l’accepter au nom de l’État, bien que son sort reste incertain à ce stade.

Un événement financé par des sponsors majeurs

La cérémonie du 250e anniversaire des États-Unis, lors de laquelle la bague a été dévoilée, a été financée par des entreprises de premier plan. Selon Euronews FR, plus de 5,5 millions de dollars (4,8 millions d’euros) ont été levés auprès de sponsors, dont les groupes d’armement Lockheed Martin et Northrop Grumman, les géants technologiques Intel, Google et Meta, ainsi que les chocolatiers Leonidas et Ferrero. L’AWDC a également contribué au financement de l’événement.

Alexis White, compagne du directeur du FBI Kash Patel et musicienne, a entonné l’hymne national américain devant plus de 8 000 personnes présentes à Bruxelles. Interrogée sur l’ampleur de la cérémonie, elle a répondu : « Parce que nous sommes les États-Unis d’Amérique ! » avant d’ajouter, selon ses propos rapportés par Euronews FR : « Les médias demandaient : “Pourquoi cela doit-il être si grand ?” »

Et maintenant ?

Le sort réservé à la bague « Freedom 250 » reste incertain. Si Donald Trump décide de la conserver à titre personnel, celle-ci devra être déclarée dans sa déclaration financière annuelle. En revanche, si elle est acceptée au nom de l’État, le président pourrait choisir de la restituer ou de la vendre pour rembourser le Trésor américain. Une décision pourrait intervenir d’ici la fin de l’année, à l’approche des élections présidentielles de novembre 2026.

Par ailleurs, ce cadeau illustre les tensions persistantes entre les pratiques diplomatiques traditionnelles et les nouvelles normes éthiques, alors que l’administration Trump continue de susciter des débats sur l’acceptation des dons privés.

L’AWDC a offert cette bague pour célébrer le 250e anniversaire des États-Unis et renforcer les liens économiques entre la Belgique et les États-Unis. Ce cadeau intervient également après que l’organisation a obtenu la suppression des droits de douane américains sur les diamants belges, un avantage stratégique pour le secteur anversois.

Les présidents américains peuvent accepter des cadeaux de sources nationales ou étrangères, mais les présents provenant de gouvernements étrangers sont interdits par la clause des émoluments étrangers de la Constitution sans l’aval du Congrès. Les cadeaux personnels doivent également être déclarés dans la déclaration financière annuelle du président.