Une nouvelle page s’ouvre pour les habitants de Gaza. Une bibliothèque municipale a rouvert ses portes ce jeudi 28 mai 2026, après plusieurs années de fermeture en raison des conflits récurrents dans la bande de Gaza. Selon Franceinfo - Culture, cet établissement culturel, situé dans le quartier de Rimal à Gaza-Ville, est le premier à reprendre du service depuis la fin des hostilités en décembre 2025.

Ce qu'il faut retenir

  • La bibliothèque municipale de Gaza-Ville, située dans le quartier de Rimal, a rouvert ses portes le 28 mai 2026.
  • C’est la première réouverture d’un établissement culturel depuis la fin des combats en décembre 2025.
  • L’espace propose un fonds de 5 000 ouvrages, principalement des livres en arabe et en anglais, ainsi que des espaces de travail et de lecture.
  • La réouverture a été rendue possible grâce à un partenariat entre la mairie de Gaza et l’UNESCO, qui a financé la remise en état des locaux.
  • Parmi les premiers visiteurs figuraient des étudiants, des enseignants et des enfants, accueillis dès 9 heures ce matin.

Un symbole de résilience culturelle

La réouverture de cette bibliothèque s’inscrit dans un effort plus large de reconstruction et de normalisation après des années de blocages et de destructions. D’après les autorités locales, plus de 30 % des infrastructures culturelles de Gaza avaient été endommagées ou détruites lors des conflits précédents. Les travaux de rénovation ont débuté en mars 2026, avec un budget total de 1,2 million d’euros, dont 800 000 euros assurés par l’UNESCO.

« C’est un pas important pour la reconstruction de Gaza, non seulement sur le plan matériel, mais aussi pour le moral de la population », a déclaré Ahmed Al-Masri, maire de Gaza-Ville. Il a ajouté que la bibliothèque accueillerait prochainement des ateliers d’alphabétisation et des cours de soutien scolaire pour les enfants, souvent privés d’accès à l’éducation en période de crise.

Un espace ouvert à tous, mais sous contraintes

Dès son ouverture, la bibliothèque a attiré une centaine de visiteurs dès la première heure. Parmi eux, Nadia, 22 ans, étudiante en littérature, qui espère y trouver des ouvrages introuvables ailleurs. « Je n’avais plus accès à des livres depuis des années. Ici, je pourrai enfin travailler dans de bonnes conditions », a-t-elle expliqué. La bibliothèque propose également un accès gratuit à internet, une rareté dans une région où les coupures d’électricité restent fréquentes.

Cependant, des limites persistent. Le bâtiment, situé à proximité de la frontière israélienne, reste sous surveillance renforcée. Les horaires d’ouverture sont encore restreints : de 9 heures à 17 heures du dimanche au jeudi, avec une fermeture les vendredis et samedis. « Nous espérons pouvoir étendre ces horaires dès que la situation le permettra », a précisé un responsable de la mairie.

Et maintenant ?

La mairie de Gaza et l’UNESCO prévoient d’inaugurer d’ici la fin de l’année trois autres bibliothèques dans les quartiers périphériques, notamment à Jabalia et Khan Younis. Un projet de numérisation des fonds documentaires est également en cours, afin de préserver les collections et de les rendre accessibles en ligne. Reste à voir si ces initiatives pourront se concrétiser dans un contexte politique toujours instable.

Un enjeu de mémoire et d’éducation

Pour les observateurs, cette réouverture dépasse le simple cadre culturel. Elle symbolise aussi la volonté de maintenir un lien avec l’histoire et l’identité palestinienne, souvent menacés par les destructions massives. « Une bibliothèque, c’est bien plus qu’un lieu : c’est un espace de transmission et de résistance », a souligné Karim Al-Fahoum, directeur du département Culture de l’Autorité palestinienne.

La question reste cependant de savoir si ces initiatives suffiront à combler le retard accumulé. Selon un rapport de l’UNRWA publié en 2025, plus de 40 % des écoles de Gaza avaient été endommagées lors des précédents conflits, privant des milliers d’enfants d’éducation pendant des mois. La réouverture de cette bibliothèque pourrait-elle, à terme, inspirer d’autres projets similaires ?

Une chose est sûre : pour les habitants de Gaza, cette première ouverture est déjà un soulagement, tant sur le plan pratique que symbolique.

Le fonds comprend principalement des ouvrages en arabe et en anglais, couvrant des domaines variés : littérature, sciences, histoire et religion. Une section jeunesse a également été aménagée avec des livres pour enfants.