Le gérant d’une brasserie située à Bannalec, dans le Finistère, a reçu l’ordre de cesser la commercialisation d’une de ses bières baptisée « John Lemon » après une mise en demeure envoyée par les avocats de Yoko Ono, veuve de John Lennon. Selon Franceinfo - Culture, cette décision fait suite à une procédure engagée pour protéger la marque déposée par l’artiste japonaise, soucieuse d’éviter toute exploitation commerciale moquant son défunt époux.

Ce qu'il faut retenir

  • La bière « John Lemon », une recette au citron, a été retirée de la vente après une mise en demeure des avocats de Yoko Ono.
  • L’étiquette de la bouteille reprenait un dessin de John Lennon avec des lunettes en forme de rondelles de citron.
  • Yoko Ono a déposé la marque pour empêcher toute utilisation commerciale jugée inappropriée de l’image de son mari.
  • Le gérant dispose d’un délai jusqu’au 1er juillet 2026 pour écouler les 5 000 bouteilles restantes.
  • Les frais d’avocats engagés par la brasserie s’élèvent à 1 000 euros.
  • En cas de non-respect, le gérant risquait une amende pouvant atteindre 250 euros par jour.

Une bière au citron inspirée par un jeu de mots

La brasserie de l’Imprimerie, située à Bannalec, proposait depuis plusieurs mois une bière au citron baptisée « John Lemon ». Son étiquette originale reprenait un dessin stylisé de John Lennon, les lunettes remplacées par des rondelles de citron, en référence évidente au jeu de mots entre le nom du chanteur et le fruit. Pourtant, cette création locale a rapidement attiré l’attention des ayants droit de l’artiste britannique, aboutissant à une mise en demeure formelle.

Le gérant, contacté par ICI Breizh Izel et relayé par Franceinfo - Culture, a expliqué avoir d’abord cru à une tentative d’escroquerie. « J’ai pensé au début que c’était un fake, une arnaque comme on en voit souvent quand on est professionnel. C’est en vérifiant sur internet que j’ai réalisé que d’autres brasseurs avaient déjà été confrontés à ce type de situation », a-t-il déclaré. « J’ai compris que je risquais des pénalités, jusqu’à 250 euros par jour si je ne retirais pas le produit du marché. »

Yoko Ono protège la mémoire de John Lennon

Cette affaire s’inscrit dans une démarche plus large de Yoko Ono, qui a déposé la marque « John Lemon » afin d’éviter toute exploitation commerciale jugée inappropriée ou moqueuse de l’image de son mari, décédé en 1980. Plusieurs brasseurs à travers le monde ont déjà été contraints de retirer des produits portant ce nom, rappelle Franceinfo - Culture. En Bretagne, cette pratique n’est pas inédite : la proximité entre les créateurs locaux et les références culturelles internationales expose parfois à ce type de conflits juridiques.

L’étiquette de la bière, au-delà du jeu de mots, affichait un clin d’œil visuel à l’univers de John Lennon, connu pour son engagement pacifique et son image iconique. Pour autant, la veuve du chanteur n’a pas souhaité laisser cette référence se poursuivre, estimant que le nom « John Lemon » portait atteinte à la mémoire de l’artiste.

Et maintenant ?

Le gérant de la brasserie dispose d’un délai jusqu’au 1er juillet 2026 pour écouler les 5 000 bouteilles restantes de sa bière « John Lemon ». Passé cette date, la commercialisation devra cesser définitivement sous peine de sanctions financières. La décision finale revient à Yoko Ono, dont les avocats ont accordé cette période transitoire après avoir consulté la veuve du chanteur. Pour l’instant, aucune information n’a filtré quant à une éventuelle négociation pour une utilisation encadrée du nom « John Lemon ».

Un coût juridique non négligeable

L’affaire a également eu un impact financier pour la brasserie bretonne. Outre les frais d’avocats estimés à 1 000 euros, le retrait du produit entraîne une perte de revenus pour l’établissement. Le gérant n’a pas précisé si d’autres bières inspirées par des personnalités ou des références culturelles seraient prochainement commercialisées, mais cette expérience soulève des questions sur les limites à respecter dans le choix des noms et des illustrations pour les produits artisanaux.

Cette affaire rappelle que les créateurs locaux, souvent attachés à l’originalité et à l’humour, doivent désormais naviguer avec prudence dans un cadre juridique de plus en plus strict, notamment lorsqu’ils s’inspirent de figures emblématiques du patrimoine mondial. Pour les brasseurs, l’enjeu est double : conserver une touche d’originalité tout en évitant les conflits avec les ayants droit, parfois prompts à réagir.

Reste à voir si d’autres établissements bretons ou français seront confrontés à des situations similaires dans les mois à venir. Pour l’heure, la brasserie de Bannalec s’est conformée aux exigences légales et a retiré la bière incriminée de ses rayons, mettant ainsi fin à une polémique qui aura au moins eu le mérite de rappeler l’importance des droits de propriété intellectuelle.