Une recherche publiée par Top Santé identifie quatre types de conjoints en crise conjugale, selon une étude longitudinale menée sur 745 personnes mariées. Ces profils, qui révèlent des dynamiques relationnelles distinctes, pourraient éclairer les mécanismes menant à une séparation.

Ce qu'il faut retenir

  • Une étude longitudinale portant sur 745 personnes mariées a identifié quatre profils de conjoints en crise.
  • Ces profils sont définis par des comportements spécifiques lors des conflits conjugaux.
  • Les résultats pourraient aider à comprendre les mécanismes menant au divorce.

L’enquête, menée sur plusieurs années, met en lumière des schémas récurrents chez les couples en difficulté. Selon les chercheurs, la manière dont chacun réagit face aux tensions du couple est un indicateur clé de la stabilité future du mariage. « On a remarqué que les réactions des conjoints face aux conflits sont souvent plus révélatrices que les conflits eux-mêmes », a déclaré le Dr Marie Lefèvre, coautrice de l’étude.

Quatre profils de conjoints en crise, selon l’étude

Les chercheurs ont identifié quatre catégories distinctes. Le premier profil, baptisé « les combattants », regroupe ceux qui multiplient les efforts pour sauver leur union, parfois au prix d’une surcharge émotionnelle. À l’inverse, les « fuyards » se caractérisent par une tendance à éviter les confrontations, ce qui peut aggraver la distance entre les partenaires. Les « négociateurs » tentent de trouver des compromis, tandis que les « destructeurs » adoptent des comportements passifs-agressifs ou hostiles.

Ces profils ne sont pas figés : un même individu peut osciller entre plusieurs catégories selon les périodes de sa vie. « Les dynamiques relationnelles évoluent avec le temps, et ce qui fonctionne à un moment donné peut ne plus être adapté quelques années plus tard », précise le Dr Lefèvre. L’étude souligne également que les femmes sont plus souvent représentées dans les profils de « combattants » et de « négociateurs », tandis que les hommes dominent les catégories « fuyards » et « destructeurs ».

Des comportements qui trahissent l’état du couple

Les chercheurs ont croisé ces profils avec des données sur la durée des mariages et les taux de divorce. Résultat : les couples où les deux partenaires adoptent des stratégies incompatibles — par exemple, un « combattant » et un « fuyard » — présentent un risque de séparation accru de 30 %. « Lorsque les efforts de l’un ne rencontrent pas ceux de l’autre, la relation s’épuise », explique le Dr Lefèvre. À l’inverse, les duos où les deux conjoints adoptent des profils complémentaires, comme deux « négociateurs », affichent une plus grande résilience face aux crises.

L’étude révèle aussi que les conflits non résolus sur le long terme ont un impact direct sur la santé mentale des conjoints. Les « destructeurs », en particulier, sont ceux qui souffrent le plus de symptômes dépressifs, selon les auteurs. « Les stratégies passives-agressives ou les critiques répétées finissent par user les individus », ajoute le chercheur. Ces conclusions s’appuient sur des entretiens approfondis et des questionnaires remplis par les participants tous les six mois pendant cinq ans.

Et maintenant ?

Ces résultats pourraient ouvrir la voie à de nouvelles approches en thérapie de couple. Des spécialistes envisagent déjà d’adapter leurs méthodes en fonction des profils identifiés. « L’objectif est de proposer des outils ciblés pour chaque type de dynamique », indique le Dr Lefèvre. Une prochaine étude, prévue pour 2027, portera sur l’efficacité de ces thérapies adaptatives.

Si ces travaux apportent un éclairage nouveau sur les mécanismes du divorce, ils rappellent aussi que chaque relation est unique. « Aucune solution ne convient à tous, et c’est souvent cette rigidité qui aggrave les crises », conclut le chercheur. Pour les couples concernés, ces profils pourraient servir de point de départ à une réflexion sur leurs propres schémas relationnels.

Oui, selon l’étude, les profils ne sont pas figés. Les dynamiques relationnelles évoluent avec le temps et les expériences vécues. Par exemple, un individu peut passer du profil « fuyard » au profil « négociateur » après une thérapie ou un événement marquant.