Une mission inédite a été menée depuis La Réunion par l’association Globice, spécialisée dans la protection des cétacés de l’océan Indien. Pendant un mois, une équipe de scientifiques a sillonné les eaux subantarctiques des archipels de Crozet et des Kerguelen pour y étudier les grandes baleines et les orques. Cette expédition, rapportée par Ouest France, marque une première pour Globice, qui a ainsi étendu son champ d’action bien au-delà des eaux réunionnaises.
Ce qu'il faut retenir
- Une mission d’un mois dans les eaux subantarctiques des archipels de Crozet et des Kerguelen
- Observation des grandes baleines et des orques par une équipe de scientifiques de Globice
- Conduite d’écoutes sous-marines pour recueillir des données acoustiques
- Première expédition de ce type pour l’association réunionnaise
Selon Ouest France, cette mission avait pour objectif principal de mieux comprendre les comportements et les déplacements des cétacés dans cette région reculée de l’océan Indien. Les archipels de Crozet et des Kerguelen, situés à plus de 3 000 kilomètres de La Réunion, abritent des écosystèmes marins parmi les plus préservés au monde. Pourtant, ces zones restent encore mal connues en raison de leur isolement et des conditions climatiques extrêmes qui y règnent.
Les scientifiques de Globice ont utilisé des méthodes d’observation visuelle et acoustique pour collecter des données précieuses. Emmanuel Chassot, responsable scientifique de la mission, a indiqué que « ces écoutes sous-marines permettront de détecter les vocalises des cétacés et d’évaluer leur activité dans la zone ». Les résultats de ces enregistrements pourraient révéler des informations inédites sur les migrations, les zones de reproduction ou encore les interactions entre les différentes espèces.
« Ces données sont essentielles pour adapter les mesures de conservation, alors que certaines populations de baleines et d’orques font face à des menaces croissantes, comme les collisions avec les navires ou les perturbations liées au changement climatique », a souligné Emmanuel Chassot, cité par Ouest France.
Les archipels de Crozet et des Kerguelen, administrés par les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), sont protégés par des réglementations strictes. Cependant, leur éloignement et leur accès limité rendent les études sur place particulièrement complexes. Cette mission représente donc une opportunité unique pour Globice de contribuer à la recherche marine dans cette région stratégique.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de protection des cétacés dans l’océan Indien. Récemment, Globice a collaboré avec d’autres associations pour alerter sur l’augmentation des collisions entre navires et baleines au large de Madagascar. Ces travaux pourraient aussi servir de base pour renforcer les politiques de conservation dans les TAAF, où les interactions entre l’homme et la faune marine restent limitées mais non inexistantes.
Pour Globice, cette expédition marque aussi une étape vers une meilleure connaissance des routes migratoires des cétacés. « Comprendre où et quand ces animaux se déplacent est crucial pour limiter les impacts humains sur leurs populations », a rappelé un porte-parole de l’association. Une question reste en suspens : dans quelle mesure ces données pourront-elles influencer les décisions politiques en matière de protection marine ?
Les scientifiques de Globice ont notamment ciblé les baleines à bosse et les rorquals communs, deux espèces migratrices fréquentes dans les eaux subantarctiques. Les orques, présentes toute l’année, ont également fait l’objet d’observations poussées.