La compagnie aérienne United Airlines a modifié son règlement intérieur pour sanctionner plus fermement les passagers qui écoutent de la musique ou des vidéos sans utiliser d’écouteurs. Une mesure entrée en vigueur le 27 février 2026, comme le rapporte BFM Business, qui permet désormais à l’équipage d’expulser un passager récalcitrant ou de lui refuser l’embarquement sur des vols futurs.

Ce qu'il faut retenir

  • United Airlines a ajouté une clause dans son règlement intérieur autorisant l’expulsion de passagers ne respectant pas l’usage des écouteurs en vol.
  • La mesure s’applique dès l’embarquement ou pendant le vol, selon la gravité de l’incivilité.
  • Le changement fait suite à l’essor du service Starlink, qui permet un accès internet permanent en avion, réduisant les rappels à l’ordre de l’équipage.
  • D’autres règles encadrent déjà l’usage des contenus en vol, comme l’interdiction des appels téléphoniques ou la suppression des programmes jugés offensants par d’autres passagers.

Cette décision intervient dans un contexte où les incivilités en cabine deviennent un sujet de préoccupation croissant pour les compagnies aériennes. Le bruit intempestif causé par des passagers écoutant des vidéos ou de la musique sans écouteurs est régulièrement pointé du doigt par les voyageurs, comme en témoignent de nombreux retours d’expérience sur les réseaux sociaux. « Dans l’avion entre Miami et New York, tout le monde regarde des vidéos à fond sans écouteurs. C’est vraiment n’importe quoi. Les agents de bord ne font rien », peut-on lire sur un message partagé par BFM Business, illustrant l’exaspération partagée par une partie des passagers.

Pour justifier cette mesure, United Airlines évoque l’évolution des habitudes de consommation en vol. Depuis l’intégration du service Starlink — le réseau internet par satellite d’Elon Musk — les passagers bénéficient d’un accès internet permanent, même en altitude. Autant dire que le nombre de contenus audio et vidéo consommés à bord a fortement augmenté. « Nous avons toujours encouragé nos clients à utiliser des écouteurs lorsqu’ils écoutent des contenus audio – et nos règles relatives au Wi-Fi leur rappellent déjà de le faire », a expliqué un porte-parole de la compagnie. « Avec l’expansion de Starlink, le moment nous a semblé opportun de le préciser davantage en l’ajoutant au contrat de transport ».

La nouvelle règle, intégrée à l’article 21 du règlement intérieur de United Airlines, autorise désormais l’équipage à intervenir de manière plus radicale. « La compagnie se réserve le droit de refuser le transport de manière permanente ou temporaire, et aura le droit de faire descendre le passager de l’avion à tout moment », précise le texte. Cette disposition s’ajoute aux autres mesures déjà en place pour garantir le confort des passagers, comme l’interdiction des appels téléphoniques en cabine ou la suppression des programmes jugés offensants par d’autres voyageurs. « Si les autres passagers trouvent le contenu regardé offensant, les clients sont priés de changer de programme », rappelle la compagnie.

Si cette initiative est saluée par une partie des voyageurs, elle soulève des questions sur son application concrète. Selon BFM Business, des difficultés persistent notamment dans certains États américains, comme la Floride, où les agents de bord auraient du mal à faire respecter le règlement. À l’inverse, d’autres témoignages rapportent des interventions réussies. « Un homme écoutait de la musique. Une hôtesse a pris l’interphone pour demander aux passagers de mettre leurs écouteurs. Elle est ensuite allée le voir directement. L’homme a dû enfiler une paire d’écouteurs », relate un passager sur un vol entre Mexico et San Francisco.

United Airlines n’est pas la seule compagnie à encadrer l’usage des écouteurs en vol, mais elle est la première à l’inscrire de manière aussi explicite dans son contrat de transport. D’autres règles, comme l’obligation de rester assis pendant les phases critiques du vol ou l’interdiction de fumer, sont généralement appliquées avec plus ou moins de rigueur selon les compagnies et les pays. La mesure interroge donc sur son efficacité à long terme et sur la possibilité qu’elle soit reprise par d’autres acteurs du secteur.

Et maintenant ?

Il reste à voir si cette mesure aura un effet dissuasif sur les passagers récalcitrants ou si son application se heurtera à des résistances. United Airlines pourrait être suivie par d’autres compagnies, surtout si l’exaspération des voyageurs persiste. Une évaluation de l’efficacité de cette règle est attendue dans les prochains mois, notamment après l’été, période de forte affluence dans les avions. D’ici là, les passagers devront choisir entre respecter les nouvelles consignes ou risquer une expulsion.

Reste également à savoir si les autres compagnies aériennes américaines ou internationales adopteront une position similaire. Pour l’instant, aucune annonce en ce sens n’a été faite, mais la question pourrait revenir sur le devant de la scène si les retours sur l’expérience United Airlines s’avèrent positifs.

La règle s’applique à l’ensemble des vols opérés par United Airlines, quel que soit le pays de départ ou d’arrivée. Elle est intégrée au règlement intérieur de la compagnie et s’applique donc à tous ses passagers, selon BFM Business.