Le premier ministre polonais, Donald Tusk, a annoncé samedi la création d'un Mur du souvenir à Varsovie pour honorer les victimes du «génocide» commis par les «nationalistes ukrainiens» pendant la Seconde Guerre mondiale, selon Le Figaro. Cette décision devrait encore accroître les tensions entre Varsovie et Kiev au sujet des massacres de civils lors de cette période.
Les relations entre les deux pays se sont déjà tendues en mai dernier, lorsque le président ukrainien Volodymyr Zelensky a décidé de donner à une unité militaire le nom de l'Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA), une organisation considérée comme responsable de massacres de Polonais pendant la guerre. De plus, Kiev a rapatrié et inhumé Andriï Melnyk, un des dirigeants de l'Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN), dont est issue l'UPA.
Ce qu'il faut retenir
- Entre 70 000 et 100 000 civils polonais ont péri dans des massacres entre 1943 et 1945, selon la Pologne.
- Les représailles auraient fait jusqu'à 12 000 victimes ukrainiennes.
- Les exhumations se poursuivent sur les charniers de Volhynie.
Contexte historique
L'annonce de Donald Tusk intervient la veille du jour anniversaire du «dimanche sanglant» de 1943, lorsque des unités de l'UPA et de l'OUN ont assassiné des milliers de Polonais en Volhynie, dans le nord-ouest de l'Ukraine actuelle. Le premier ministre polonais a déclaré : « Un Mur du souvenir sera érigé à Varsovie, avec une flamme éternelle et les noms de chaque victime retrouvée et identifiée. La République n’en oubliera aucune ».
En Ukraine, ces mouvements sont considérés comme ayant lutté pour l'indépendance face à l'Armée rouge et l'Union soviétique. Cependant, pour la Pologne, il s'agit de groupes responsables de génocide. Le président nationaliste polonais, Karol Nawrocki, a retiré à Volodymyr Zelensky le plus haut titre honorifique de son pays, l'ordre de l'Aigle blanc, en réaction à la décision de donner le nom de l'UPA à une unité militaire.
Conséquences et réactions
Donald Tusk, fervent soutien de Kiev face à la Russie et ancien président du Conseil européen, a souligné que le rapprochement de l'Ukraine avec l'Union européenne, et a fortiori son éventuelle adhésion, ne pourrait se passer d’un travail de mémoire pour « construire un avenir meilleur : sans haine et sans mépris ».
La Pologne, frontalière de la Russie et de l'Ukraine, est l'un des principaux soutiens de Kiev dans le contexte actuel de la guerre Russie-Ukraine. Son territoire sert de voie indispensable pour l'acheminement de l'aide occidentale.
La situation reste à suivre de près, alors que la guerre en Ukraine continue de faire des victimes et que les relations internationales restent sous tension. L'Union européenne et les pays membres devront naviguer ces eaux troubles pour trouver un équilibre entre le soutien à l'Ukraine et la nécessité de préserver la paix et la stabilité dans la région.