Le 27 février, à la cour d'appel de Paris, les deux avocates générales ont requis vingt ans de prison contre Brahim Chnina et Abdelhakim Sefriouri, les deux auteurs d'une campagne de haine visant Samuel Paty, selon nos confrères de BFM - Faits Divers. Cette campagne de haine avait été lancée avant la décapitation du professeur d'histoire-géographie par un jihadiste tchétchène pour avoir montré des caricatures de Mahomet lors d'un cours sur la liberté d'expression.

Samuel Paty venait au collège avec un marteau dans son sac pour se protéger, rappelle l'avocate générale, soulignant que « c'est cette phase-là que vous avez à juger pour Chnina et Sefrioui ». L'avocate générale a également déclaré que « jamais un dossier de terrorisme n'aura concentré un tel enjeu de société. C'est l'école qui a été attaquée ».

Ce qu'il faut retenir

  • Vingt ans de prison requis contre Brahim Chnina et Abdelhakim Sefriouri
  • La campagne de haine visant Samuel Paty avait été lancée avant sa décapitation
  • Les deux prévenus ont entretenu un climat de peur et d'intimidation dans l'établissement scolaire
  • Les deux hommes encourent 30 ans d'emprisonnement
  • Le verdict est attendu lundi 2 mars

Le contexte de l'affaire

Brahim Chnina et Abdelhakim Sefriouri sont rejugés depuis fin janvier par la cour d'assises spéciale de Paris pour cette cabale en ligne ciblant le professeur d'histoire-géographie. L'accusation a demandé d'assortir la peine de vingt ans de prison d'une période de sûreté des deux-tiers. Les deux hommes, qui encourent 30 ans d'emprisonnement, avaient interjeté appel de leur condamnation en première instance à 13 et 15 années de réclusion criminelle.

Les deux autres prévenus, jugés à leurs côtés, proches d'Anzorov, Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov, ont vu les avocates générales requérir seize ans de réclusion criminelle chacun. L'avocate générale a demandé à ce que la peine du premier soit assortie d'une peine de sûreté des deux-tiers, tandis que pour le second, elle a ajouté à ses réquisitions une interdiction définitive du territoire français.

Les réactions des prévenus

Brahim Chnina a invoqué le sentiment d'injustice d'un père à qui sa fille avait dit avoir dû quitter la classe parce que Samuel Paty aurait fait sortir les musulmans au moment de montrer les caricatures. C'était un mensonge : exclue pour indiscipline, elle n'assistait pas à ce cours. Quant à Abdelhakim Sefrioui, qui avait contacté Brahim Chnina au début de la campagne en qualité revendiquée de représentant du Conseil des imams de France, il n'aurait été animé que par son combat contre la discrimination et sa conviction que le professeur avait stigmatisé les élèves musulmans.

Abdelhakim Sefrioui s'est posé en héraut des droits des musulmans, livrés à la « vindicte » publique par les autorités françaises avec la complicité de « médias aux ordres ». L'avocate générale a déclaré que les deux prévenus « ont entretenu un climat de peur et d'intimidation dans l'établissement scolaire » et que « jamais un dossier de terrorisme n'aura concentré un tel enjeu de société ».

Et maintenant ?

Le verdict est attendu lundi 2 mars, après les plaidoiries des avocats de la défense. Les deux hommes encourent 30 ans d'emprisonnement et leur condamnation pourrait avoir des conséquences importantes sur la lutte contre le terrorisme et la protection des libertés fondamentales en France.

La décision du tribunal sera cruciale pour déterminer les conséquences de la campagne de haine visant Samuel Paty et pour établir un précédent dans la lutte contre le terrorisme et la protection des libertés fondamentales en France.